ATTAQUE DU POSTE DE POLICE DE MADOUBA : Pas de perte en vie humaine, mais d’énormes dégâts matériels enregistrés

ATTAQUE DU POSTE DE POLICE DE MADOUBA    : Pas de perte en vie humaine, mais d’énormes dégâts matériels enregistrés

 

 

Selon les témoignages, une cinquantaine d’individus lourdement armés, non encore identifiés, venus du Mali, ont attaqué, dans la nuit du 30 novembre 2018, le poste de police frontière de Madouba. Cette localité est située à 85 km de Nouna. Des assaillants habillés en noir et cagoulés s'exprimant la plupart en Bambara et en Tamacheck, sont arrivés par surprise aux environs de 22h 30 mn. Ils ont encerclé et ouvert le feu sur tous les bâtiments du poste. Ils ont par la suite cassé et brûlé des engins, emportant des motos de service et du personnel. On ne déplore aucune perte en vie humaine, mais d’énormes dégâts matériels.

 

Deux véhicules (1 pour le service et 1 pour le personnel) et 3 motos (2 pour le service et 1 pour le major Isidore Nikièma) incendiés, des documents registres brûlés, des appareils de musique et des pneus dévorés par les flammes, des télécommandes, des rallonges, des ampoules , des fils électriques incinérés, des impacts de balles sur les murs des bâtiments, des armoires, des vitres brisées et des centaines de douilles de balles ramassées, 5 motos emportées (3 pour le service et 2 pour le personnel), des théières vidées de leur contenu  et des hangars ravagés par les flammes,…Voilà les énormes dégâts matériels constatés après l'assaut du poste de police frontière de Madouba.En effet, selon les témoignages du commissaire, Arsène Ouédraogo, c'est aux environs de 22h 30mn qu'une colonne de plus de 50 malfrats a encerclé et attaqué les locaux. Ces derniers viendraient du Mali. Selon une source dans le village, les assaillants ont déposé leurs engins, une vingtaine environ, entre les villages de Touba et Pia2 avant d'effectuer le reste de leur mission à pied jusqu'au côté nord du poste, derrière les touffes enchevêtrées.Le major Isidore Nikièma, 36 ans de service, fringale, les clavicules saillantes, barbu, tête basse et kalachnikov en bandoulière, a vécu les pires moments de sa vie lorsqu'il était obligé de s'enfermer dans sa résidence. Il relate qu'il était d'abord dans sa voiture garée à la porte. Ayant senti des bruits de pas, il a jeté un regard furtif aux alentours. A ce moment, il a aperçu des individus  en noir qui avançaient par le mur. Leur nombre était impressionnant. Il s'est alors terré dans sa résidence. Selon lui, ils ont commencé à ouvrir le feu sur le bâtiment qui vibrait à une allure incroyable. L'un d'entre eux a tenté d'ouvrir la porte. « Je dis à Dieu de ne pas le permettre », a-t-il lâché devant le haut-commissaire de la Kossi, Alfred Ouaré, et le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Nouna. Après l'échec de cette tentative, les tirs se sont intensifiés. La fumée a envahi l'intérieur de la maison  du major qui réussit à éteindre le feu avant de retourner dans sa cachette. Les assaillants tentèrent à plusieurs reprises d'ouvrir sa voiture ; par la suite ils y ont mis le feu.D'autres éléments se sont dirigés vers un pick-up stationné sous l'arbre devant. Ils ont essayé de le démarrer, en vain. Ils ont alors vidé l'essence d'une moto pour asperger le véhicule avant de l'enflammer sous les cris : « Allahou Kabarou ». Ils se sont avancés vers les bâtiments qui abritaient l'administration avec des tirs nourris à l'arme lourde. Les tirs ont commencé à 22h 30 mn pour finir autour de 00 h. Selon les témoignages, ils se reposaient de temps en temps avant de reprendre les tirs. Une autre faction accentuait les tirs vers la RN 14 pour tendre une embuscade aux renforts des FDS qui seraient éventuellement en route pour Madouba. Après leur forfait,  ils ont replié au Mali. Le haut-commissaire, Alfred Ouaré, le directeur provincial de la police, Siaka Bado, le chef de brigade de Mandakuy au Mali, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Nouna, Fissuonté Hien, sont allés encourager les FDS. Tout en demandant une franche collaboration de la population, le haut-commissaire a plaidé pour un équipement conséquent en matériels des FDS et un détachement militaire dans la localité, du fait de sa proximité avec le Mali. Le procureur du Faso a ouvert une enquête judiciaire sur les circonstances de cette attaque.

Madi KEBRE

(Correspondant)

 

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