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ASSASSINAT DE CLAUDE VERLON ET GHISLAINE DUPONT

 

Le jeu du clair-obscur de François Hollande

Saura-t-on un jour la vérité sur la mort de Claude Verlon et Ghislaine Dupont, du nom de ces deux journalistes français assassinés, le 2 novembre 2013, dans le Nord-Mali, près de Kidal ? On est tenté de répondre par l’affirmative avec, tout de même, un brin de scepticisme. Ce sophisme traduit à quel point le dossier est épineux et complexe si bien qu’il est à se demander si la lumière tant attendue ne sera qu’un clair-obscur au fil du temps. Cinq ans après cet odieux assassinat, on a l’impression que tout est fait pour que la lumière ne se fasse jamais sur cette affaire contre laquelle joue donc énormément le temps. Or, tout porte à croire que l’Elysée et le ministère de la Défense en savent beaucoup plus sur ce qui s’est passé le 2 novembre 2013 dans le septentrion malien. Pourquoi alors ont-ils décidé de garder le silence ? Que veulent-ils cacher aux parents des victimes qui ne demandent qu’à connaître la vérité afin de faire leur deuil ? Autre chose : une centaine de documents confidentiels  ont été déclassifiés par le ministère français de la Défense. Là aussi, «beaucoup de passages ont été blanchis, raturés et tronqués» si bien qu’ils ne sont pas juridiquement faciles à exploiter. C’est donc clair, l’omerta est entretenue au plus haut sommet de l’Etat français. Tout semble, en effet, mis en œuvre pour rendre la tâche difficile à la Justice qui, après cinq ans d’investigations, donne elle-même l’impression d’être profondément désemparée.

C’est tout cela qui semble agacer Marie Dosé, l’avocate de l’association des «Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon», qui, on se rappelle, avait formulé auprès du juge, le mardi 6 novembre dernier, une demande d’audition du chef de l’Etat français, au moment des faits, c’est-à-dire François Hollande.

Tôt ou tard, l’on saura ce qui s’est réellement passé

L’avocate, estimant que les sorties médiatiques de l’ancien président français qui avait le devoir légal de protéger ses deux compatriotes journalistes, donnent à croire qu’il en sait beaucoup sur cet assassinat, souhaite qu’il fasse avancer le travail d’enquête en disant au juge instructeur, sa part de vérité. Certes, le cri du cœur de l’avocate a été entendu puisque François Hollande a été finalement entendu, le 11 janvier dernier, par le juge d’instruction. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le successeur de Nicolas Sarkozy a été moins affirmatif, se contentant de regretter de « mauvaises interprétations ». Il a opté pour la stratégie du clair-obscur. Tout se passe, en effet, comme si  Hollande, craignant de s’attirer des problèmes, refuse de dire ce qu’il sait de cette affaire à la Justice, avec le risque de voir sa cote de popularité prendre un coup au sein de  l’opinion française alors que ce qu’il dit à la presse est déjà connu de tous. Dans ce cas, il faut convenir avec Me Marie Dosé qu’il lui faut arrêter de parler, d’autant que  ses sorties médiatiques ne font qu’en rajouter à la douleur des parents des victimes qui attendent de savoir la vérité. Toujours est-il que tôt ou tard, l’on saura ce qui s’est réellement passé. Car, comme le dit un adage populaire, « un cadavre remonte toujours à la surface de l’eau»

« Le Pays »

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