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ATTRIBUTION DE L’ORGANISATION DE LA CAN 2019 A L’EGYPTE

 Un honneur redoutable

Ça y est ! Le nom du pays qui organisera la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, est connu. Ce sera l’Egypte. Ainsi en a décidé, hier, 8 janvier 2019, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) avec à sa tête le Malgache Ahmad Ahmad. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la CAF a fait preuve de réalisme à travers ce choix avisé. Car l’Egypte, il faut le dire, pour avoir organisé quatre fois la CAN (1959, 1974, 1986 et 2006), dispose d’infrastructures sportives répondant aux normes internationales et capables d’abriter en six mois, le plus grand rendez-vous footballistique du continent africain. Certes, il en est de même pour l’Afrique du Sud qui avait aussi fait acte de candidature. Mais comme le dit le président de la CAF, les autorités égyptiennes semblaient plus motivées que celles de la Nation arc-en-ciel où en pareille occurrence, la procédure semble trop longue pour pouvoir faire adopter le budget par le parlement. Or, le temps presse, si fait qu’il ne reste pas plus d’un semestre. A cette raison s’ajoute le fait que le pays de Nelson Mandela, en plus d’avoir abrité deux fois la CAN (1996-2013), a déjà organisé le mondial en 2010 et s’apprête, en novembre prochain, à accueillir la Coupe d’Afrique des moins de 23 ans (U23) sur son sol. C’est dire si la CAF, en choisissant le pays des Pharaons, a fait dans l’équilibrisme même si elle ne le dit pas officiellement. On est d’autant plus fondé à le penser que sur le plan sécuritaire, l’Afrique du Sud présentait un léger avantage sur l’Egypte qui, à l’instar de bien des pays du Maghreb, est frappé de plein fouet par le phénomène terroriste ; en témoigne le massacre de quatre touristes intervenu le 28 décembre 2018 à Gizeh.

Il revient à l’Egypte de mériter la confiance placée en elle

N’est-ce donc pas un gros risque que de faire converger 24 équipes et leurs délégations respectives dans un pays qui, en plus des attaques terroristes, connaît de graves problèmes de sécurité dans ses stades ? Assurément, oui. Mais il revient à l’Egypte de mériter la confiance placée en elle en travaillant à relever le défi de l’organisation et de la sécurité pour que puisse se dérouler sereinement, en juin prochain, la grand’messe du football africain. De ce point de vue, le choix du pays des Pharaons est un honneur redoutable.

Pour le moins, il faut dire que tout le monde, après le retrait de l’organisation de la CAN au Cameroun, s’attendait à ce que la CAF jetât son dévolu sur le Maroc que l’on accuse à tort ou à raison d’avoir conspiré contre le pays de Paul Biya. Mais contre toute attente, le Royaume chérifien n’a pas fait acte de candidature, préférant laisser les gens se perdre en conjectures.

Pour quelle raison ? Difficile d’y répondre ! Peut-être, comme le subodorent certains, a-t-il, pour l’instant, mis en berne ses ambitions pour viser loin, c’est-à-dire briguer l’organisation de la Coupe du monde. Ce n’est pas impossible d’autant que le Maroc, on le sait, a les moyens de sa politique ; en témoigne l’offensive diplomatique qu’il mène depuis peu sur le continent, voire à travers le monde entier.

Quant au Cameroun à qui revient l’organisation de la CAN en 2021, il doit travailler d’arrache-pied pour ne pas se laisser surprendre par le temps. Auquel cas, les mêmes causes risqueront de produire les mêmes effets.

Boundi OUOBA 

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