AGRESSIONS DE PERSONNEL SOIGNANT DANS LES CENTRES DE SANTE : Ce qu’en pensent des citoyens

AGRESSIONS DE PERSONNEL SOIGNANT DANS LES CENTRES DE SANTE :  Ce qu’en pensent des citoyens

De plus en plus, on assiste à des scènes de bagarres entre accompagnants de malades et personnel soignant dans les centres de santé. Le dernier cas en date, qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, est celui d’un major en poste au service Traumatologie du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, qui a été agressé physiquement par l’accompagnant d’un malade, le 31 janvier 2017. A travers un micro-trottoir que nous avons réalisé hier, 16 février 2017, dans la ville de Ouagadougou, ils sont nombreux, les citoyens qui condamnent ces actes. Lisez plutôt!

Wellman Guingané, professeur de lettres, journaliste  : «Il est déplorable que des travailleurs soient agressés sur leur lieu de travail »

 

 « Il est déplorable que des travailleurs soient agressés sur leur lieu de travail, surtout pour ce genre de cas qui portent sur des agents de santé. Je me demande pourquoi on en arrive là. En tout cas, les responsabilités sont partagées. Il faut savoir qu’aujourd’hui au Burkina, il y a une aigreur qui anime tout le monde. Quelquefois dans les hôpitaux, les malades ne sont pas reçus dans les règles de l’art. Souvent, les malades sont abandonnés à leur propre sort. Les médecins les laissent pour s’occuper d’autres malades et cela peut beaucoup frustrer ceux qui les accompagnent. Ce qui peut les pousser parfois à poser des actes déplorables. Mais, il faudrait que les agents de santé, à leur niveau, aient cette pédagogie de la bonne réception et que ceux qui accompagnent les malades sachent que ces gens travaillent sous pression et dans des conditions précaires. »

Romuald B. Ouaré, agent au journal L’Evènement : « Il faut plus de sensibilisation au profit des populations »

 

« Ce n’est pas normal qu’un agent de santé soit agressé dans l’exercice de sa fonction. Les agents de santé sont là pour notre santé. Il faut souvent comprendre les accompagnants des malades. Etant parfois sous le choc à cause de l’état de santé de leur malade, ils n’arrivent pas parfois à contrôler leurs émotions. Donc, que les agents de santé comprennent aussi les accompagnants des malades car ce n’est pas facile. Mais, je crois qu’il faut plus de sensibilisation au profit des populations, pour que les uns et les autres comprennent davantage que les agents de santé sont là pour notre santé. Il faut aussi que les agents exercent correctement leur métier. »

Pascal Zaïda, Coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique : « Les responsabilités sont partagées »

 

« C’est une situation qu’il faut déplorer, parce que quand on va à l’hôpital, on s’attend à des soins soit pour soi-même soit pour le malade qu’on accompagne. Depuis un certain temps, on assiste à un niveau élevé d’incivisme à tous les niveaux. Pour les cas de bagarres qui surviennent entre accompagnants et personnel soignant, les responsabilités sont partagées. Car, on a souvent des accompagnants qui sont imprudents, qui menacent même parfois le personnel soignant. Mais on a aussi des agents de santé qui sont, par moments, plus préoccupés par l’Internet que par la santé des malades. Il faut une sensibilisation afin que chacun puisse jouer correctement son rôle au bénéfice du malade. »

Hamidou Bilgo, conseiller en gestion d’entreprises à la Maison de l’entreprise du Burkina : « Il faut travailler à éviter le contact entre les médecins et les accompagnants des malades »

 

« C’est une situation déplorable, parce que cela signifie que l’agent de santé a manqué au professionnalisme qu’il devrait juxtaposer à l’émotion. L’accompagnant est sous l’émotion, il ne regarde pas les choses de la même façon que l’agent de santé qui devrait regarder les choses avec plus d’habilité. Donc, quand ces cas de bagarres surviennent, on ne peut que regretter que les deux ne puissent pas se comprendre sur une question qui n’est autre que l’obligation pour le médecin d’utiliser tous les moyens dont il dispose pour obtenir des résultats. Contrairement à l’accompagnant qui pense que le fait d’avoir mobilisé des moyens, doit lui permettre d’obtenir des résultats. Il y a donc une contradiction car le résultat ne dépend pas forcément du médecin, seul Dieu sait l’aboutissement. Et le médecin doit pouvoir faire comprendre cela à l’accompagnant. Pour réduire ces cas malheureux, il faut travailler à éviter le contact entre les médecins et les accompagnants des malades. C’est en le faisant que les médecins pourront travailler sereinement. »

Fatima Segda/Sabo, Directrice du cabinet SODIA QUALITE : « C’est regrettable quand on en arrive là »

 

« Pour moi, il devrait y avoir un partenariat entre l’accompagnant et le personnel soignant car, les deux ont le même objectif qui est celui d’œuvrer pour que le malade recouvre sa santé. Je pense que les bagarres entre accompagnants et personnel soignant sont liées à un problème d’incompréhension. La faute peut venir des deux. Il y a des agents de santé qui ne sont pas accueillants, tout comme il y a des accompagnants dont le comportement laisse à désirer. Mais, l’agent de santé devrait travailler à rassurer, et le malade et l’accompagnant qui sont déjà dans un état émotionnel. Malheureusement, certains agents de santé se comportent comme s’ils n’aiment pas leur métier et sont agressifs. Et quand quelqu’un est déjà dans un état moral qui le prédispose à une telle attitude, il ne peut qu’y avoir un choc entre les deux. C’est regrettable quand on en arrive là. Car, les deux devraient travailler ensemble pour un meilleur rétablissement du malade. »

Huguette Bama : « Chacun doit faire preuve d’humilité »

 

« Si tout fonctionne bien, il ne devrait pas y avoir de bagarre entre un accompagnant et un agent de santé. Cela, parce que le personnel soignant est là pour aider à soulager la souffrance du malade et de son accompagnant. Mais, il arrive qu’on ait des accompagnants dont le comportement n’est pas approprié. Tout comme il arrive qu’on ait des agents de santé dont l’attitude n’est pas adaptée à leur statut. De part et d’autre, chacun doit faire preuve d’humilité et de respect dans sa manière de parler, d’accueillir, etc. Je pense que ce problème n’est pas propre aux agents de santé et aux accompagnants. C’est un problème général car, même dans les bureaux, on assiste souvent à des scènes de bagarres entre les agents et les usagers du service. Souvent, nous ne sommes pas assez respectueux vis-à-vis des gens à qui on a affaire. On ne tient pas souvent compte du contexte dans lequel se trouve l’autre. Le personnel soignant exerce sous pression, si bien que tout n’est pas évident pour lui. De même, l’accompagnant est souvent dans l’inquiétude, ce qui peut jouer sur son comportement. En tous les cas, si l’administration est bien organisée, on doit pouvoir éviter ces cas en dénonçant les mauvaises attitudes des uns et des autres afin que des dispositions soient prises. »

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA et Mamouda Tankoano

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+