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 ARRESTATION DE MAURICE KAMTO AU CAMEROUN

Le régime répressif de Biya toujours égal à lui-même

La météo sociopolitique est très mauvaise au Cameroun, pays de Paul Biya. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, pendant que les armes crépitent au Nord, on arrête à tour de bras au Sud. A preuve, 117 personnes qui manifestaient le week-end dernier contre le pouvoir de Biya, ont été arrêtées dans plusieurs villes du pays. Et au moins six autres personnes ont été blessées dont l’avocate, Michèle Nkodi, par ailleurs première vice-présidente du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Et ce n’est pas tout. Le président dudit parti, Maurice Kamto, arrivé, à ce qu’on dit, deuxième à la présidentielle d’octobre 2018, a été, lui aussi, arrêté en compagnie de ses lieutenants dont le trésorier du MRC. Rappelons que Maurice Kamto est l’initiateur de manifestations contre le pouvoir en place qu’il accuse d’avoir volé sa victoire à la dernière présidentielle. Vrai ou faux ? Difficile d’y répondre. Car, on est au pays de Biya où la transparence des élections a toujours été sujette à caution. Certes, on peut dire de Kamto qu’il mène un combat d’arrière-garde dans la mesure où la victoire du président Biya a été validée par la plus haute juridiction du Cameroun. Mais, quoi qu’on puisse dire de cette réélection, on ne peut dénier le droit à Kamto de manifester pour autant que cela se fasse dans le respect de règles de la République. Du reste,  pouvait-il faire autrement quand on sait les conditions dans lesquelles a été renouvelé le bail de Biya au palais d’Etoudi ? Assurément, non ! Car, on ne peut pas exiger des autres qu’ils se montrent républicains alors qu’on passe soi-même pour un incitateur de la délinquance électorale.

Le président Biya se trompe de combat

En tout cas, en procédant à l’arrestation de l’opposant Maurice Kamto et certains de ses militants, le régime de Biya, connu pour être répressif,  reste toujours égal à lui-même. Pour l’instant, on attend de voir les chefs d’accusation ou d’inculpation que le ministère public camerounais retiendra contre celui-là que l’on présente comme le poil à gratter de Biya.

En pareille occurrence, le champ lexical est connu : atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, appel à la sédition, etc. En tout cas, autant le Gabon a eu son Jean Ping, la RDC son Martin Fayulu, autant le Cameroun a désormais son Maurice Kamto. Si fait que l’on en vient à se poser la question suivante : à quoi sert-il d’organiser des élections dans certains pays d’Afrique ?

Cela dit, pour revenir au cas précis du Cameroun, on a envie de dire que le président Biya, en s’acharnant sur de pauvres opposants, se trompe de combat. Car, le plus urgent pour le Cameroun actuellement, est d’éteindre le feu qui couve sous les cendres au Nord et de mettre fin aux incursions meurtrières de Boko Haram dans le pays. C’est sur ces chantiers que l’attendent ses compatriotes qui, de répression lasse, en ont gros sur le cœur ; d’où   le saccage, par des manifestants, de l’ambassade du Cameroun à Paris, le 28 janvier dernier.

Boundi OUOBA 

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