ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA

ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA

 Comment  adapter notre stratégie?

Le décompte macabre se poursuit au Burkina au grand dam de son peuple et de ses autorités. Pas plus tard que le 24 septembre dernier, trois corps sans vie de gendarmes qui avaient été portés disparus suite à une course-poursuite engagée après un rapt de trois personnes dont le fils du Président directeur général de la mine d’Inata, ont été retrouvés à Tongomaël, dans le Sahel. Sauf omission de notre part, c’est la première action terroriste la plus sanglante et la plus déplorable après les frappes aériennes menées dans l’Est du pays qui était en passe de devenir un far west. Et c’est peu dire que c’est un os de plus dans la gorge du président Roch Marc Christian Kaboré.  De toute évidence, les ingénieurs du mal n’entendent pas lui donner du répit, puisque les attaques sont en passe de devenir le triste lot quotidien des Burkinabè. C’est parti pour combien de temps cette série noire que vit le pays des hommes intègres?  Face à des attaques aussi diverses que leurs modes opératoires, comment adapter notre stratégie? Cette question est d’autant plus pertinente que les malfaiteurs semblent avoir une longueur d’avance sur les stratèges qui les combattent. Pour preuve, ce rapt est intervenu la veille de la clôture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale axée sur la sécurité. Comme pour dire que pendant que l’on cogite dans les bureaux feutrés, eux, ils agissent. Il convient d’ailleurs de saluer à sa juste valeur, le geste des députés qui ont décidé de sacrifier chacun, un million de F CFA de leurs émoluments pour soutenir les Forces de défense et de sécurité (FDS). Au-delà de tout calcul politicien, c’est un acte patriotique que les parlementaires ont posé. Et tout le mal que l’on puisse souhaiter à la Nation, c’est la saine gestion de cette manne.

La vigilance doit être notre ombre et le laxisme, notre premier ennemi

Car, nos braves soldats qui risquent leur vie à longueur de journée pour que les citoyens dorment paisiblement, pourraient avoir le moral dans les chaussettes s’ils venaient à ne pas sentir les traces de cette manne dans leurs assiettes ou dans leurs paquetages. Vivement que cet acte des députés suscite  d’autres gestes de solidarité car, dans cette guerre lâche que nous imposent nos ennemis, la solidarité et le patriotisme doivent être de mise. C’est pourquoi d’ailleurs, il est bon d’impliquer tous les Burkinabè dans cette lutte contre le terrorisme. Tant que chacun, à son niveau, taximan, ouvrier, hôtelier, cireur de chaussures, agent de bureau, etc., n’apportera pas son concours, l’ennemi passera toujours entre les mailles du filet des FDS. L’autre dimension et non la moins importante, c’est la communication des autorités. Elles doivent prendre conscience qu’on ne communique pas en temps de guerre comme on communique en temps de paix, puisque l’ennemi est parmi nous. Elles doivent, et cela est une nécessité absolue, communiquer moins et agir plus dans la discrétion.  N’est-ce pas d’ailleurs ce que font nos ennemis? Aussi, si l’on tient à gagner la guerre (et on doit la gagner), la vigilance doit être notre ombre et le laxisme, notre premier ennemi. En outre, il faudrait adapter nos moyens de lutte aux méthodes qu’emploient ceux qui endeuillent régulièrement la Nation. Si la course-poursuite engagée par nos FDS pour libérer les otages, avait été sécurisée par des moyens aériens, hélicoptères et drones, peut-être que nos trois gendarmes seraient encore en vie. Etant donné que cette première tentative de sauvetage s’est révélée infructueuse, le Burkina devra donc employer d’autres moyens. Et en la matière, l’on se demande si le pays dispose actuellement de négociateurs attitrés à l’image de Moustapha Limam Chafi, ex-conseiller spécial de Blaise Compaoré. Si ce n’est pas le cas, il faudrait donc vite trouver un négociateur qui ait du talent, mais pas n’importe lequel non plus, parce que manifestement, le but de ce rapt, n’est autre que de se faire un trésor de guerre tout en décourageant la destination Burkina Faso. En tous les cas, la négociation n’exclut pas la méthode forte.  Du reste, mieux vaut avoir deux fers au feu plutôt qu’un. Toutefois, au-delà de tout cela, le plus important, c’est la prévention. Et en la matière, l’on ne peut que compter sur nous-mêmes, la force du G5 Sahel étant toujours en train de chercher ses marques.

Dabadi ZOUMBARA

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