APPELS A DES ELECTIONS INCLUSIVES EN RDC

APPELS A DES ELECTIONS INCLUSIVES EN RDC

 L’entêtement « bovin » de Kabila

Il est décidé à chercher des noises à l’opposant congolais, Moïse Kutumbi, en exil depuis près de deux ans. C’est à se demander s’il n’en a pas fait un combat personnel. En effet, le ministre d’Etat en charge de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, dans une correspondance adressée au procureur général près la Cour de cassation, parle d’une liste transmise à la Commission électorale aux fins d’invalider tous les candidats disposant d’une double nationalité. Et ce n’est pas tout. Le Garde des Sceaux congolais évoque de possibles dénonciations et recommande « des poursuites contre toute personne qui, au mépris de la loi, aura déposé sa candidature et se sera fait élire ». Qui vise-t-il ? On n’a pas besoin d’une boule de cristal pour répondre à cette question. Car, parlant de double nationalité, la première personne en ligne de mire, n’est autre que l’ancien gouverneur du Katanga, en la personne de Moïse Katumbi, que les autorités congolaises ont empêché d’entrer au pays pour faire acte de candidature pour le scrutin du 23  décembre prochain. Soupçonné d’avoir les nationalités congolaise et italienne, Katumbi se trouve bloqué à la frontière zambienne, alors même que, dit le ministre Alexis Thambwe Mwamba, il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international contre lui lancé par la Justice congolaise. Paradoxal tout de même !

Car, comment un prévenu recherché par la Justice de son pays et décidé à faire face aux  risques qu’il encourt une fois de retour au bercail, peut-il être  empêché de rentrer ? Une telle manière de faire paraît pour le moins suspecte, tant elle frise la peur et le règlement de comptes.

Kabila est resté sourd

En fait, on ne le sait que trop bien. Le président Joseph Kabila n’ayant jamais digéré la défection du richissime homme d’affaires bien aimé du Katanga, fait feu de tout bois pour l’écarter de la course à la prochaine présidentielle ; histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce. On imagine aisément que c’est pour empêcher Katumbi de se présenter à la fois aux provinciales et sénatoriales, que le ministre congolais de la Justice préconise ces poursuites judiciaires. Mais en le faisant, il rame, à en croire certains opposants, à contre-courant des textes, puisque disent-ils, le Garde des Sceaux lui-même « continue de distribuer des arrêtés de recouvrement de la nationalité sans passer par le Conseil des ministres, ni s’assurer que le bénéficiaire a, en même temps, perdu la nationalité étrangère conformément à la législation du pays ». Et puis, soyons sérieux. En  quoi Katumbi serait-il plus  reprochable, plus renégat que tous ces intellectuels « pourris » et autres politiciens véreux qui entourent le grand chef et qui auraient certainement eu à rendre des comptes à une Justice crédible  si on ne nageait pas en plein Gondwana ? Heureusement qu’il existe une justice immanente !

De toute évidence, la sortie du ministre en charge de la Justice est, pour le moins, maladroite d’autant qu’elle intervient à une période de suspicion sur fond de règlements de comptes politiques.  La démarche aurait eu tout son sens et son objectivité si elle avait été entreprise plus tôt. C’est dire qu’en dépit des appels de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la Conférence épiscopale nationale du Congo et d’une partie de la classe politique congolaise, à l’organisation d’élections inclusives, Kabila est resté sourd. Comme quoi, le chien aboie, la caravane passe. Pourtant, tout le monde  ou presque avait salué sa décision de renoncer à un troisième mandat, toute chose qui devait contribuer à faire retomber le mercure social en RDC. Mais c’était mal connaître Kabila, qui observe un entêtement sans précédent.

Boundi OUOBA  

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+