ALLAYE SIDIBE, CONSEILLER MUNICIPAL DE TEBERE : « On ne peut pas faire de développement si l’instruction ne suit pas »

ALLAYE SIDIBE, CONSEILLER MUNICIPAL DE TEBERE : « On ne peut pas faire de développement si l’instruction ne suit pas »

Sidibé Allaye est le conseiller municipal de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) du village de Tèbèrè dans la commune urbaine de Nouna. Tout comme Tonséré, ledit village a pris l’initiative de construire son école avec ses propres ressources.
A travers l’entretien ci-dessous, Allaye Sidibé  évoque l’intérêt qui anime la communauté de construire son école.
Un véritable cas d’école qui doit inspirer toutes les autres localités du pays. Il a aussi énuméré des difficultés qui plombent le bon fonctionnement du village.

« Le pays » : D’où vous est venue l’idée de construire votre école ?

Allaye Sidibé : Nous avons eu l’idée de construire cette école en nous inspirant du cas du village voisin de Tonsérè qui était bien évidemment dans cette dynamique. De commun accord avec les autres dignitaires, nous sommes allés demander des conseils. Et, en toute humilité, la communauté de Tébèrè nous a prodigué des conseils. Et voici que nous sommes en train d’emboîter le pas à Tonsérè.

Quelles sont vos sources de financement ?

Vous savez, tout est question de mobilisation et d’engagement. Rien ne vaut une population éveillée et décidée. Nous avons d’abord sensibilisé les Forces vives du village qui ont apporté leurs modestes contributions. Nous avons tenu compte des personnes à revenus moyens, faibles et forts. C’est dans cette dynamique que les travaux se déroulent normalement à la grande satisfaction de la communauté qui a hâte de voir ce joyau inauguré.

D’aucuns ironisent que le peulh gagnerait à construire un enclos et de délimiter des zones de pâturage, que de construire une école.

C’est un raisonnement très plat dans la mesure où le peulh est un citoyen du Burkina Faso. Même s’ils le disent, cela relève d’une autre époque. Nous ne sommes pas à la marge du développement en cours. Tout un chacun doit se conformer à cette donne. De nos jours, pour être un bon éleveur ou agriculteur, il faut savoir lire, compter et écrire pour être en phase avec les nouvelles techniques d’élevage et d’agriculture.

Quelles sont vos principales motivations pour la construction de cette école ?

En réalité, l’histoire a démontré que le village de Tèbèrè a bel et bien une école. Dans les documents électoraux, c’est écrit : bureau de vote n°1, l’école de Tébèrè. Mais sur les lieux, c’est un neem qui s’y dresse. C’est là-bas que se font les votes et les rencontres.
Ce sont nos enfants qui ont voyagé à l’extérieur qui nous ont démontré le tort qui nous a été fait, il y a plusieurs années. Certains d’entre eux vont étudier à 5 ou 7 km dans les villages voisins. Par la suite, ils abandonnent ou virent à l’école coranique. Ce qui n’est pas du tout facile. S’il y avait une école, peut- être que les sinistrés des inondations auraient pu être hébergés en attendant qu’ils intègrent des lieux d’hébergement définitifs.
La nécessité d’une école à Tèbèrè s’impose et l’éducation est un droit fondamental pour tout les enfants. A Tèbèrè, plus de 250 enfants qui ont l’âge d’aller à l’école sont toujours à la maison. Ce n’est pas normal étant donné que cette faille peut se retourner contre nous.

Avez-vous bénéficié d’une aide quelconque des autorités ?

Depuis que nous avons démarré les travaux, c’est l’honorable député Daouda Simboro qui nous a rendu visite. Il nous a donné 2 tonnes de ciment, deux portes et des fenêtres. Nous le remercions à la hauteur de son sacrifice. Si les autorités pouvaient emboîter son exemple d’humilité, le développement ne serait qu’une lettre à la poste.

Qu’attendez-vous du gouvernement ?

Nos attentes sont multiples, mais les plus pressantes sont la construction de l’école en matériaux définitifs, un 2e forage pour le village qui en a un seul depuis 1984, un CSPS, du matériel de jardinage telle qu’une motopompe pour aider les femmes et les jeunes, un parc de vaccination à bétail, une formation sur les nouvelles techniques d’élevage et la construction d’un centre d’alphabétisation pour les adultes.

Votre mot de la fin ?

Notre dernier mot c’est de saluer vivement les plus hautes autorités et les supplier afin qu’elles aient une bonne inspiration pour s’occuper des villages les plus pauvres. Nous avons été oubliés à cause des préjugés inutiles. Aussi, elles doivent veiller au grain sur le terrain pour vérifier la réalisation des infrastructures publiques.
Que la paix règne au Burkina Faso !

Madi KEBRE (Correspondant)

 

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