AFFAIRE BAHAN YENILO : L’ANEB dénonce le non-respect d’une décision de justice

AFFAIRE BAHAN YENILO :    L’ANEB dénonce le non-respect d’une décision de justice

 

 

L’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), section de Ouagadougou, a organisé un point de presse dans la soirée du 13 mars 2018 à propos de l’affaire Bahan, du nom de l’étudiant contre qui pèse une sanction administrative jugée « injuste et disproportionnée » par ses camarades étudiants. Pour l’ANEB, les autorités universitaires ont foulé aux pieds des décisions de justice ainsi que les droits et libertés fondamentaux de leur camarade Bahan et elle appelle les étudiants à la lutte déterminée jusqu’à la levée totale des sanctions contre l’étudiant.

 

« Informer l’opinion publique nationale et internationale de l’évolution de l’affaire Bahan Yenilo, une affaire qui oppose notre camarade à l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo et dénoncer le refus des autorités universitaires d’appliquer des décisions judiciaires ». C’est l’objet de la conférence de presse que les responsables de l’ANEB ont animée au CODE en présence des étudiants venus nombreux pour la circonstance. En effet, Alexis Zabré, président de l’ANEB Ouaga, principal orateur lors de la conférence de presse, a rappelé que l’organisation syndicale estudiantine avait suspendu son mot d’ordre de grève des 21 et 22 décembre à l’effet de donner une chance aux négociations alors engagées pour  aboutir à l’annulation de la sanction visant l’étudiant Bahan Yenilo. Dans cette dynamique, bien d’autres médiateurs ainsi que des enseignants d’université et d’autres structures estudiantines sont intervenus dans le but de trouver une solution à la crise née de cette sanction, mais sans succès, selon Alexis Zabré. « Aucune solution satisfaisante ne nous a été proposée par lesdits médiateurs », a confié le président de l’ANEB Ouaga devant la presse, alors que, a-t-il mentionné, l’étudiant Bahan est allé présenter ses excuses à l’administration de son unité de formation, l’UFR/LAC, qui l’a éconduit. Des excuses supposées favoriser une sortie de crise, selon une convention entre les parties à la crise, d’après le président de l’ANEB Ouaga. A l’entendre, les autorités universitaires et celles de l’Unité de formation en Lettres, arts et communication ( UFR/LAC) sont dans une attitude « jusqu’au-boutiste ». Et d’ajouter que les deux recours en suspension et en annulation de la décision du conseil de discipline de l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo, introduits par Bahan Yenilo devant le Tribunal administratif, ont abouti à une décision de justice suspendant ladite décision du conseil de discipline qui avait sanctionné l’étudiant Bahan. Une décision de justice confirmée par le Conseil d’Etat qui a jugé « non fondé » l’appel interjeté par la présidence de l’université, selon Alexis Zabré.

« Des positions de bataille  les jours à venir »

 

A ce jour, l’étudiant est sous le coup de la sanction du Conseil de discipline de l’université et par conséquent, il ne jouit toujours pas de ses droits académiques comme ses camarades de la promotion, d’après les responsables de l’ANEB.  Une situation que l’ANEB Ouaga ne comprend pas, puisqu’elle traduit le refus des autorités universitaires d’appliquer une décision de justice, selon les étudiants. « Comment peut-on comprendre que des autorités universitaires  promptes à prêcher le civisme, foulent aux pieds les décisions de justice, les droits et libertés fondamentaux de notre camarade ainsi que les principes élémentaires de l’Etat de droit », s’est interrogé Alexis Zabré ? Pour lui et ses camarades de l’association, « c’est la haine contre l’ANEB et ses militants qui est à la base de tous ces comportements anti-démocratiques de nos autorités ». De quoi les jours à venir seront-ils faits sur le campus universitaire Pr Joseph Ki-Zerbo ? Alexis Zagré et ses camarades appellent les étudiants à observer des positions de bataille. Pour Alexis, au lieu d’apporter des solutions à la crise, les autorités universitaires ont déployé les forces de sécurité dans les espaces universitaires en violation des franchises  et libertés académiques ainsi que  la décision du Conseil de la formation et de la vie universitaire de décembre 2017 de ne pas autoriser l’intervention des forces de l’ordre sur le campus.  Alexis Zabré et ses camarades de l’ANEB  ont appelé les étudiants à se mobiliser, non seulement pour la levée de la sanction contre leur camarade, mais aussi pour le départ des forces de l’ordre du campus. Selon les confidences des étudiants, les calendriers académiques en cours au campus, concernent  quatre promotions : celles de 2014-2015, 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018.

Lonsani SANOGO

 

 

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