TRANSPORT AU BURKINA :Les routiers veulent la tête du président de l’OTRAF

TRANSPORT AU BURKINA :Les routiers veulent la tête du président de l’OTRAF

Des membres de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) observent un arrêt de travail.  Ils dénoncent, entre autres, la mauvaise gestion du fret burkinabè au niveau des ports et l’accaparement total du fret au niveau national et international par le président de l’Organisation des transports routiers du Burkina Faso (OTRAF), Issoufou Maïga.  Pour ces raisons, ils réclament purement et simplement la démission de ce dernier de la tête de l’OTRAF.

 

La tête du président de l’Organisation des transports routiers du Burkina Faso (OTRAF), Issoufou Maïga ! C’est ce que réclament certains membres de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB). Pour ce faire, ils ont bloqué tous les accès de la ville de Ouagadougou par les gros camions, communément appelés remorques et citernes.  Il était 9h lorsque nous arrivions sur le pont de Boulmiougou. A partir de là, l’on pouvait voir des dizaines de camions stationnés. Notre premier interlocuteur fut Moustapha Koné, chauffeur de gros camion appelé remorque et résidant à Banfora.  Il est dans la capitale burkinabè, Ouagadougou, dans le cadre de son travail, c’est-à-dire transporter des marchandises de Ouagadougou vers Banfora. «Nous, les chauffeurs routiers, nous souffrons beaucoup. Malheureusement, nous sommes très mal rémunérés », a-t-il dit. A l’en croire, la plupart des chauffeurs routiers gagnent comme salaire mensuel entre 60 000 et 75 000 F CFA. Avec un tel salaire, a-t-il déploré, il est difficile de nourrir, loger et scolariser les enfants.   Par exemple, pour la fête de la Tabaski, a confié M. Koné, il lui a fallu le soutien de  son frère pour avoir son mouton.  D’ailleurs, en période de campagne, impossible pour un conducteur de remorque de passer deux nuits avec sa famille.   Pour lui, la grève a pour objectif de revendiquer l’augmentation des salaires des chauffeurs routiers.  Si Moustapha Koné pense que cet arrêt de travail a pour principal objectif l’augmentation des salaires,   une lutte qu’il soutient, d’autres conducteurs ne savaient pas pourquoi ils ont été empêchés de poursuivre leur chemin. C’est le cas de Abdoul Karim Béréhoudougou de Koudougou et Amadou Koté de Safané. Sauf qu’ils sont obligés de passer des nuits supplémentaires. Après quelques minutes d’échanges avec ces derniers, nous sommes invité à faire un tour au poste de    péage à la sortie Ouest de Ouagadougou. Malheureusement, c’est une foule hostile à toute personne étrangère à la corporation, que nous y avons rencontrée. Malgré nos explications, personne n’a voulu apporter des réponses à nos questions. Il nous a même fallu faire face à des menaces de certains manifestants remontés.  Cette parenthèse fermée, nous voilà en route pour le siège de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB). Là aussi, les premiers échanges n’ont pas été des plus cordiaux. Après quelques couacs avec certains responsables, nous sommes autorisé à attendre le président qui dit être en route. Une fois sur les lieux, c’est à l’un de ses lieutenants, Ambroise Ouédraogo, que l’entretien a été confié.  Ce dernier,  après avoir fait le point de leur rencontre avec le ministre en charge des transports,  nous a  remis  un manuscrit sur lequel on peut lire  :  «…. il s’agit de  la mauvaise gestion du fret burkinabè au niveau des ports et l’accaparement total du fret tant sur le plan national qu’international par le président Issoufou Maïga. Pendant que des camions du Burkina font des mois au niveau des ports, le président Maïga travaille pour ses propres intérêts au détriment de l’intérêt  général ». Ce document fait également état d’une monopolisation de tous les contrats par Issoufou   Maïga qui   étouffe du même coup les petits transporteurs.  « En effet, il a le monopole des  hydrocarbures, du ravitaillement de la SONABEL en province, du Klinker, des produits Shell, de la SONAGESS (…). Nous considérons qu’il ne peut pas être garant de nos intérêts et qu’il est celui qui nous brime», peut-on lire dans la déclaration. Joint au téléphone, le principal mis en cause, l’actuel président de l’OTRAF, Issoufou Maïga, n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade des choses. Néanmoins, c’est son vice- président chargé du fret, Assimi Ouédraogo, qui a répondu à nos questions. Celui-là même qui avait reçu les chauffeurs routiers le vendredi dernier, lorsqu’il sont allés au siège de l’OTRAF.

Issa SIGUIRE

 

 

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