APPEL A LA DEMISSION DE JACOB ZUMA : La COSATU en avait gros sur le coeur

APPEL A LA DEMISSION DE JACOB ZUMA : La COSATU en avait gros sur le coeur

L’Afrique du Sud a un nouveau gouvernement. En effet, à la faveur d’un remaniement ministériel, le président Jacob Zuma a procédé au remplacement de dix ministres et de neuf ministres délégués. A l’occasion, le ci-devant ministre des Finances, Pravin Gordhan, nommé en février 2017, a été remercié. De quoi provoquer une véritable onde de choc dans la mesure où Pravin Gordhan était jusque-là considéré comme l’ultime rempart à la mainmise sur l’économie, par les proches du chef de l’Etat. Et c’est peu dire. Car, Jacob Zuma, déjà mis en cause dans une série de scandales de corruption, voudrait encore focaliser les attentions sur sa personne qu’il ne s’y prendrait pas autrement. D’autant plus que l’homme,  quelques heures avant l’annonce officielle de la composition de sa nouvelle équipe gouvernementale, était déjà sous les feux de la rampe, notamment au cours de l’inhumation d’Ahmed Katharla, qui avait pris les allures d’un meeting anti-Zuma. Ce fut d’ailleurs d’une  extrême humiliation, puisque tout le monde y était, excepté Jacob Zuma à qui le défunt, quelques heures avant de rendre le dernier souffle, avait demandé de ne pas prendre part à ses obsèques. Cela est dû au fait que Zuma, par ses pitreries et ses excentricités, s’est montré indigne du grade de chef de l’Etat et incapable de chausser les bottes de Nelson Mandela que le sieur Karthala vient de rejoindre  dans l’au-delà. Tant et si bien qu’il a fini par exaspérer tous ses soutiens. En effet même la COSATU, la puissante centrale syndicale, dans un communiqué publié hier, 4 avril, a fini par demander au président Zuma de rendre le tablier ; estimant qu’il n’est plus digne de confiance. Bref, pour en revenir au remaniement ministériel, on peut dire sans risque de se tromper, qu’il ne visait  qu’un seul objectif : écarter le ministre des Finances, Pravin Gordhan  dont on dit qu’il avait été imposé à Zuma par des courants adverses au sein du Congrès national africain (ANC).

Pitié pour la Nation Arc-en-ciel !

Certes, la formation d’un gouvernement, on le sait, relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat, mais le constat qui se dégage, dans le cas d’espèce, est que Zuma a choisi de se séparer de tous ses ministres qui, face à ses dérives sans cesse répétées, s’étaient montrés de plus en plus critiques. Franchement, pour le cas de l’Afrique du Sud, c’est beaucoup moins d’autres personnes que Zuma lui-même, qui posent problème. Un Zuma qui, visiblement cuirassé contre la critique, en fait toujours à sa tête. Il est prêt à tout pour défendre ses propres intérêts, peu importe si cela heurte la conscience populaire. C’est ce qui explique que de plus en plus des voix s’élèvent même au sein de l’ANC, pour décrier sa gouvernance. C’est le cas du  vice-président du parti, Cyril Ramaphosa, qui se dit opposé à ce remaniement ministériel qui met au centre de la gestion des affaires, des « dirigeants peu qualifiés aux origines souvent provinciales ». Pitié donc pour la Nation Arc-en-ciel ! Car, en un mot comme en mille, Jacob Zuma, à travers ce remaniement pour le moins inopportun, vient  d’instaurer  une kleptocratie en Afrique du Sud, avec pour objectif de s’attaquer à tous les pans de l’économie. Or, l’Etat sud-africain était déjà en proie à une forme de pillage ; en témoignent l’attribution des marchés publics à des individus « bien connectés », et des détournements constatés dans bien des entreprises parapubliques. Mais que faire ? Car, rien, jusque-là, ne semble arrêter Zuma.

Boundi OUOBA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+