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ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA:A quand la fin de la comptabilité macabre ?

Sous l’ex-Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), les ingénieurs de la torture avaient inventé ce supplice qui consistait à placer des prisonniers, opposants au régime communiste, sous un robinet et à leur faire tomber sur la tête, à  intervalles réguliers, une goutte d’eau. Au début, pour la victime, ce « goutte-à-goutte » peut paraître amusant mais au fil du temps, chaque bulle d’eau finit par devenir un coup de marteau attendu avec beaucoup d’angoisses.

Et très souvent, le malheureux supplicié finit par piquer la démence. C’est apparemment cette stratégie qui a été choisie par les forces du mal qui ont installé le Burkina Faso dans leur collimateur. En effet, ils sont nombreux aujourd’hui les Burkinabè qui vivent la peur au ventre, complètement désemparés qu’ils sont. Suivant une cadence et un minutage qu’ils ont choisis, les terroristes assènent des coups mortels, augmentant au-delà de la mort qu’ils sèment, la peur des lendemains.

Des militaires tués par-ci, des forestiers « braconnés » par-là, des paysans trucidés au champ, des fidèles froidement abattus à l’église ou à la mosquée, des enseignants exécutés devant leurs élèves, des conseillers municipaux et chefs de villages envoyés ad patres, des cars de transport en commun pulvérisés par des engins explosifs, etc.  Le dernier cas en date est l’assassinat d’une quinzaine de civils à Pobé-Mengao, dans la province du Soum, dans la région du Sahel du Burkina. Et ce n’est pas tout. Neuf autres civils avaient été envoyés ad patres la semaine dernière dans le Centre-Nord.  On peut multiplier les exemples.Si ce n’est encore l’apocalypse, le Burkina ne semble pas, en tout cas, loin des portes de l’enfer. Mais ce qui met le plus les Burkinabè dans l’émotion collective, c’est beaucoup moins les champs de ruines que l’impression d’être abandonnés à eux-mêmes par des autorités qui, à chaque ruade mortelle de la bête terroriste, serinent la même rengaine : le Burkina Faso ne courbera pas l’échine.

Et pendant ce temps, elles n’opposent presque rien à ceux qui s’acharnent sur les pauvres populations. Trop, c’est trop et il est temps que le président Roch Marc Christian Kaboré qui a juré de défendre, par tous les moyens, l’intégrité territoriale et la sécurité de ses concitoyens, sorte de sa léthargie et qu’il enfile sa tenue de guerre. Et pour ramener la paix au Burkina Faso qui n’en peut plus de pleurer ses morts, aucun sacrifice n’est de trop. Pour l’instant, le président du Faso n’a privilégié que la réponse militaire alors que visiblement, son armée n’est pas en ordre de bataille et montre des limites. Peut-être  est-il enfin temps d’ajouter le dialogue à cette stratégie. Car un pays que tout exposait à la furie meurtrière des terroristes comme la Mauritanie, est parvenu, en maniant la carotte et le bâton, à se soustraire de l’emprise djihadiste. Cet exemple devrait donner à réfléchir.

En tout cas, en attendant que « Roch la solution » trouve la solution au problème de sécurité que connaît notre pays, les partis politiques de l’opposition qui font une exploitation éhontée de la situation du pays, devraient arrêter d’en rajouter aux meurtrissures des Burkinabè en jouant les pêcheurs en eaux troubles. Des propositions de coupures des salaires des fonctionnaires au rappel des militaires admis à la retraite depuis 5 ans en passant par l’allocation des subventions des partis politiques au budget de la défense, tout ceci ne constitue que des mesures cosmétiques sur fond de visées électoralistes. En tout cas, que l’on se le dise clairement. Ce dont le Burkina a besoin, c’est l’union sacrée de ses fils et filles. C’est la seule condition pour que le pays ne courbe pas l’échine.

 

« Le Pays »

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