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ASSASSINAT DE NORBERT ZONGO : 20 ans après, la vérité se fait toujours attendre

Hier, 13 décembre 2018, marquait le vingtième anniversaire de la disparition tragique de Norbert Zongo et de ses trois compagnons. C’était sur la route de Sapouy où leurs corps ont été retrouvés calcinés et carbonisés. Que s’était-il passé ? Voilà vingt ans que l’on cherche sans connaître exactement les raisons de ce drame qui, rappelons-le, avait indigné plus d’un et provoqué une clameur sans précédent. Saisie en son temps, la Justice, après quelques années d’hésitations et de balbutiements, avait fini par conclure à un non-lieu. Ce qui laissait croire que Norbert Zongo et ses compagnons étaient morts des suites d’un grave accident de la circulation. Or, on le sait, tout ou presque laissait croire qu’il s’agissait d’un assassinat savamment orchestré. Par qui ? Difficile d’y répondre puisqu’après vingt ans, on continue de chercher les coupables. Ce que je sais, c’est qu’à la faveur de l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a mis fin au régime sans partage de Blaise Compaoré, les lignes ont commencé à bouger. Car le dossier Norbert Zongo a été rouvert. Des suspects ont été inculpés. Et mieux, un mandat d’arrêt international a été lancé contre celui-là que l’on présente à tort ou à raison comme étant le commanditaire de cet assassinant. Il s’agit de François Compaoré, pour ne pas le nommer, dont l’extradition, si la Cour de cassation de Paris ne trouve pas à redire, pourrait intervenir d’un moment à l’autre. Ne me demandez pas quand. Car la justice, comme on le sait, a ses lenteurs et pesanteurs dont elle seule connaît le secret. Du reste, je sait seulement qu’après le parquet général, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris s’est dit aussi favorable à la demande d’extradition de celui-là que l’on appelait le « petit président », soumise par les autorités burkinabè.

 

Tôt ou tard, on connaîtra les assassins de Norbert Zongo

 

Moi, personnellement, je n’ai rien contre François Compaoré. Je ne le connais même pas, en dehors du fait que, comme bien des Burkinabè, je le voyais à la télé au moment où il faisait la pluie et le beau temps. Mais je pense que s’il n’a rien à se reprocher comme il le dit, il gagnerait à venir répondre devant la Justice burkinabè qui, pour l’instant, n’en demande pas plus. Cela permettra d’en savoir plus sur ce dont  on l’accuse. Et je parie que s’il en sort blanchi, cela le grandirait sur tous les plans et rabattrait le caquet à ses adversaires qui lui cherchent des noises. Mais au lieu de cela, François Compaoré, en plus d’avoir fui le Burkina, a pris non seulement la nationalité ivoirienne mais aussi, il dit aux juges français qu’il ne souhaite pas être extradé vers son pays d’origine. Que craint-il ? Je n’en sais rien, mais je trouve tout de même curieuse une telle posture qui ne nous permet pas de sortir du statu quo Mais  comme on le sait, le mensonge a beau courir, la vérité finira par le rattraper. Tôt ou tard, on connaîtra les assassins de Norbert Zongo et leurs commanditaires. D’ailleurs, qui, de décembre 1998 à octobre 2014, pouvait parier un instant qu’un mandat d’arrêt serait émis dans le cadre de ce dossier contre le   frère cadet de Blaise Compaoré, jadis tout-puissant ? C’est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que l’histoire des hommes est comme une roue qui tourne.

 

« Le Fou »

 

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