ACCEPTATION DE LA MAIN TENDUE DU POUVOIR PAR L’OPPOSITION AU TOGO : Le dialogue permettra-t-il de sauver le soldat Faure ?  

ACCEPTATION DE LA MAIN TENDUE DU POUVOIR PAR L’OPPOSITION AU TOGO : Le dialogue permettra-t-il de sauver le soldat Faure ?   

 

Alors qu’elle continue d’occuper la rue pour réclamer l’alternance, l’opposition togolaise, par la voix de son leader, Jean-Pierre Fabre, s’est dite disposée à aller au dialogue que le pouvoir appelle de tous ses vœux. Elle pose cependant un préalable : les négociations avec le gouvernement doivent avoir pour unique ordre du jour les conditions de départ du président Faure Gnassingbé. Tout bien considéré, l’on peut déjà se féliciter du fait que les deux parties prenantes de la crise togolaise qui dure déjà depuis bientôt un trimestre, acceptent de s’asseoir autour d’une même table pour discuter. Car, comme on le sait, le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition, en plus d’endeuiller des familles au Togo, impacte négativement la vie économique nationale. Cela dit, même si l’on ne peut présager de l’issue des pourparlers, l’appel du pouvoir au dialogue entendu par l’opposition, alimente l’espoir d’un possible retour au calme dans un pays où la vie était rythmée par des marches et contremarches. Ce faisant, il faut par ailleurs saluer la lucidité de l’opposition qui, en ne refusant pas la main tendue du pouvoir, évite soigneusement de se mettre à dos l’opinion nationale et internationale qui ne jure que par les vertus du dialogue en situation de crise. En Afrique, les tables de négociations sont le plus souvent bondées de convives à la solde du pouvoir. C’est en cela qu’il faut saluer la clairvoyance que les opposants ont eue, tout en acceptant l’offre de dialogue, de maintenir la flamme de la mobilisation pour continuer à mettre la pression sur le gouvernement. Les manifs en cours depuis quelques jours, participent de cette stratégie et prouvent que les Togolais ne sont pas dupes.

Faure a intérêt à saisir le dialogue pour s’aménager une porte de sortie

Dans tous les cas, l’opposition togolaise doit continuer de se convaincre et à convaincre que, comme le disait le leader nationaliste congolais, elle n’aura rien, ni aujourd’hui ni jamais. Cela dit,  l’on peut déplorer l’attitude ambivalente du pouvoir qui, tout en faisant les yeux doux à l’opposition, ne s’est pas privé d’empêcher les manifestations dans les villes de Sokodé et Bafilo dans le Nord du pays. Si fait que l’on dénombre même des blessés graves, du fait de la brutalité de la répression militaire. Il faut craindre que ces notes discordantes dans le discours et les agissements du régime, ne viennent freiner l’opposition dans son élan à aller vers le dialogue. L’on peut même douter que ce dialogue, s’il a lieu, puisse sauver Faure. Car, non seulement le lourd passif de la féroce répression des manifs de l’opposition peut lourdement peser dans la balance des négociations, mais il peut aussi le dissuader lui-même de l’idée du départ en raison même  de cette incertitude des lendemains du pouvoir. Et pourtant, l’homme a tout intérêt à saisir la chance que lui offre le dialogue pour s’aménager en toute dignité une porte de sortie. « Il faut, dit-on, savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent ». Et c’est maintenant que tous les amis de Faure peuvent l’accompagner à négocier courageusement et sans regret, son départ. Plus tard, ce sera peut-être  trop tard.

SAHO

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+