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ATTAQUE DU POSTE DE PEAGE DE OUAHIGOUYA : Terreur dans la Cité de Naaba Kango

 

Un agent du poste de péage tué, son collègue et un policier blessés ; c’est le bilan macabre d’une attaque perpétrée par des individus non identifiés dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 mai 2019, aux environs de 3h du matin, au poste de péage routier de Ouahigouya, situé à 12 km de la ville, dans le village de Koura-Bagré, commune de Oula. De mémoire de Burkinabè, c’est la première fois qu’une attaque terroriste est perpétrée contre la Cité de Naaba Kango, même si plusieurs localités de cette région septentrionale du Burkina, quelques mois auparavant, avaient été passées sous les flammes assassines de l’enfer terroriste. L’ignominie est d’autant plus inédite et inexplicable que c’est un poste de péage routier – une première, sauf erreur ou oubli de notre part - qui a été visé par ces suppôts de Satan. Qui avait intérêt à ouvrir le feu sur cet endroit ? Ne parlez pas de brigands avides d’argent, qui auraient jeté leur dévolu sur ce lieu de perception de taxes routières, pour se remplir les poches. Non, l’affaire paraît autrement plus sérieuse. La horde de malfaiteurs venue nuitamment faire couler le sang d’innocentes personnes à Koura -Bagré, serait guidée par l’appât du gain, qu’elle n’aurait pas attendu cette heure tardive de la nuit, pour passer à l’acte. En ces lieux, ce n’est pas à 3h du matin qu’on peut espérer emporter un important magot ! Même s’il n’est pas exclu qu’ils soient repartis des lieux du crime, les poches pleines, il y a lieu de croire que ces gens surgis de nulle part, étaient beaucoup plus guidés par le désir de faire le mal et semer la terreur. Et il faut croire que leur objectif a été atteint car après leur croisade meurtrière, Ouahigouya mettra sûrement du temps à se remettre de cette violente commotion. En plus de l’Est, du Centre, du Sahel, de la Région des Cascades, de celle de la Boucle du Mouhoun et on en oublie, voilà donc le Nord déjà soumis aux attaques terroristes, à présent frappé en plein cœur, le Yatenga ! Terreur dans la cité de Naaba Kango ! C’est à croire que les choses ne font que s’aggraver au Burkina sur le plan sécuritaire.

Les dirigeants actuels doivent davantage faire preuve d’anticipation et de proactivité

D’autant qu’à la forte capacité de nuisance des cavaliers du mal, se greffe leur terrible et terrifiante capacité de se mouvoir rapidement. A ce rythme, hélas, c’est tout le pays qui court le risque d’être gangrené par le fléau terroriste si ces individus sans foi ni loi, ne sont pas vite stoppés dans leur élan funeste. Cela dit, cette attaque intervient quelques mois après la mise aux arrêts d’un présumé complice de terroristes ; un « gros poisson », dit-on de source sécuritaire. Ce dernier est soupçonné d’avoir hébergé plusieurs individus membres de groupes armés dans le village de Goutla, à une vingtaine de kilomètres de Ouahigouya. Le fait que le poste de péage routier de la 3e ville du pays, a été visé, participe-t-il d’une action de représailles ? C’est possible. Quoi qu’il en soit, il appartient aux autorités burkinabè de mesurer la gravité de la situation, après cette nouvelle bravade des terroristes qui apportent la preuve supplémentaire qu’ils sont capables de frapper à tout moment et n’importe où sur le territoire national. C’est pourquoi les dirigeants actuels doivent davantage faire preuve d’anticipation et de proactivité. Autrement, le cancer qui est en train de tuer à petit feu ce pays, risque de se métastaser à tout l’ensemble du corps territorial. En plus de l’anticipation, l’Etat burkinabè devrait donner à nos Forces de défense et de sécurité, les moyens de renforcer leurs capacités de réactivité. Car, si l’on en croit un témoin qui a assisté au drame survenu dans le village de Koura-Bagré, c’est seulement au petit matin vers 5 h, que les renforts sont arrivés sur les lieux du drame, soit quelque deux heures après la tuerie, laissant tout le temps à la vermine, de s’évaporer dans la nature. Cela étant, force est de rappeler que plusieurs individus qualifiés de « radicaux », avaient été arrêtés dans la localité de Thiou ; toutes choses qui faisaient craindre des attaques à Ouahigouya. Ce qu’on redoutait tant, a donc fini par arriver, pourrait-on dire. Et puisque le mal est fait, il urge que des mesures soient prises après ce drame. Et devrait être de celles-ci, la protection des postes de péages routiers sur tout l’ensemble du territoire national avec à la clé, un système d’alerte efficace. Certes, une telle mesure ne règlera pas tout, mais elle pourrait sauver des vies humaines. Quant à la collaboration tant attendue des populations pour lutter contre le mal, il y a, à ce niveau, un véritable défi à relever si l’on veut que celles-ci acceptent de témoigner sans être habitées par la crainte de subir des représailles. Ceux qui ont fait tonner la poudre dans la nuit du 6 mai dernier, ont agi en plein mois béni de Ramadan. C’est dire s’ils n’auront même pas observé une trêve ; eux qui prétendent soutenir les musulmans, n’auront même pas épargné la vie du percepteur de taxes, fervent musulman abattu de sang froid. Ces gens ont-ils peur d’Allah ? Absolument, pas.

« Le Pays »

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Un commentaire

  1. Je ne suis pas d’accord avec un titre « terreur ». C’est vouloir dire que les terroristes ont atteint leur objectif : semer la terreur. Ici à Ouahigouya nous ne sommes pas sous la terreur.

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