Les parlementaires s’approprient leur outil d’auto-évaluation Publié le lundi 16 janvier 2012 Page visitée 142 fois
Des membres du Parlement burkinabè ont bénéficié les 12 et 13 janvier 2012 à Ouagadougou d’un atelier de formation sur leur outil d’auto-évaluation de la lutte contre la corruption sous la coupe du réseau parlementaire anti-corruption, “Burkindi”. L’atelier qui a été techniquement encadré par le Centre régional du PNUD à Dakar a permis aux députés de s’exercer à l’évaluation de la corruption en référence à la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC).
Le Burkina Faso est signataire de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) et dans cette logique, il doit adapter sa législation nationale à cette dernière. Cette convention contient un mécanisme de suivi de la CNUCC, un outil utile dans le processus de prévention et de lutte contre la corruption. En vue d’une meilleure appropriation par les parlementaires burkinabè de cet outil d’auto-évaluation, le réseau des parlementaires pour la lutte contre la corruption, Réseau "Burkindi", a initié la rencontre de formation de parlementaires et d’autres acteurs pour sa maîtrise. En conviant parlementaires, société civile, communicateurs et acteurs oeuvrant dans le cadre de la lutte contre la corruption à l’atelier de pilotage sur l’auto-évaluation, le réseau "Burkindi" entend aller vers plus d’implication des parlementaires dans la procédure, toute chose qui contribue indéniablement à crédibiliser l’exercice auprès du grand public. Pour le coordonnateur du réseau "Burkindi", le député Dieudonné Maurice Bonanet, il est plus qu’impérieux que les parlementaires soient plus impliqués dans la lutte. L’exercice est le plus souvent réservé à l’exécutif, ce qui ne devrait pas être seulement le cas. D’autres acteurs comme les députés doivent y prendre part. La représentante du représentant résident du PNUD au Burkina, Mariam Pangah, a souligné à la cérémonie d’ouverture que l’action des parlementaires à travers le réseau "Burkindi" est une première en Afrique et aussi dans le monde. Elle a, en outre, fait remarquer que “la corruption mine la démocratie et les droits de l’Homme”, comme le disait Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU. Elle a dit tout l’intérêt que le PNUD accorde aux résultats de l’atelier et a appelé à la transformation des résultats qui en seront issus, en de véritables mesures pour la lutte contre la corruption.
Les experts venus du bureau régional du PNUD ont souligné le caractère spécifique de l’outil et de sa démarche qui reste novatrice. A leurs côtés, des acteurs nationaux comme le RENLAC et le CGD ont partagé leurs expériences de lutte anti-corruption avec les parlementaires.
Au cours des deux jours de travaux, les parlementaires et les autres acteurs participants se sont donc essayés à évaluer la lutte contre la corruption. Pour le cas spécifique du Burkina, ils ont évalué le niveau d’implication du Parlement dans la lutte. Quatre grands axes ont été concernés. Ce sont “la planification et le suivi de la lutte contre la corruption ; le contrôle financier ; les normes de bonne conduite et l’accessibilité du Parlement et la communication". Il est ressorti que le Parlement ; burkinabè n’est pas suffisamment impliqué dans la lutte, quand bien même il vote les lois. Son rôle de contrôle se limite à l’interpellation du gouvernement. Aussi, le point ne lui est pas fait par le gouvernement en sus du silence qui est fait auprès des populations à propos des rapports des commissions d’enquêtes qu’il initie.
Des recommandations ont été faites et vont dans le sens de la création d’une commission propre au Parlement qui sera chargée d’engager la lutte contre la corruption à travers une plus grande communication de l’Assemblée. Selon Marie Laberge, spécialiste des auto-évaluations de la gouvernance au Centre régional du PNUD à Dakar, “les objectifs sont tout à fait atteints”. Norbert Michel Tiendrébéogo, membre du bureau du réseau "Burkindi" a fait savoir que le réseau s’attellera à poursuivre les actions pour plus d’implication des parlementaires. Cela entre dans le cadre de la découverte du travail fait par le Parlement. La rencontre a permis de passer au peigne fin l’action parlementaire et de dégager des pistes de lutte.
Chers animateurs, vous perdez votre temps et votre argent. Y’a-t-il plus sourd que celui qui ne veut rien entendre, y’a-t-il plus aveugle que celui qui ne veut rien voir. Ce n’est pas les outils qui manquent, ce n’est pas l’intelligence qui leur manque, c’est le pacte de la cupidité et de la nuisance qui est en jeu.