ALBERT NAKOULMA, CONSEILLER UNIR/PS : « L’UPC voulait s’appuyer sur l’UNIR/PS pour déstabiliser le pouvoir démocratiquement élu du MPP »

ALBERT NAKOULMA, CONSEILLER UNIR/PS  :   « L’UPC voulait s’appuyer sur l’UNIR/PS pour déstabiliser le pouvoir démocratiquement élu du MPP »

Jeune engagé et déterminé de l’Union pour la renaissance, Parti sankariste (UNIR/PS). C’est ainsi que se présente Albert O. Nakoulma, conseiller municipal et conseiller régional que nous avons rencontré le 18 juillet dernier à Ouagadougou, au siège du parti sus-nommé. Avec lui, nous avons abordé plusieurs sujets en lien avec la vie de son parti et l’actualité sociopolitique nationale. Voici ce qu’il nous a dit !

 

« Le Pays » : Pouvez-vous vous présenter davantage à nos lecteurs ?

 

  1. Albert Nakoulma : Je voudrais, avant tout propos, vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez en m’invitant à cette tribune. Cela, dans la mesure où votre invitation me permet de donner mon opinion sur des questions d’intérêt national. Pour revenir à votre question, je suis, à l’état civil, Ouanoma Albert Nakoulma. Je suis juriste de formation. Sur le plan professionnel, je me débrouille dans le domaine du coaching, de la formation et des consultations. Je suis coach-formateur-consultant. De 2014 à nos jours, j’ai eu à former et à coacher près de cinq cents (500) jeunes, en majorité des étudiants des universités publiques et privées du Burkina. C’est spécifiquement des formations axées sur le développement personnel, l’entrepreneuriat des jeunes, etc. Sur le plan politique et comme vous le savez, je suis militant convaincu et persuadé de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS). Je suis le secrétaire national adjoint chargé de la communication politique et de l’animation, membre du secrétariat exécutif national et du bureau politique.J’ai été brillamment élu conseiller municipal sous la bannière de ce parti, puis conseiller régional du Nord (Ouahigouya). Au niveau du Conseil municipal de La- Todin (une commune de la province du Passoré), j’assure le rôle de rapporteur de la commission « aménagement du territoire et gestion financière ». Au niveau du Conseil régional, je suis le point focal « affaires générales » de la commission « affaires générales sociales et culturelles ». Je suis aussi engagé dans des organisations de développement.

 

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique ?

 

Je me suis engagé en politique bien sûr par vocation, point du tout par opportunité. Par vocation, dans la mesure où depuis ma tendre enfance, je me suis toujours intéressé à l’intérêt général. De ce point de vue, j’ai toujours donné à ma main la puissance de modeler et à mon âme  la trempe de l’épée, afin d’obtenir la liberté et la justice des peuples souffrants. Comme le disait Aimé Césaire, je cite : « embrassez-moi sans crainte. Si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai. Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche. Ma voix sera la voix de celles qui s’affaissent au cahot du désespoir ». Pour vous dire que depuis que j’étais petit, je me suis toujours élevé contre les injustices de toutes sortes, contre l’oppression d’une personne ou d’un groupe par une ou un autre. Je ne me suis pas engagé en politique par opportunité car ce n’est pas pour défendre mes intérêts personnels, mais plutôt pour défendre ceux du peuple burkinabè. Et pour paraphraser mon idole Thomas Sankara, je souhaite qu’après mon décès (et non ma mort), les Burkinabè, l’Afrique et le monde retiennent de moi l’image d’un homme qui a mené une vie utile pour tous. Et Martin Luther King de renchérir  que « si nous ne nous mettons pas ensemble pour nous battre comme des frères, nous allons tous mourir comme des idiots ». Que cela ne nous arrive pas.

 

Qu’est-ce qui a milité en faveur de votre choix porté sur l’UNIR/PS et non sur un autre parti ?

