AFFRONTEMENTS SANGLANTS A L’UO OUAGA I Pr JOSEPH KI-ZERBO : Etudiants ou mercenaires ?

AFFRONTEMENTS SANGLANTS A L’UO OUAGA I Pr JOSEPH KI-ZERBO  :   Etudiants ou mercenaires ?

 

La semaine dernière, j’ai appris par voie de presse qu’il y a eu des affrontements sanglants entre étudiants à l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo. Grand était mon découragement et profonde ma déception de savoir que ce qui est considéré comme le temple du savoir, s’est subitement transformé en un ring de boxe pour ne pas dire un terrain de combat. Je me suis demandé s’il s’agissait d’étudiants ou de mercenaires. Car, l’université est certes réputée être le haut lieu de la contestation, mais l’on ne savait pas qu’elle pouvait se transformer en un milieu hostile où seule prévaut la loi du gourdin et de la machette. Franchement, j’avoue que je suis perdu, je suis décontenancé. Je suis ahuri de voir que des gens qui devraient s’opposer par des idées, choisissent de faire la promotion de la violence. Il importe peu de revenir sur les raisons qui ont conduit à ces affrontements. Car, pour moi, à l’université, seule doit prévaloir la force de l’argument et non l’argument de la force comme nous l’avons malheureusement constaté. Non contents d’avoir versé la figure de notre pays par terre à l’occasion du discours du président français, Emmanuel Macron, nos braves étudiants ont choisi encore de s’offrir en spectacle en se rentrant dedans avec des gourdins. Ceux qui ont eu la chance ou la malchance de vivre en live l’événement, parlent d’une « battue » à nulle autre pareille, indigne de gens qui savent lire et écrire et qui, par-dessus tout, incarnent l’espoir de demain. Qu’elle est donc révolue l’époque où l’étudiant forçait l’admiration à la fois par son comportement et sa manière singulière de voir les choses ! Certes, je sais que les conditions de vie et d’études, d’année en année, se sont quelque peu dégradées, mais ce n’est pas une raison pour que nos étudiants se comportent comme des malpropres et des malotrus. Car, non seulement cela ne les honore pas eux-mêmes, mais en plus, cela contribue à ternir l’image de notre pays pourtant bien coté à l’étranger. Ressaisissons-nous et changeons de comportement.

 

La politique a ses raisons que l’étudiant ignore

 

L’heure n’est pas seulement grave, elle est maintenant gravissime. Je ne veux plus que ce qui s’est passé le 6 décembre dernier à l’Université, se reproduise encore. Ce serait une véritable catastrophe, avec toutes les conséquences qui vont avec. C’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité de tous les acteurs. A commencer par les étudiants. Ils doivent bannir la violence et ne promouvoir que le débat d’idées. C’est d’ailleurs leur statut qui l’exige. C’est, du reste, ce qui fait leur différence avec les autres. Un étudiant digne de ce nom, ne porte pas la main sur l’autre. Il tente de le convaincre sans avoir raison, pour emprunter le terme à la Grande Royale de l’Aventure ambiguë. C’est ce qu’on nous a appris quand nous nous étions encore sur le campus à l’époque. En plus des étudiants, l’autre entité que je mets en cause dans le bordel qu’il y a au sein des universités publiques, ce sont les autorités universitaires et, à travers elles, les dirigeants du pays. Car, on le sait, conscients que les étudiants sont des contestataires, la plupart des régimes travaillent à les diviser pour mieux régner. C’est connu de tout le monde, puisque c’est ce qui se passe dans beaucoup de pays. Conséquence, on assiste à une prolifération d’associations sur le campus, les unes opposées aux autres. Si fait qu’à la moindre alternation, un affrontement est vite arrivé. Il faut quitter dans ça. Arrêtons donc de tout politiser. Car, la politique a ses raisons que l’étudiant ignore.

 

« Le Fou »

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