HomeFocusAPPEL DU PREMIER MINISTRE MALIEN A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE :Quand on vous lave le dos, il faut savoir vous laver le ventre

APPEL DU PREMIER MINISTRE MALIEN A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE :Quand on vous lave le dos, il faut savoir vous laver le ventre


Alors que les soldats de la force onusienne déplorent encore la perte brutale de 9 d’entre eux, tous issus du contingent nigérien, à la suite d’une attaque terroriste, des obus de mortiers se sont à nouveau abattus sur ce même camp qui abrite les soldats de la MUNISMA, occasionnant cette fois-ci la mort d’un soldat sénégalais. Ainsi, la saga macabre des Djihadistes se poursuit à Kidal, leur ville de prédilection. Il n’y a pas longtemps, le Burkina Faso pleurait deux de ses fils, tombés sous les balles assassines des mêmes Djihadistes. Puis, tour à tour, des Tchadiens, des Nigériens, et maintenant un Sénégalais, sont tombés, tous, par devoir de solidarité envers le peuple malien.

 

Quand on vous lave le dos, il faut faire l’effort de vous laver le ventre

 

Face à cette remontée en puissance des actions djihadistes, tout porte à croire que les choses sont en train de retourner à la case départ et que les forces internationales sont en train de perdre du terrain. On a l’impression que les djihadistes ont mis à profit le temps de répit qui a suivi les frappes de Serval, pour se réorganiser et surtout se réarmer, pendant que du côté des forces internationales, on  semble plutôt se reposer sur ses lauriers. C’est dans ce contexte que le Premier ministre malien, Moussa Mara, a demandé à la communauté internationale de montrer plus de fermeté à l’endroit des groupes islamistes du Nord de son pays. Une demande qui semble avoir reçu un écho favorable puisque le Conseil de sécurité de l’ONU a promis de renforcer le nombre des soldats sur le terrain, leurs équipements ainsi que le mandat de la MINUSMA. Et il faut souhaiter que cette promesse se concrétise au plus vite afin de permettre aux soldats de mieux faire face aux assauts des djihadistes. Cela dit, personne ne conteste la justesse de cette sortie de Mara, mais elle suscite des interrogations en ce qui concerne l’effort personnel des Maliens, dans cette guerre qui les concerne au premier chef. Pourquoi l’armée malienne est-elle invisible sur les champs de bataille ? Aurait-elle décidé de confier la défense du territoire malien aux troupes étrangères, pendant qu’elle- même se la coule douce à l’ombre des cailcédrats des casernes de Bamako ?  Moussa  Mara aurait été plus logique dans sa démarche s’il avait invité en premier lieu l’armée malienne à enfiler ses « rangers » et rejoindre ses frères d’armes de la MINUSMA. Quand on vous lave le dos, il faut faire l’effort de vous laver le ventre. A quoi servent ces chaussettes acquises à 10 000  F CFA la paire si c’est juste pour parader dans les rues de Bamako pendant que des soldats étrangers meurent chaque jour pour sécuriser le Mali ?

 

La bienséance voudrait que le gouvernement malien donne l’exemple de patriotisme

 

Il faut une gestion équitable des ressources humaines sur le terrain et les soldats maliens devraient être fiers d’ouvrir la marche des troupes dans la reconquête des territoires perdus du Nord. La bienséance voudrait en effet, que le gouvernement malien dont Moussa Mara est le premier responsable, donne l’exemple de patriotisme et de sacrifice. Mais au lieu de cela, le gouvernement Mara s’illustre par des scandales dans la gestion des ressources financières du pays.

Cela dit, le retour des forces islamistes  dans le nord du Mali ne peut être traité indépendamment de la lutte contre l’organisation de l’Etat islamique, qui semble mobiliser toutes les armées  occidentales en ce moment. Il ne faut pourtant pas oublier que des passerelles sont établies chaque jour entre ces forces du mal et qu’en renvoyant la question du Nord-Mali aux oubliettes, les Occidentaux se mettent sérieusement le doigt dans l’œil ; le terrorisme d’obédience islamiste est une pieuvre dont il faut combattre toutes les tentacules au même moment. Par ailleurs, Bamako devrait commencer à se poser des questions sur le silence du MNLA concernant les attaques islamistes contre le camp de la MINUSMA. Ce silence est-il la preuve de sa complicité avec les djihadistes ou signifie-t-il simplement qu’il approuve leur comportement ?

 

Dieudonné  MAKIENI


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