 

Il y a quatre raisons fondamentales qui ont justifié et justifient encore mon engagement au sein de l’UNIR/PS. C’est l’idéologie sankariste, le programme politique de l’UNIR/PS et son projet de société. La quatrième raison tient à la constance de son leader, j’ai nommé le président Me Bénéwendé Stanislas Sankara. C’est un homme plein de charisme, un homme de conviction, un homme d’engagement, un homme constant. Pour moi, le président Sankara est un modèle. Et tout jeune qui s’engage en politique, doit avoir une référence, une boussole. Sinon, vous bâtissez sur du sable. Et à la moindre épreuve, vous baissez les bras. Ce qui serait suicidaire pour le peuple pour lequel on se bat. Lorsque vous avez un socle, vous y puisez des ressources pour faire face aux épreuves.

 

Vous avez géré la jeunesse de l’UNIR/PS pendant des années. Pouvez-vous revenir sur les actions phares que vous avez eu à mener ensemble ?                                                

Elles sont de trois ordres. D’abord, il fallait travailler à élargir la base du parti au niveau de la jeunesse. C’est ainsi que j’ai procédé au recrutement de nouveaux militants. Après les avoir recrutés, il fallait ensuite les organiser en les structurant. J’ai donc procédé au renouvellement du bureau des comités d’UFR ou de filière. Dans toutes les universités publiques du Burkina, nous avons pu mettre en place des bureaux provinciaux et d’UFR. Après avoir renouvelé et mis en place ces structures, il fallait renforcer leurs capacités. Ce qui nous a conduits à organiser des sessions de formations, surtout sur l’idéologie et le programme politique du parti. «Un militaire sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance », disait Thomas Sankara. A l’UNIR/PS, nous disons qu’un militant sans formation politique et idéologique est un danger permanent pour son parti. N’oublions pas aussi que nous étions dans un contexte national marqué par la lutte contre le sénat, l’article 37 et contre le référendum ; bref contre le régime assassin, dictatorial et anti-populaire de Blaise Compaoré. Nous avons mobilisé les jeunes du parti et des associations dans cette lutte. Ce qui a abouti à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Sans oublier la grande participation des jeunes du parti à la campagne aux élections couplées de 2015.

On dit de vous que vous êtes un grand mobilisateur de foules, surtout au niveau de la jeunesse. Quel est le secret du conseiller Nakoulma ?        

 

Il n’y a pas de secret magique. C’est une question de marketing politique. Il faut savoir vendre l’image de son parti. Moi, je n’ai ni peur ni honte de dire aux gens, partout où je vais, que je suis militant de l’UNIR/PS. Je vends l’image de mon parti partout. Mais, avec un langage de vérité, d’honnêteté et d’humilité. C’est vrai que nous sommes dans un monde où des gens ne jurent que par l’argent. Chez nous, à l’UNIR/PS, nous convainquons par notre programme politique, par les valeurs que nous défendons.

Votre parti, l’UNIR/PS, participe à la gestion du pouvoir aux côtés du parti majoritaire qu’est le MPP. Quelles sont les raisons qui justifient une telle option ?

 

