REFUS DU GOUVERNEMENT D’INTERVENIR DANS LES ZONES INONDABLES : Le CFOP dénonce « une fuite de responsabilités»

REFUS DU GOUVERNEMENT D’INTERVENIR DANS LES ZONES INONDABLES  :  Le CFOP dénonce « une fuite de responsabilités»

La conférence des ambassadeurs, la situation des Universités publiques, les soupçons de fraudes au recrutement de la CNSS et la décision du ministre de la Solidarité nationale de ne plus assister certaines victimes des inondations. Ce sont les sujets sur lesquels, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) a apporté sa lecture au cours d’une conférence de presse tenue le mardi 10 juillet 2018 au siège du CFOP.

 

« Dans une lettre datée du 27 juin 2018 et adressée au maire de la commune de Ouagadougou, la ministre en charge de la solidarité, présidente du Conseil national du secours d’urgence (CONASUR) a prévenu que ladite structure n’interviendra pas cette année dans les zones inondables dûment identifiées pour la gestion des mêmes situations ». Un rappel fait par Amadou Diemdioda Dicko, président par intérim de l’UBN, parti membre du Chef de file de l’opposition politique (CFOP). C’était le 10 juillet dernier, lors de la traditionnelle conférence de presse du CFOP et réagissant par rapport à cette décision du ministre, l’opposition dénonce une fuite de responsabilités du gouvernement burkinabè. Et le président Amadou Diemdioda Dicko de relever que, « c’est une insulte aux citoyens des quartiers non lotis. L’écrasante majorité de ceux qui habitent les zones inondables ne le font pas de gaieté de cœur ». Il ajoute que le fait qu’ils y soient toujours traduit l’échec de la politique en matière d’urbanisme et de prévention des risques. Le CFOP va jusqu’à évoquer la loi du 22 avril 2014 relative à la prévention et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes. A ce niveau et concernant particulièrement les risques d’inondations, Amadou Diemdioda Dicko dit que la loi prévoit plusieurs mesures de prévention qui relèvent de la responsabilité de l’Etat, des communes ainsi que de l’administration et du ministère en charge de l’eau. C’est dans ce sens que le CFOP déclare qu’un gouvernement responsable aurait mieux fait de sensibiliser les populations à prendre des mesures de curage de caniveaux et des cours d’eaux, d’évacuation des eaux, d’organisation de la ville pour éviter la pérennisation des bidonvilles, plutôt que, souligne le président Amadou Diemdioda Dicko, « de rejeter honteusement la faute sur les pauvres sinistrés ». Abordant le sujet concernant la conférence des ambassadeurs du Burkina tenue récemment à Ouagadougou, le CFOP s’étonne que ce soit maintenant que le pouvoir MPP trouve important d’organiser une telle rencontre, la première sous ce régime. Selon le président par intérim de l’UBN, cela peut s’expliquer par « l’improvisation, le tâtonnement et la démarche « mouta mouta » du président diésel ». Le CFOP ne comprend pas pourquoi « on continue à multiplier des représentations diplomatiques alors qu’il y a manifestement nécessité de renforcer, et la présence de celles existantes, et leurs moyens d’action ! » Le CFOP a également donné sa lecture de la situation des universités publiques au Burkina, par la voix de El Hadj Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya. Il avoue que c’est une bonne chose en soi que le nombre de candidats pour le Bac 2018 se soit accru à 96 000. Tout en leur souhaitant bonne chance et plein succès, l’opposition relève qu’ils viendront dans des universités où les conditions d’études s’empirent d’année en année. Le CFOP fait un constat alarmant en soulignant que les universités publiques sont malades. Ainsi, El Hadj Mamadou Kabré note des déficits et défaillances croissants tels que la mal gouvernance généralisée du système universitaire. Celle-ci se manifeste à travers, dit-il, « des nominations par copinage politique des présidents d’universités et des directeurs et chefs de services centraux, l’aggravation du chevauchement des années académiques passant de un à deux ans dans certaines UFR, le manque d’infrastructures universitaires entraînant des luttes et de la violence entre étudiants pour occuper les amphis ». Pendant ce temps, selon le président El Hadj Mamadou Kabré, des marchés sont attribués à des entreprises pour des travaux de construction sans fin, tout en prenant l’exemple du campus de Donsin pour l’Université Ouaga 2. Et de qualifier de vétustes et insalubres des infrastructures existantes, des cités universitaires dans l’obscurité et l’insécurité. Il relève également une incapacité notoire à adopter le système LMD et bien d’autres charges. Le président du PRIT-Lannaya est revenu sur cette affaire de soupçons de fraudes au recrutement de la CNSS et pour le CFOP qui se garde d’entrer dans cette polémique, dit-il, « tout doute qui viendrait à ternir l’image de l’institution, doit être dissipé ». En somme, le CFOP estime que la direction générale de la CNSS doit demander un audit rigoureux sur le recrutement en question. L’opposition ne manque pas de s’adresser au MPP, particulièrement à ses irréductibles, selon Amadou Diemdioda Dicko, en résumant leur réaction en ces termes : « on ne réveillera jamais quelqu’un qui ne dort pas ».

Antoine BATTIONO

 

 

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