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93e ANNIVERSAIRE DU VIEUX BOB : Quand Mugabe défie le temps et le bon sens

93e ANNIVERSAIRE DU VIEUX BOB : Quand Mugabe défie le temps et le bon sens

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a commémoré, hier 21 février, sa 93ème saison d’existence, prolongeant ainsi son bail de chef d’Etat le plus vieux de la planète en exercice. Même s’il n’a pas le règne le plus long au pouvoir en Afrique, ce 93ème anniversaire vient rappeler qu’il en est l’un des plus vieux caïmans. Et le hic, c’est qu’il entend se succéder à lui-même, en se présentant à la présidentielle prochaine au motif que son parti, la Zanu-PF, le voulait ainsi et que le peuple zimbabwéen ne lui voyait aucun successeur capable.

Comme on le soupçonnait déjà, par cette sortie récente, le vieux Bob ne fait plus mystère de sa volonté de mourir au pouvoir et même d’y demeurer après sa mort par le truchement de sa femme, Grace Mugabe. En effet, il y a quelques mois, elle affirmait qu'elle gérait déjà les affaires de l'Etat, puisqu'elle faisait tout aux côtés de son époux, confirmant ainsi les ambitions pouvoiristes de son mari. La  « monarchisation » du Zimbabwe est donc en marche, avec ce règne à vie et l’établissement, sur le trône, de la dynastie des Mugabe. Mais cette mue défie le temps et le bon sens.

En effet, même les monarchies se sont mises au goût du jour en pratiquant l’alternance sur le trône, comme il a été donné de le voir en Belgique ou en Espagne où les souverains ont abdiqué pour insuffler à leur royauté une dynamique nouvelle. Même le Saint-Siège qui est l’îlot le plus en vue du conservatisme, a dû se résoudre à accéder à la démission de Benoit XVI.

 

Les réveils sont douloureux au sortir des longs règnes

 

Au-delà donc du contexte contemporain caractérisé par l’essor démocratique dans le monde,  aujourd’hui, le maintien du vieux Bob au pouvoir, à cet âge et après 36 ans de pouvoir, est irrationnel. Non seulement en vieux sénile, il n’est plus en possession de tous ses sens pour diriger le pays qui, du fait de la crise économique, est croulant à son image, mais  aussi il n’a plus rien à prouver ni à apporter aux Zimbabwéens qu’il n’ait déjà fait. Souvent, on en vient même à se demander si le vieil homme n’est pas l’otage de son entourage qui l’utilise comme un paravent pour assouvir sa soif de pouvoir. Même dans ce cas de figure, l’on se demande pourquoi une révolution de palais n’a pas jusque-là permis de déposer Mugabe.

Cela dit, en demeurant accroché de la sorte au pouvoir, l’homme détruit son image de héros de l’indépendance et son statut de père-fondateur de la nation, et va inéluctablement rater sa sortie de l’histoire. Il renvoie ainsi au reste du monde, une pâle image du continent africain où l’on aura vu toutes les races de présidents, des vieillards les plus séniles aux jeunes loups aux dents acérées comme Pierre Nkurunziza en passant par les impotents comme Bouteflika.

En attendant donc que la divine providence accomplisse le rêve de changement des Zimbabwéens, ceux-ci doivent travailler maintenant à amoindrir les effets de la longévité de leur président au pouvoir en préparant au mieux sa succession. Car, on le sait, les réveils sont douloureux au sortir des longs règnes.

 

SAHO

 

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