AFFAIRE NORBERT ZONGO : La Justice française favorable à l’extradition de François Compaoré

AFFAIRE NORBERT ZONGO :  La Justice française favorable à l’extradition de François Compaoré

 

Après plus d’un an de procédure, la Justice française a autorisé hier, 5 décembre 2018, l'extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso où il est mis en cause dans l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo. Fin donc du suspense, pourrait-on dire. Toutefois, il faut souligner que cette décision de la Cour d'appel de Paris est encore susceptible de faire l'objet d'un pourvoi en cassation et, pour être effective, l'extradition doit également faire l'objet d'un décret gouvernemental. Et selon les informations que nous avons reçues, les avocats de François Compaoré se sont pourvus en cassation juste quelques heures après la décision de la Cour d’appel. En attendant que cette Cour se prononce, la décision rendue hier et qui confirme la volonté du parquet général qui s'était déclaré favorable à l’extradition de Paul François Compaoré vers son pays, constitue à n’en point douter, une grosse victoire pour la Justice burkinabè et surtout pour les mouvements de défense des droits de l’Homme qui, depuis 1998, n’ont cessé de réclamer justice pour Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire d’extradition de François Compaoré tenait les Burkinabè en haleine et ce, au regard de son statut de frère cadet et ex-conseiller de Blaise Compaoré qui aura régné sur son pays pendant 27 ans sans partage avant d’être chassé du pouvoir en 2014 par une insurrection populaire. Ce faisant, depuis l’audience de notification à Paul François Compaoré de la demande d’extradition du Burkina Faso, le 13 décembre 2017, les regards des Burkinabè étaient tournés vers la Justice française. Autorisera-t-elle ou non l’extradition de ce gros poisson de l’ancien régime afin qu’il puisse donner sa part de vérité sur l’assassinat qui aura marqué l’Histoire politique du Burkina ? Le suspense était entier. Le dossier a d’abord été renvoyé au 7 mars 2018 pour être plaidé au fond après que François Compaoré a répondu « non » à la question qui lui avait été posée par la Chambre du contrôle de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, à savoir s’il consentait à être remis aux autorités judiciaires du Burkina Faso pour y être jugé. Depuis lors, le procès évoluait de renvoi en renvoi. On retient, entre autres, les dates du 28 mars, 13 juin, 3 octobre et 5 décembre qui auront permis à la Justice française de donner sa décision.

DZ

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