AN I DE LA CHUTE DE MUGABE

AN I DE LA CHUTE DE MUGABE

Quand l’euphorie fait place à la déception

Cela fait un an qu’acculé par une rue en colère et lâché de toutes parts, Robert Mugabe, le ci-devant président du Zimbabwe, quittait le pouvoir, et cela après trente-sept ans de règne sans partage. La suite, on la connaît. Comme toute fin de règne surtout quand celui-ci a été long, l’évènement avait été accueilli, on se rappelle, par des scènes de liesse. A Harare, comme dans les autres provinces du pays, les Zimbabwéens étaient sortis nombreux pour exprimer leur joie dans l’espoir de voir changé leur quotidien. Mais un an après, l’euphorie a fait place à la déception et au désenchantement ; tant le changement tant attendu n’aura pas eu lieu. Car sur le plan économique, la morosité est toujours ambiante si fait que très peu de Zimbabwéens arrivent à s’offrir le luxe de trois repas par jour. Les banques manquent de la liquidité pendant que l’inflation prend des proportions inquiétantes. Pendant ce temps, on assiste à des pénuries incessantes des denrées de première nécessité comme le pain, le sucre le riz et l’huile. En un mot comme en mille, le coût de la vie se renchérit chaque jour que Dieu fait. En tout cas, Emmerson Mnangagwa qui avait incarné beaucoup d’espoirs et dont le pouvoir a été légitimé un fin juillet dernier, dans les circonstances que l’on sait, n’a toujours pas répondu aux attentes de ses compatriotes dont certains, il faut le dire, commencent à regretter le vieux Bob. Et comme pour ne rien arranger, on assiste sur le plan sociopolitique à une remise en cause des libertés publiques sur fond de répression et d’arrestations d’opposants. En témoignent les violences pot-électorales qui avaient laissé six morts sur le carreau en début août dernier. En clair, tout se passe comme si Mugabe est parti sans être parti puisque son système est toujours en place. Toutefois, il faut le reconnaître, le président Mnangagwa a fait des progrès en procédant à l’arrestation de plusieurs hautes personnalités accusées de corruption mais, dans le fond, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une stratégie sur fond de règlements de comptes politiques, destinée à séduire les Occidentaux aux fins de s’attirer leurs bonnes grâces. Car, en fait de corruption, Mnangagwa est mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit ; lui qui, pendant plusieurs décennies, était considéré comme le bras droit de Robert Mugabe. N’est-ce pas lui qui, à ce qu’on dit, exécutait toutes les basses besognes de son ex-mentor et qui, aujourd’hui, se fait passer pour le plus vertueux de l’ex-Rhodésie du sud ?
Pour tout dire, un an après la chute de Mugabe, le visage du Zimbabwe n’a pas changé. Même si l’on reconnaît que le pays s’est ouvert davantage au reste du monde, de nombreux défis rentent à relever.

B.O

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