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AFFAIRE BEN BARKA : Saura-t-on jamais la vérité ?

AFFAIRE BEN BARKA : Saura-t-on jamais la vérité ?

 

S’achemine-t-on vers la manifestation de la vérité sur l’affaire Mehdi Ben Barka, du nom de cet opposant marocain enlevé le 29 octobre 1965, à Paris, et mort dans des circonstances jusque-là non élucidées ? C’est la question que tout le monde se pose aujourd’hui depuis que la Commission du secret de la défense nationale (CSDN) a autorisé, fin avril, la déclassification de 89 documents. A ce qu’on dit, parmi ces pièces qui vont être déclassifiées figurent des rapports, des lettres, des copies de tirages photographiques et de nombreux procès-verbaux qui, mis de bout en bout, devraient permettre au juge d’instruction, Cyril Paquaux, de mener sereinement son travail, afin de situer les responsabilités sur ce qui ressemble de plus en plus à une affaire d’Etat. Mais pour en arriver là, il faudra encore attendre le feu vert du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Rappelons qu’en 2000, quelques documents avaient été déclassifiés par le gouvernement de gauche de Lionel Jospin ; puis en 2004, Michelle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense sous Nicolas Sarkozy, avait autorisé à son tour la déclassification d’une partie des archives pouvant permettre d’en savoir plus sur les circonstances de la mort de l’opposant marocain de gauche. En 2010, le juge d’instruction d’alors en charge du dossier, Patrick Ramaël, perquisitionna à deux reprises le siège de la Direction générale des services extérieurs (DGSE) ; mais l’espoir a été de courte durée puisque, secret défense oblige, les documents saisis à l’époque ont été jugés « inaccessibles ». C’est donc à juste titre que le fils du disparu redoute que dans les 89 documents à déclassifier, certains ne soient encore frappés du sceau de la confidentialité. Cela dit, on en vient à se poser la question suivante : pourquoi le président français qui avait promis de rendre publics ces documents a-t-il attendu la fin de son quinquennat pour le faire ? Sans doute, voudrait-il refiler la patate chaude à son successeur.

On peut s’estimer heureux des avancées que le dossier vient de connaître sur le plan judiciaire

C’est pourquoi il faut craindre que la déclassification annoncée des documents en rapport avec la disparition de Ben Barka ne traîne encore en longueur, étant donné que le régime Hollande vit ses dernières heures à l’Elysée. Toute chose qui rend improbable le feu vert attendu, dans les jours à venir, du ministre Jean-Yves Le Drian qui, à moins d’être reconduit à son poste par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, est aussi sur le départ. On attend donc de voir. Mais comme on le sait, la famille de la victime, quant à elle, se montre de plus en plus impatiente ; elle qui, 52 ans après, ne sait ni ce qui est devenu le corps de Ben Barka ni où se recueillir. Tout ce que l’on sait jusque-là, c’est que le nom du Général Mohamed Oufkir, homme fort du régime de Hassan II jusqu’à sa tentative de putsch, est régulièrement cité dans la disparition de l’opposant marocain alors encadré par deux policiers français. En tout cas, comme le dit l’adage, « le mensonge a beau courir les rues, la vérité finira tôt ou tard par le rattraper ». Et même si dans le cas d’espèce, certains bourreaux de Ben Barka ne sont plus de ce monde, on peut s’estimer heureux des avancées que le dossier vient de connaître sur le plan judiciaire. Reste maintenant à espérer que les responsabilités des uns et des autres seront situées.

B.O

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