AFFRONTEMENTS SANGLANTS ENTRE CHRETIENS ET MUSULMANS AU NIGERIA

AFFRONTEMENTS SANGLANTS ENTRE CHRETIENS ET MUSULMANS AU NIGERIA

C’est Boko Haram qui se frotte les mains

Deux prêtres et 16 fidèles catholiques tués dans une église. C’est le drame qui s’est produit le 24 avril dernier dans le village  de Mbalom dans l’Etat de Benue,  au Nigeria. En effet, c’est au cours d’une messe de funérailles que les assaillants, une trentaine, sont arrivés et ont ouvert le feu sur tout ce qui bougeait. Et ce n’est pas tout. Ils sont pillé plus de 60 maisons et mis à sac de nombreux greniers. Terrifiées, les populations, pour sauver leur peau, ont fui vers les localités voisines. Rassurez-vous, il ne s’agit pas cette fois-ci, comme le laisse croire le mode opératoire, d’une attaque perpétrée par les islamistes insurgés de Boko Haram. Non, loin s’en faut. Il s’agit plutôt, si l’on en croit des témoins sur place, d’une action de représailles menée par des éleveurs, d’où la colère des centaines de jeunes spontanément descendus dans la rue avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Rappelons que l’Etat de Benue est régulièrement secoué depuis des mois par des affrontements communautaires qui opposent des agriculteurs sédentaires de confession chrétienne aux éleveurs nomades majoritairement musulmans. Les violences ont pris une tournure particulière depuis l’adoption, dans ledit Etat, d’une loi interdisant la transhumance. Plus de cent personnes ont été tuées, sans compter les victimes du 24 avril dernier. Même avec la présence de l’armée, rien n’y fit ; tant les rancœurs sont toujours tenaces.

Il y a péril en la demeure

Et s’il y a quelqu’un, dans ces conditions, qui rit sous cape, c’est bien le criminel en chef Abubakar Shekau qui ne demandait pas mieux que de voir les deux communautés (musulmanes et chrétiennes) qui, jadis vivaient en bonne intelligence, se dresser aujourd’hui l’une contre l’autre. Franchement, il faut le dire, il y a péril en la demeure. Le président Muhammadu Buhari est mal barré, tant il donne l’impression d’être en train de jouer avec le feu. On comprend d’ailleurs pourquoi le parlement lui demande des comptes. Or, en homme averti, il sait mieux que quiconque que les conflits communautaires peuvent mener loin, quand ils ne menacent pas parfois les fondements de la république. Le cas le plus édifiant est celui de la RCA où l’unité et la cohésion nationales s’en trouvent affectées, du fait de l’animosité entre chrétiens et musulmans.  Pour éviter donc le syndrome de la RCA, le président Buhari gagnerait, comme il l’a promis, à faire en sorte que non seulement tous les auteurs des crimes à Benue soient punis, mais aussi à demander la contribution des leaders religieux dans le processus d’apaisement des cœurs. Et plus tôt, il le fera, mieux cela vaudra. Car, à l’allure où vont les choses, il y a lieu de craindre un génocide dans un pays où la violence a pignon sur rue.

B.O

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