AN I DU DECES D’ETIENNE TSHISEKEDI : Même mort, le Vieux continue de faire peur

AN I DU DECES D’ETIENNE TSHISEKEDI  :  Même mort, le Vieux continue de faire peur

Un an après sa mort, le Sphinx de Limete n’a toujours pas été conduit à sa dernière demeure. En attendant la date de son inhumation repoussée aux calendes… congolaises, le vieil homme repose dans un funérarium à Bruxelles, en raison officiellement des divergences liées à l’organisation de ses obsèques entre le gouvernement congolais, sa famille biologique et sa famille politique. Le moins que l’on puisse dire, c’est  que la dépouille mortelle du Vieux est prise en otage du fait de la boulimie du pouvoir du président Joseph Kabila qui craint que le retour au bercail du corps d’Etienne Tshisékédi n’entraîne des troubles à l’ordre national et ne vienne doper la lutte de l’opposition contre son maintien au pouvoir. C’est dire que même mort, le vieux lion continue de faire peur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la posture du gouvernement congolais qui multiplie les obstacles sur le chemin du retour de la dépouille de l’ex-leader de l’UDPS au bercail, frise l’indécence. Et pour cause. D’abord, en tant qu’êtres humains, nous sommes tous appelés à subir l’épreuve de la mort et personne ne peut prévoir dans quelles conditions. C’est pourquoi la mort a toujours été l’occasion d’une trêve sociale, pour permettre à tous de prendre le départ pour l’au-delà, en toute dignité. Ensuite, en tant qu’Africains  attachés à nos us et coutumes, il est difficilement compréhensible que l’on empêche une famille et ses alliés de sacrifier au rituel des obsèques pour non seulement faire son deuil, mais aussi permettre, selon nos croyances, à l’âme du défunt de reposer en paix.

Kabila joue gros

Enfin, empêcher ainsi le retour de la dépouille mortelle de l’opposant emblématique dont l’histoire personnelle se confond à celle du pays sur sa terre natale, est un grave déni. De ce qui précède, l’on peut se demander si les membres de l’Exécutif congolais et tous les Raspoutine qui arpentent les arcanes du Palais de marbre de Kinshasa, connaissent la honte ou craignent encore Dieu. L’on peut, sans doute, répondre par la négative, tant  ils agissent comme s’ils n’étaient pas des mortels. Mais pouvait-il en être autrement pour des gens qui n’ont pas hésité à réprimer des manifestants jusqu’au cœur même de la nef des cathédrales ? En tout état de cause, Kabila devrait faire attention, quand on sait que la malédiction des morts, en Afrique, est impitoyable et cela est d’autant plus à prendre au sérieux que Kabila joue gros. Cela dit, l’on pourrait même se poser la question de savoir si le gouvernement se soucie des conséquences de cette prise en otage du corps d’Etienne Tshisékédi. Car, non seulement la famille souffre le martyre moralement, mais elle se ruine aussi financièrement dans la conservation du cadavre qui se chiffre déjà à quelque 16 000 euros. C’est à se demander si Kabila, au-delà de l’étroitesse d’esprit dont il fait montre en s’acharnant sur le corps d’un ennemi mort sur le champ de bataille, ne veut pas user des malheurs de la famille Tshisékédi pour la contraindre à courber l’échine, bradant ainsi le principal legs politique du Vieux que sont la constance et l’engagement pour l’alternance politique.

SAHO 

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