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AN 5 DE LA DETENTION DES FILLES DE CHIBOK. : La promesse de Buhari se fait toujours attendre

 

Le 14 avril 2019 aura été une triste date anniversaire pour certains Nigérians, pour ne pas dire pour le Nigeria tout entier. En effet, on se rappelle que c’est le 14 avril 2014 que la secte islamiste Boko Haram a enlevé 276 jeunes filles dans un lycée de Chibok dans le nord-est du Nigeria. Si l’enlèvement de ces lycéennes avait suscité l’émoi de la communauté internationale qui avait sonné la mobilisation autour du slogan «Bring back our girls », et l’engagement du président Muhammadu Buhari, de faire de leur libération, une priorité, cinq ans après, il y a toujours 112 filles entre les mains de leurs ravisseurs. L’Etat nigérian qui aura usé de tous les moyens, allant des opérations militaires aux offres d’échanges de prisonniers, n’a pas pu obtenir la libération de la totalité des 276 captives. C’est dire si malgré les stratégies déployées par le pays, les efforts au niveau mondial et les cris de désespoir des familles des victimes, Abubakar Shekau et ses adeptes continuent à rouler des mécaniques. En ce cinquième anniversaire, les parents dont les filles sont toujours entre les mains des terroristes, disent vivre un grand traumatisme car ils ne savent pas si leurs filles sont toujours en vie ou ont été envoyées ad patres par la secte islamiste Boko Haram. Leur inquiétude est d’autant plus grande que les autorités qui avaient promis de tout mettre en œuvre pour libérer ces filles, donnent l’impression d’être à présent préoccupées par autre chose.

Y a-t-il encore un espoir de retrouver la centaine de filles en captivité ?

Toujours est-il que les parents des lycéennes dénoncent un manque de transparence dans la gestion du dossier. Buhari est-il incapable de tenir sa promesse ? Y a-t-il encore espoir de retrouver la centaine de filles en captivité ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine, la douleur des parents des filles reste vive et intacte d’autant que la dynamique enclenchée au lendemain du rapt pour libérer les lycéennes, commence à s’émousser. Même les médias qui constituaient de solides soutiens des parents de ces filles, sont de moins en moins aphones. Quid de Boko Haram? Les rares communications livrées par le mouvement sur ces innocentes filles, sont loin de rassurer les parents des victimes. En effet, en début d’année 2018, l’organisation terroriste avait diffusé une vidéo montrant la plupart des jeunes filles déclarer qu’elles sont décidées à continuer le ‘’califat’’. Toute chose qui avait douché les espoirs de leurs parents. Pire, le sanguinaire Shekau avait affirmé haut et fort que certaines de ces jeunes filles avaient  été vendues comme esclaves sexuelles ou données de force en mariage. Si ces déclarations s’avèrent exactes, il faut craindre que certaines aient été transformées en kamikazes et ce, après avoir subi toutes sortes de sévices corporels et moraux. Beaucoup de ces filles pourraient avoir fini par épouser l’idéologie meurtrière de leurs geôliers, devenant ipso facto plus que des dangers publics pour la société. Toute chose qui pourrait avoir émoussé la volonté de Buhari de libérer la centaine de filles.

« Le Pays »

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