ADOPTION DU NOUVEAU CODE ELECTORAL : « L’opposition fait de la sensation et du spectacle » dixit Maxime Koné

ADOPTION DU NOUVEAU CODE ELECTORAL  :   « L’opposition fait de la sensation et du spectacle » dixit Maxime Koné

Le jour d’après l’adoption du nouveau Code électoral (le 30 juillet dernier) qui a fait l’objet de controverses et qui continue de faire des vagues, les deux groupes parlementaires de la majorité, le MPP et Burkindlim, ont organisé une conférence de presse, le 31 juillet 2018, dans les locaux de l’Assemblée nationale, pour donner les raisons de leur quitus à cette loi électorale. Et bien évidemment, l’opposition parlementaire qui a boycotté la séance d’adoption, en a pris pour son grade.

 

La session extraordinaire de l’Assemblée nationale ouverte le 16 juillet dernier a pris fin le lundi 30 juillet, après avoir examiné et adopté 8 projets de loi. Ce qui fut laborieux pour les députés en l’espace de 15 jours, selon le président  du groupe parlementaire Burkindlim, Emmanuel Lankoandé. Et la tenue de la conférence de presse du mardi 31 juillet 2018 rentre, dit-il, en droite ligne du devoir de redevabilité pour expliquer à l’opinion publique ce qui a été fait au cours de cette session extraordinaire. Seulement, parmi les lois votées, il y a une qui « déchaîne les passions », a relevé le député Lankoandé. Il s’agit de la loi électorale dont l’adoption a été boycottée par ses collègues de l’opposition et qui a suscité une vague de contestations. Alors que «les procédures ont été respectées, comme prescrites par notre règlement», selon le président de la commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), Maxime Koné. Puis, il relève qu’ « en temps normal, c’est une loi comme toutes les autres lois », avant de décocher la première flèche à l’opposition parlementaire en ces termes : « Quand on participe à tout le processus et qu’on a épuisé ses arguments, et que sur le plan démocratique on a été battu, je crois que c’est inconséquent, politiquement, qu’on puisse à la dernière minute reculer ». Pour le président de la CAGIDH, la polémique ne devrait pas avoir lieu autour du nouveau Code électoral en ce sens que tous les acteurs ont été auditionnés afin «de trouver la meilleure voie pour que le projet de loi puisse passer en plénière». Ainsi, il relève qu’en plus des acteurs politiques et étatiques, sa commission a requis les avis «des acteurs non étatiques comme, par exemple, la Coordination nationale des associations de la société civile, Diakonia, le GERDESS, le MBDHP, le CGD, la CODEL, des professeurs de droit à l’Université de Ouagadougou pour avoir leur éclairage juridique parce qu’au-delà de tout ce qui est effervescence politique, il fallait qu’on se rassure que tout ce qu’on est en train de faire est en phase avec le droit. » Et Maxime Koné de soutenir que « l’ensemble de ces acteurs ont été très favorables à la démarche qui a été suivie et surtout aux conclusions auxquelles nous avons abouti sur un certain nombre de points, à l’exception de deux ou trois structures qui ont émis des doutes ».

«Nous avons fait un passage à la Roch… »

 

 

Pour le président de la CAGIDH, la controverse autour du nouveau Code électoral à cause de la suppression de la carte consulaire comme document de votation, ne se justifie pas. Et lui, pour justifier cela, il sort des chiffres sur la situation des Burkinabè de la Côte d’Ivoire. Ainsi, il annonce qu’au stade actuel, c’est  « 985 000 Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire qui ont la carte consulaire. Sur ce nombre, il y a au moins  300 000 qui ont la Carte nationale d’identité burkinabè. Il y a encore 300 000 autres qui ont l’acte de naissance burkinabè, et 100 000 qui ont le passeport. Il y a le sort de 150 000 qui n’est pas encore clarifié. » Il fait savoir que le gouvernement a rassuré les députés, après le vote de cette loi électorale, qu’il prendra les mesures idoines pour que tous puissent avoir accès à la carte nationale d’identité. Il avance également que la suppression de la carte consulaire est conforme à l’article 53 du Code électoral qui veut que le document de votation soit biométrique. Selon lui, hormis la Côte d’Ivoire et le Gabon, dans les autres pays, les cartes consulaires n’ont pas le sceau de la biométrie. Et il ne manque de se frotter les mains d’autant  que « du stade des vœux pieux, nous sommes passés au vote des Burkinabè de l’étranger. » Après ces explications ou du moins ces motivations qui l’ont poussé à adopter le nouveau Code électoral, la majorité parlementaire flingue l’opposition. Pour le président du groupe parlementaire MPP, Lassina Ouattara, « ils (opposants) veulent créer la crise, alors qu’une crise ne se décrète pas. Il y a des facteurs, des ingrédients, qui aboutissent à la crise ». Maxime Koné, lui, en rajoute une couche en laissant entendre que   «l’opposition fait de la sensation et du spectacle ». Et selon le député Emmanuel Lankoandé, le ras-le-bol de ses collègues de l’opposition est « une polémique inutile ». « Je demande à l’opposition d’être patiente. Nous ne sommes pas encore en campagne », ajoute-il. Quant à la question de savoir si la majorité n’a pas fait un passage en force en adoptant ce nouveau Code électoral, Lassina Ouattara répond : « Nous avons fait un passage à la Roch ; c’est-à-dire en douceur ». Puis, il brocarde encore l’opposition en disant que « ce n’est pas aller chaque matin monter des scénarios insurrectionnels qui va marcher ». Et à ceux qui pensent que la majorité a peur que le vote des Burkinabè de Côte d’Ivoire ne leur soit défavorable, il ironise encore en ces termes : « Ils font de la fuite en avant. La Côte d’Ivoire n’est le monopole de personne. Le plus gros électorat est ici, sur notre territoire. Des gens font comme si c’est la Côte d’Ivoire seule qui pouvait leur faire gagner l’élection ». Pour la majorité parlementaire, comme aucune œuvre humaine n’est parfaite, à l’issue de cette première expérience du vote des Burkinabè de l’étranger, des dispositions pourraient être prises pour corriger les insuffisances.

Drissa TRAORE

 

 

 

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