AUGMENTATION DU SALAIRE DE JACOB ZUMA : L’apartheid version ANC  

AUGMENTATION DU SALAIRE DE JACOB ZUMA : L’apartheid version ANC   

 

Le président sud-africain Jacob Zuma n’en finit pas avec ses frasques. Alors que couvent encore les cendres du scandale de financement à hauteur de 18 millions  d’euros des travaux d’aménagement de sa résidence de Nkandla aux frais du contribuable sud-africain, l’Assemblée nationale vient de voter, par une majorité de 172 contre 82, une augmentation de salaire de 5% du chef de l’Etat. De source officielle, cette résolution  du parlement serait venue en application des recommandations faites en novembre dernier par la Commission pour la rémunération à la fonction publique. Déjà en bonne position dans le  classement des chefs d’Etat les mieux payés sur le continent, Zuma voit son salaire passer à près de 1 070 000 euros de rémunération annuelle, soit un peu plus de 140 000 euros par mois.  Comme il fallait s’y attendre, cette revalorisation salariale provoque l’ire d’une partie de la société civile et de l’opposition  qui commencent à en avoir ras-le-bol  des histoires de corruption et de scandales financiers du locataire de la présidence de la nation arc-en-ciel. Sans parti pris, l’on doit dire, en effet, que cette résolution du parlement dans le contexte sud-africain actuel,  frise l’indécence. Et pour cause. D’abord, le pays connaît de grandes difficultés économiques et est au bord de la récession. Il est de ce fait sujet à des spasmes sociaux marqués par des revendications salariales souvent insatisfaites et réprimées dans le sang comme à Marikana.  Dans ce contexte où chacun est contraint par l’ordre économique, de « se serrer la ceinture », ce bonus concédé à Jacob Zuma traduit, comme le relève l’opposition, « une indifférence à l’égard du peuple ». Ensuite, parce que l’écart des revenus entre le leader sud-africain et ses concitoyens est abyssal. Cet écart est symptomatique de cette Afrique du Sud des extrêmes et il est scandaleux que celui qui est élu pour  veiller à l’équité et à la justice sociale entre ses concitoyens, ne pense  d’abord qu’à lui et pas aux autres. Si l’homme fait preuve d’une telle cupidité, on peut facilement imaginer les libertés qu’il peut officieusement s’offrir dans les privilèges dus à la fonction mais ignorés du grand public. Nul ne saurait par exemple parier sur le montant et la gestion de sa caisse noire.

L’ANC accentue les inégalités sociales

Mais passe encore que le sulfureux Zuma  prenne ses aises avec le Trésor public en raison de la vacuité morale et intellectuelle dont il a toujours fait preuve ! Mais qu’il soit adoubé dans ses lubies par l’ANC, a de quoi heurter les consciences. En effet, en ajoutant davantage aux revenus des émergés de l’océan de misère sud-africaine, l’ANC accentue les inégalités sociales qu’en trois décennies de pouvoir, elle n’a pu résorber. Elle perpétue de fait l’apartheid (développement séparé) qu’elle a combattu très souvent au prix du sang des populations des ghettos. Une chose est certaine : cette prime  contre toute logique achève de convaincre que les regrets exprimés par Zuma et les promesses de remboursement d’une partie des fonds du scandale de la villa de Nkandla, ne sont que des mimiques. Pour Zuma, l’Afrique du Sud n’est que son jardin potager. Mais pouvait-il en être autrement pour ce président qui doit son élection à son rôle de chef de la branche armée de l’ANC, le Nkotonasiswe et qui, par conséquent, le gère  comme un butin de guerre ?  Mais ce faisant, il  accentue les reliefs entre lui et le père de la Nation, Nelson Mandela, dont il ne pourra jamais chausser les bottes.

SAHO

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