ARRESTATION DE AUGUSTE BARRY : Que toute la lumière soit faite !

ARRESTATION DE AUGUSTE BARRY : Que toute la lumière soit faite !

L’une des informations qui a fait le buzz en cette fin d’année 2017 au Burkina Faso, est l’interpellation, le 29 décembre dernier, de l’ancien ministre de la Sécurité sous la Transition, Auguste Denise Barry. L’information s’est répandue comme une traînée de poudre au sein de la population où la surprise le disputait à l’incrédulité, avant d’être confirmée par le ministre de la Communication, porte-parole  du gouvernement, au sortir du dernier Conseil des ministres de l’année écoulée, en des termes qui ne donnaient pas trop de précisions sur les motifs de cette interpellation. Quelques jours plus tard, l’on apprendra qu’il s’agit d’une tentative de « déstabilisation du pouvoir », sans plus. Mais une semaine après, les Burkinabè ne sont pas véritablement situés et continuent de s’interroger, d’autant plus que depuis le 4 janvier dernier, l’intéressé croupit à la Maison d’arrêt et de correction des Armées (MACA).

Le gouvernement devrait  éviter de laisser libre cours aux supputations

C’est pourquoi il y a lieu de souhaiter que toute la lumière soit faite, afin d’éclairer les Burkinabè sur les tenants et les aboutissants de cette affaire qui risque certainement de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Et pour cause. Auguste Denise n’est pas n’importe  qui au pays des Hommes intègres. En effet, au sortir d’une Transition plutôt mouvementée, l’on ne peut pas dire que l’ex-ministre de la Sécurité ait vraiment gardé des atomes crochus avec ses frères d’armes. Et l’on se rappelle encore l’affaire du Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) qu’il a mis en place et qui lui a valu de se mettre en marge de la Grande muette. Cela, on s’en souvient, n’a pas non plus contribué à resserrer les liens entre lui et ses supérieurs hiérarchiques d’une part, ni même avec les nouvelles autorités d’autre part. Mais en privilégiant malgré tout le CESDS au détriment de ses fonctions dans la Grande muette, Barry lui-même savait qu’il marchait sur des œufs et que la moindre erreur pourrait lui valoir des ennuis. Et c’est ce qui semble arriver. Mais pour lever toute équivoque, le gouvernement devrait soigner sa communication sur le sujet afin d’éviter de laisser libre cours aux supputations de toutes sortes, qui pourraient contribuer à détériorer le climat social. Surtout que des voix s’élèvent de plus en plus pour  accuser le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) de trahison envers les idéaux de l’insurrection populaire dont Auguste Barry demeure, quoi qu’on dise, l’un des symboles pour le rôle déterminant qu’il a joué sous la Transition dirigée par le président Michel Kafando et le Premier ministre Yacouba Isaac Zida. Déjà, certains y voient ni plus ni moins que des règlements de comptes du pouvoir en place, par Auguste Denise Barry interposé, avec l’ancien PM de la Transition dont on sait qu’il n’est plus en odeur de sainteté avec les autorités actuelles. Et ils sont nombreux à douter qu’après l’épisode du putsch manqué du Général Gilbert Diendéré, le patron du CESDS ait pu encore s’essayer à un coup d’Etat contre le pouvoir en place. C’est pourquoi les autorités gagneraient à donner du contenu à la « tentative de déstabilisation » dont Barry est soupçonné, pour situer au plus vite l’opinion publique.

Plus vite le mystère sera levé sur cette affaire, mieux cela vaudra

Car, en plus de la confusion que cette terminologie crée dans certains esprits, il se susurre que la structure que dirige l’homme, s’apprêtait à rendre public un rapport plutôt dérangeant  pour le pouvoir en place, qui comporterait des révélations sur les failles du système sécuritaire du pays. Ceci expliquerait-il donc cela ? En tout cas,  il paraît plutôt troublant qu’il ait été interpellé à la veille de la publication du rapport. Il appartient donc aux autorités de situer les Burkinabè. D’autant plus que d’autres sources soutiennent que les déboires actuels de l’ex-ministre de la Sécurité n’ont rien à voir avec la structure qu’il dirige. Autrement, il aurait pu être inquiété depuis fort longtemps. C’est donc dire qu’il a pu prêter le flanc. Mais où ? On attend que la lumière soit faite. Il appartient donc à la Justice de fixer les Burkinabè, et le plus tôt serait le mieux. Car, ce qu’il faut craindre, c’est une récupération politique de cette affaire qui pourrait polluer l’atmosphère sociopolitique au Burkina. Surtout que d’aucuns se demandent si au sein de la hiérarchie militaire où il ne compte pas que des amis, certains ne tirent pas les ficelles dans l’ombre à l’effet de lui rembourser la monnaie de sa pièce, au moment où il était tout puisant ministre de la Sécurité dans le gouvernement Zida. En tous les cas, il n’est un secret pour personne qu’une partie de la population a depuis fort longtemps pris fait et cause pour les acteurs de la Transition. Et il serait regrettable de laisser l’atmosphère sociopolitique se dégrader par manque d’informations.

En tout état de cause, plus vite le mystère sera levé sur cette affaire, mieux cela vaudra. Surtout pour le pouvoir du président Roch qui n’a pas besoin d’ouvrir un autre « front », au moment où la question sécuritaire et  autres revendications sociales restent toujours d’actualité. D’un autre côté, l’on peut être porté à croire que le CESDS connaît ces ennuis pour avoir voulu se placer en structure indépendante  du système sécuritaire d’Etat ; ce qui pourrait expliquer que son patron soit aujourd’hui dans le collimateur du pouvoir.   En tout cas, il y a fort à parier que si la collaboration entre les deux structures s’était faite en bonne intelligence, l’on n’en serait peut-être pas à la situation d’aujourd’hui. En attendant, il faut espérer que cette interpellation n’ait pas de répercussions fâcheuses sur la cohésion nationale ni sur la sécurité des Burkinabè.

« Le Pays »

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2 Commentaires

  1. Bély

    Vivement que toute la lumière soit faite. Le peuple a besoin d’être informé. Et si vraiment les faits sont établis sans aucune considération politique, pourquoi ne pas les faire savoir? Cela est à notre avis un gage de bonne démocratie et de transparence.
    Quoique l’on dise, la Transition a tenu à certains égards son pari malgré quelques imperfections.
    Vive le Burkina Faso uni, vive la démocratie dans notre pays.

    N’étalons pas nos entrailles pour que les rapaces s’en repaissent!

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  2. Nestor Mesmin

    Le combat victorieux des gendarmes de la brigade de Kelbo, vers la ville de Djibo,le 6 janvier 2018 est à saluer. Les gendarmes ont ainsi démontré leur courage et professionnalisme en abattant un terroriste et capturant 2 autres dans leur fuite ignoble. Bravo aux gendarmes et aux Forces de défense et de sécurité(FDS), qui ont mené une traque réussie contre ces terroristes qui agissent par intermittence. C’est une preuve concrète du niveau haut du moral des forces de sécurité, comme elles l’ont signifié au ministre d’Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré, lors de ses tournées dans les commissariats de police et brigades de gendarmerie sur le territoire national. Le ministre de la sécurité est à encourager pour ses actions au sein du gouvernement et auprès des partenaires techniques et financiers pour l’équipement progressif et adéquat des forces de sécurité. Une action bien soutenue par le président du Faso Roch Kaboré, qui multiplie les recherches de moyens pour le G5 Sahel. Les Burkinabè sont de plus en plus fiers et reconnaissants vis-à-vis des FDS, qui veillent à la sécurisation accrue du pays face au fléau mondial du terrorisme.

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