Merci pour la question. Des voix plus autorisées que la mienne se sont déjà expliquées sur cette option. Je ne ferai que les répéter. Pour ce que je sais, c’est qu’il y a trois raisons qui ont justifié, en son temps, l’option faite par l’UNIR/PS. Et cette alliance se veut stratégique. La première raison est idéologique. L’UNIR/PS et le MPP partagent les mêmes convictions idéologiques. Ils appartiennent tous à la même famille idéologique, à savoir la gauche. C’est vrai qu’il y a des variantes, mais le tronc est commun. La deuxième raison tient à l’éthique et à la morale politique. Si vous vous rappelez bien, en 2009, lorsque le président, Me Bénéwende Stanislas Sankara, ouvrait le siège du Chef de file de l’opposition politique, qu’avait-il dit dans son discours ? Vous souvenez-vous ? Alors, lisez-le bien la nuit. Il avait dit en substance ceci : « nous inaugurons le CFOP pour le CDP », et il avait juré, ce jour-là, de travailler à faire en sorte que le CDP prenne un jour la tête du CFOP et lui la majorité présidentielle. Et il a tenu parole. Il est inconcevable pour nous, UNIR/PS, de nous asseoir aujourd’hui aux côtés des bourreaux du peuple que nous avons combattus hier, que nous combattons aujourd’hui et éternellement. Car bien que le peuple burkinabè les ait vomis en 2014, ils continuent leurs manœuvres en sourdine. Enfin, la troisième raison qui justifie notre alliance au MPP, est guidée par le souci de maintenir la stabilité politique et la paix sociale dans notre pays, le Burkina Faso, que nous aimons. Sinon, suite aux élections couplées de 2015, l’UNIR/PS a été approchée par les partis politiques de l’actuel CFOP, notamment l’UPC de Zéphirin Diabré, pour former une alliance contre-nature. Pourquoi je dis cela ? Eh bien, écoutez-moi. L’UPC nous a proposé ceci : vous (l’UNIR/PS) venez vous joindre à nous, on va former l’opposition avec les partis tels que le CDP, la NAFA, l’ADF/RDA, le FASO Autrement, etc. Si nous nous mettons ensemble, nous avons la majorité à l’Assemblée nationale. Comme ça, l’opposition gère la présidence de l’Assemblée nationale. Et Zéphirin proposait que Me Sankara soit le président de l’Assemblée nationale. Et lui, Zéphirin Diabré, Premier ministre, étant donné que l’opposition a la majorité des députés à l’Assemblée nationale. Nous tombions alors dans un régime de cohabitation. Et lorsque le gouvernement allait soumettre ses projets de lois pour adoption à l’Assemblée, que ces lois soient bonnes ou pas, l’opposition majoritaire bloque. Le président Roch Marc Christian Kaboré allait se trouver dans une impossibilité de gouverner. En conséquence, il allait mettre en application la Constitution qui lui confère le droit de dissoudre l’Assemblée nationale ; réorganiser de nouvelles élections législatives tout en espérant que cette fois-ci son parti, le MPP, obtiendrait une majorité confortable qui lui permettrait de gouverner, de faire passer ses lois. Ce qui n’était pas du tout évident. Pourquoi ? Nous venions de connaître une insurrection populaire avec les dégâts que vous connaissez. Nous venions de subir et de résister à un coup d’Etat. Nous venions de boucler une Transition politique par des élections libres, démocratiques et transparentes, laquelle élection a donné Son Excellence Roch Marc Christian Kaboré vainqueur à un coup K.-O. (53%). Où allait-on trouver l’argent pour organiser de nouvelles élections législatives ? Voici le plan de l’UPC. Si l’UNIR/PS s’engageait sur cette voie, le Burkina Faso tombait dans une crise politique sans précédent. Avec des risques de coup d’Etat. Cela aurait tourné à une guerre civile. Le bureau politique national de l’UNIR/PS, sous le leadership clairvoyant de son président, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, s’est réuni et a fait une analyse froide de la situation. Et au regard des trois raisons que je viens de vous expliquer, le bureau politique a décidé de s’allier au MPP pour gérer le pouvoir, au nom de la stabilité politique et de la paix sociale dans notre pays. Le peuple a choisi le président Roch. C’est lui qui a la majorité. Il n’était pas question pour nous, UNIR/PS, de déstabiliser un pouvoir démocratiquement élu. Nous ne sommes pas un parti de compromissions. Nous sommes un parti responsable, républicain, respectueux des lois et règlements de ce pays et soucieux de la paix sociale. Mais, l’UPC voulait s’appuyer sur l’UNIR/PS pour déstabiliser le pouvoir démocratiquement élu du MPP et espérer récupérer ce qu’il a perdu dans les urnes par le chaos qui allait découler de son plan machiavélique. Cela a pu être évité grâce à la vigilance du président, Me Bénéwendé Sankara, qui a éclairé le bureau politique.

L’actualité politique est marquée par les questions judiciaires avec l’ouverture du procès du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Est-ce une condition à la réconciliation nationale ?

 

Pour nous, la réconciliation nationale tient sur un trépied, à savoir la vérité, la justice et enfin la réconciliation. L’une ne peut exister sans l’autre. Si on le fait, nous nous exposons à d’éternels recommencements. Et comme le disait quelqu’un, « un peuple qui oublie son histoire est condamné à la revivre ». Il faut donc saluer l’ouverture de ces procès, que toutes les garanties soient données aux accusés quant à leur défense et que le droit soit dit.

 

Que pensez-vous de la gouvernance du président Roch Marc Christian Kaboré aujourd’hui ?

