ALPHA BARRY A PROPOS DU FINANCEMENT DU G5 SAHEL : « Ce n’est pas de la mendicité que nous faisons »  

ALPHA BARRY A PROPOS DU FINANCEMENT DU G5 SAHEL : « Ce n’est pas de la mendicité que nous faisons »   

 

Financement conséquent et pérenne du G5 Sahel, examen du rapport du secrétaire général des Nations unies ont constitué le menu principal du Conseil de sécurité spécial des Nations unies tenu le 30 octobre dernier, à New York. Et c’est pour faire le point de cette rencontre que Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, a échangé avec la presse le lundi 6 novembre 2017, audit ministère à Ouagadougou.

 

108 millions d’euros, soit plus de 70 milliards de F CFA, constituent le montant acquis par le G5 Sahel sur un besoin prévu de 423 millions d’euros, soit 270 470 000 000 de F CFA, pour la lutte contre le terrorisme. Et dans les 108 millions d’euros, il y a 50 millions d’euros qui constituent la part des cinq pays du G5 Sahel. C’est ce qu’a révélé à la presse, le 6 novembre dernier, Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur. Et d’ajouter que « nous sommes très loin du compte ». C’était au cours d’une conférence de presse pour faire le point du Conseil de sécurité spécial tenu à New York le 30 octobre 2017, sur la question du financement du G5 Sahel et le rapport du secrétaire général des Nations unies. A cette occasion, quatre ministres des Affaires étrangères, à savoir du Burkina, du Mali, du Niger et du Tchad et leur homologue de la Défense de la Mauritanie, ont montré l’importance de la sécurité dans leur région tout en soulignant qu’elle le sera pour toute la sous-région, le continent, l’Europe. Ce, après avoir fait une cartographie de l’évolution du terrorisme en partant de la Libye pour redescendre vers le Sud. L’une des bonnes nouvelles, nous apprend le ministre Alpha Barry, c’est la contribution des Etats-Unis avec un montant de 60 millions de dollars. Il fait savoir que les ministres ont eu des contacts bilatéraux à Washington où ils ont rencontré le secrétaire d’Etat américain et lui ont réitéré l’importance du financement du G5 Sahel. C’est dans ce cadre que le Burkina Faso a obtenu une contribution de 15 millions de dollars des Etats-Unis, indique-t-il, pour un appui à l’armée burkinabè.

L’étape qui semble la plus importante pour le G5 Sahel est le rendez-vous de Bruxelles prévu en principe le 14 novembre prochain et qui est celui des bailleurs de fonds pour le financement du G5 Sahel. A ce sujet, des institutions comme l’UEMOA, la CEDEAO, l’Union africaine ont été invitées à la rencontre des bailleurs de fonds et leur apport politique est très important. Et le premier responsable du département des Affaires étrangères de souligner que tous travaillent à boucler le financement des 423 millions d’Euros. Répondant à une question selon laquelle cela ressemble à de la mendicité, le ministre Alpha Barry déclare : « ce n’est pas de la mendicité que nous faisons. Nous posons un problème qui concerne l’humanité et que ceux qui ont les moyens fassent un effort ». Ajoutant que c’est un appel à la solidarité, parce que le Burkina Faso seul, tout comme un autre pays, n’y arrivera pas face au terrorisme. Et qu’adviendra-t-il si le G5 Sahel ne parvenait pas à boucler le financement ? En réaction, le

ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur souligne que même s’il n’y arrivait pas, « nous sommes obligés, chacun, d’assurer la défense de nos territoires et nos populations ». Tout en faisant savoir que les pays du G5 Sahel sont condamnés à engager cette guerre parce que, dit-il, les dégâts sont déjà énormes. Ainsi, il révèle qu’il y a trois semaines environ, les statistiques font ressortir que le Burkina Faso a enregistré huit attaques qui ont occasionné 133 morts avec, en plus, des écoles fermées dans la zone sahélienne qui font que 2 000 écoliers ne vont pas à l’école. Il a tenu à rappeler que la contribution de 50 millions d’euros du G5 Sahel soit 10 millions par pays, se calcule en termes de déploiement sur le terrain tout en insistant une fois de plus que l’agenda important du G5 Sahel, aujourd’hui, c’est Bruxelles face à la gravité des problèmes que les pays vivent.

Antoine BATTIONO

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