ARRIVEE DE LA DEPOUILLE MORTELLE DU PRESIDENT SALIFOU DIALLO : Tristesse et consternation au domicile du défunt à Ouaga 200

ARRIVEE DE LA DEPOUILLE MORTELLE DU PRESIDENT SALIFOU DIALLO : Tristesse  et consternation au domicile du défunt à Ouaga 200

La dépouille mortelle du président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, est arrivée hier 23 août à 18h, à son domicile sis à Ouaga 2000. Parents, amis et connaissances étaient installées, sous des tentes à cet effet, attendant silencieusement le cortège funèbre devant venir de l’aéroport. C’est finalement aux environs de 18h que la dépouille est arrivée sous une forte pluie qui a commencé depuis 15h. C’est dans la tristesse et l’émotion que parents, amis et connaissances ont accueilli la dépouille mortelle de Salifou Diallo.

Tristesse et consternation ! C’est ce que l’on pouvait constater au domicile de celui-là même qu’on appellera désormais, le défunt président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, dans l’après-midi du 23 août 2017. En effet, parents, amis, compagnons de lutte et connaissances y étaient, pas pour accueillir le maître des lieux, mais sa dépouille mortelle. Malgré la forte pluie qui avait commencé depuis 15h, la mobilisation était celle des grands jours. Sur les visages, se lisaient la désolation et la tristesse.
C’est aux environs de 18h que le cortège funèbre conduit par le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, et plusieurs membres du gouvernement, est arrivé au domicile de Salifou Diallo sis à Ouaga 2000. Les députés, eux, étaient déjà installés un peu plus tôt. Le cercueil a été transporté dans la concession par des jeunes aidés par quelques hommes de tenue. Avant de conduire le défunt dans sa chambre, il a reçu les honneurs militaires de la Garde rouge.
Mouchoirs en main, plusieurs personnalités se sont recueillies devant le défunt, mais beaucoup n’ont pas pu retenir leurs larmes et certaines hautes personnalités ont été simplement conduites hors de la concession parce que totalement effondrées après le recueillement. C’est presqu’en sanglots que certains s’adressaient aux journalistes présents sur les lieux. Venus du monde entier pour rendre un dernier hommage à l’illustre disparu, plusieurs dizaines de jeunes habillés en tee-shirts blancs ont suivi le cortège jusqu’au domicile. On pouvait lire sur ces tee-shirts : « Gorba, la jeunesse te dit merci » ; « le temps n’efface pas les traces d’un grand homme » ; « les grands hommes ne meurent pas, ils s’éclipsent pour laisser leurs idées mûrir » ; « vaillant combattant de la démocratie, nous saluons ta mémoire » ; « tu n’es plus là où tu étais, mais Gorba, tu es partout où nous sommes ». Des hommages dus à son rang lui ont été rendus par tous. C’est aux environs de 18h 30 que plusieurs personnalités ont commencé à quitter le domicile pour laisser place à la veillée funèbre.

Jonas B. SALOU

 

Jacob Ouédraogo, ministre de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques

« C’était un homme d’action »

« Je suis là à double titre : en tant que ministre, mais aussi en tant que membre de la famille. Nous sommes émus par le départ de notre frère, pour son repos céleste. Nous voulons remercier toutes les personnes qui sont venues pour pleurer avec nous, nous consoler et nous soutenir dans ces moments difficiles. Je voudrais dire que par les témoignages que nous avons entendus de notre frère, homme d’Etat, nous avons compris que c’était un homme d’action, un homme de décision, courageux, qui a lutté pour le développement jusqu’à sa mort. Cela nous soulage et interpelle chacun de nous, la jeunesse, les femmes, à se lancer dans le combat. Sinon, nous ne pourrons pas sortir du sous-développement. C’est un message très fort qu’il nous laisse, c’est un message que nous devons nous approprier et avancer avec sérénité pour l’avenir de notre pays. »

 

Moussa Zerbo, député UPC

« Il avait une vision pour l’Assemblée nationale »

« Il faut d’abord dire que c’est quelqu’un qui aimait ce qu’il faisait à l’Assemblée nationale. Nous avons eu la chance de travailler avec lui. Il faut dire que c’est une grande perte pour nous. Il faut avoir le courage de le dire dans la mesure où il faisait vraiment ce qu’il avait à faire. Il avait une vision pour l’Assemblée nationale et tout ce que nous pouvons retenir, c’est qu’il était quelqu’un qui aimait son travail. C’est un hommage mérité qui lui est rendu aujourd’hui, par la mobilisation. 30 ans de vie politique, ce n’est pas 30 jours. »

 

Vincent Dabilgou, président du NTD

« C’était lui qui était notre guide en matière de formation politique et idéologique dans le cadre des CDR »

« Salifou Diallo est assurément un grand homme. Ma petite expérience politique m’a permis de le connaître dans les années 1983, avec la révolution d’août. A l’époque, j’étais en terminale et c’était lui qui était notre guide en matière de formation politique et idéologique dans le cadre des CDR. Depuis, j’ai appris à connaître l’homme et j’ai su suivre ses pas dans sa capacité à être au cœur de l’action politique. D’abord au niveau des structures populaires, mais aussi au niveau de son parti, à l’époque l’ODP/MT, où j’ai su comprendre avec lui qu’il avait du talent en matière de formation politique. Il est au cœur de l’action politique de notre pays. Depuis l’aéroport jusqu’à son domicile, je suis venu, en tant que Burkinabè, mais aussi en tant que représentant d’une formation politique, le NTD, témoigner de cette richesse d’un homme qui, de mon point de vue, a marqué l’histoire du Burkina. Il est pour moi un exemple de ce que nous, hommes politiques, devons suivre comme étant un repère. »

Marie Isabelle Ouédraogo/ Zongo, députée MPP et secrétaire générale des femmes MPP du Kadiogo

« Il a toujours œuvré pour l’autonomisation économique de la femme »

« Nous avions de très bons rapports parce que c’était un homme qui collaborait avec tout le monde. C’était un grand rassembleur, un grand leader qui se mettait toujours devant. Quand il voulait faire quelque chose, il montrait toujours l’exemple. Nous pleurons un grand leader, un grand politicien, un grand leader pour le développement du Burkina Faso. C’était quelqu’un qui voulait le développement du Burkina Faso. Il n’a jamais oublié les femmes. Chaque fois, il parlait des femmes. Il parlait toujours des activités génératrices de revenus pour les femmes. Il a toujours œuvré pour l’autonomisation économique de la femme. Il est parti en nous laissant des projets, parce que nous préparions une grande rencontre des femmes des pays membres de la CEDEAO. Nous avons tenu notre dernière réunion et il est parti. »

Légende 9 : Marie Isabelle Ouédraogo/Zongo

Propos recueillis par Issa SIGUIRE et Jonas B. SALOU

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