 

La gouvernance du président Roch Marc Christian Kaboré est globalement satisfaisante. La preuve, c’est que selon le dernier sondage du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), plus de la majorité des enquêtés estiment que le président est sur la bonne voie. Ils l’exhortent même à faire plus. Et de ce point de vue, je suis très optimiste quant à la direction du pays aujourd’hui. Nous sommes sur la bonne voie. Il y a bel et bien un capitaine dans le navire battant pavillon Burkina.

 

Quels sont, selon vous, les acquis ou si vous voulez les réalisations qui fondent votre optimisme ?

 

Beaucoup de réalisations concrètes. Je ne peux les citer toutes. Mais, les plus saillantes. D’abord, je pense que le premier acquis de la gestion du président Roch, c’est le fait même d’avoir pu maintenir l’Etat burkinabè en fonctionnement. Je le dis franchement parce que ce n’était pas évident. Rappelez-vous ce que ses détracteurs disaient. « Oh… Ils ont dit qu’ils peuvent, on va les voir ici. Ils ne pourront pas tenir ». Ils l’ont accueilli avec des attentats terroristes. Mais, malgré ces oiseaux de mauvais augure, le président Roch Kaboré et son gouvernement ont tenu et tiennent. Les institutions fonctionnent normalement. Le Burkina Faso est en marche. Pour moi, c’est le premier acquis. Ensuite, sur le plan politique, vous avez l’opérationnalisation du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN). Ce haut conseil est à pied d’œuvre sur les différents dossiers qui lui sont soumis. Vous avez les réformes politiques avec la mise en place de la commission constitutionnelle. Celle-ci a bouclé la rédaction de la nouvelle Constitution avec toutes les réformes comme la suppression de la peine de mort, le renforcement de l’Etat de droit. Au niveau judiciaire, vous avez le renforcement de l’indépendance des juges ainsi que l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Aujourd’hui, la Justice rend ses décisions en toute indépendance, sans être inquiétée. Elle rend même des arrêts contre des décisions prises en Conseil des ministres. Vous avez vu ce qui s’est passé avec la commune de Saponé. Le gouvernement a dissous le Conseil municipal. Mais le Conseil d’Etat l’a rétabli. Ça n’a jamais été le cas sous Blaise Compaoré. Sur le plan des libertés, Roch Marc Christian Kaboré a créé les conditions qui permettent aujourd’hui aux Burkinabè de s’exprimer librement. La liberté d’expression et de presse est une réalité sous le président Roch Kaboré ; personne n’a été condamné pour ses opinions. La preuve, c’est que notre pays a été classé premier en Afrique francophone par Reporters sans frontières en matière de liberté de presse. Nous sommes même devant les Etats-Unis au niveau mondial. Par ailleurs, vous avez la réduction du train de vie de l’Etat avec le plafonnement des dépenses de communication, de carburant, etc., dues aux membres du gouvernement.

Que pensez-vous des récentes sorties médiatiques du président du Faso ?

 

S’adresser à ses concitoyens pour leur faire le bilan de sa gestion, est tout à fait salutaire. C’est cela la redevabilité. J’ai entendu des critiques stériles, surtout de la part de l’opposition politique, qui n’ont pas trouvé convenable l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2020. Mais, à partir du moment où la Constitution lui donne le droit de se représenter en 2020 et que la question lui a été posée, le président du Faso est dans son droit. Il n’y a donc pas matière à polémiquer.

 

L’UNIR/PS aura-t-elle aussi un candidat à la présidentielle de 2020 ?

 

Rires. Là, vous me posez une question à laquelle je ne peux pas répondre. La décision d’aller ou de ne pas aller à la présidentielle de 2020 ne relève pas d’un militant. L’UNIR/PS est un parti organisé, avec des instances qui se tiennent régulièrement. Il appartient donc à ces instances d’en décider. Ne vous en faites pas, gardez votre patience. Vous aurez la réponse à votre question lorsque l’instance habilitée à se prononcer, l’aura fait.

 

Votre mot de fin

 

Je vous remercie encore une fois pour l’invitation. Les Editions « Le Pays » fait un travail impeccable dans l’information des populations. Je vous souhaite bon vent. Pour ma part, je reste disponible pour d’autres entretiens où vous jugerez utiles de m’inviter. Merci.

 

Valérie TIANHOUN

 

 

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