BAGARRE AUTOUR DES POSTES CONCEDES A L’OPPOSITION EN RDC : Il faut arrêter la danse macabre

BAGARRE AUTOUR DES POSTES CONCEDES A L’OPPOSITION EN RDC : Il faut arrêter la danse macabre

L’heure n’est pas à la sérénité dans les rangs de l’opposition politique en République démocratique du Congo (RDC). En effet, depuis la mort de son leader historique, Etienne Tshisekedi, une sorte de querelle de leadership se joue en son sein. Chacun veut se positionner. Ce qui est normal. Le dernier épisode en date est la candidature annoncée du frère de Moïse Katumbi, au poste de Premier ministre. C’est son droit, peut-on dire. Seulement, il aurait été plus sage que cette candidature, comme toute autre d’ailleurs, soit discutée au sein de l’opposition avant toute sortie publique. Car, face à un Joseph Kabila qui ne demande que cela, les opposants sont en train de lui servir leur division sur un plateau d’argent. Du reste, n’a-t-il pas réitéré les conditions posées par son camp aux évêques qu’il a reçus hier, 20 février 2017, au sujet de la mise en œuvre de l’accord qui piétine ? En tout cas, la guerre de chiffonniers qui a cours autour des postes concédés à l’opposition dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de la Saint- Sylvestre, est malsaine.

 

Les bisbilles au sein de l’Opposition n’avaient pas lieu d’être

 

Si la danse macabre se poursuit ainsi alors même que le vieil opposant n’a pas encore été inhumé, c’est qu’il y a des intérêts urgents, en jeu. Les Africains ont très souvent un mauvais rapport avec le pouvoir. Les postes politiques sont perçus et considérés comme des passeports pour la soupe. Les hommes politiques, comme des vautours, rôdent autour des postes dans le but de se tailler des avantages. Justement, face au fait que la table est en train d’être dressée par Kabila au sortir du dialogue politique, c’est la bousculade. Pour les uns et les autres, l’heure a sonné. C’est une occasion en or pour prendre part à la ripaille. C’est pour cette raison que les pas se font de plus en plus saccadés, chacun des danseurs rivalisant d’ardeur et de pirouettes dans l’espoir d’être repéré et convié à la soupe, par le maître de maison.  

Pourtant, ces bisbilles au sein de l’Opposition n’avaient pas lieu d’être. Face à un Kabila malicieux, il était de bon ton de rester soudé. Ce, d’autant plus que les autorités qui doivent être mises en place, devront avoir en ligne de mire l’organisation des prochaines échéances électorales. Cela demande une bonne dose de sérieux et de sérénité, et l’opposition a tout intérêt à envoyer des gens recommandables pour la représenter. En tout état de cause, c’est le président Joseph Kabila qui se frotte les mains. Car, tant que l’opposition peinera à accorder ses violons, il sera le seul maître d’orchestre. Ce n’est d’ailleurs pas sans calcul qu’il a exigé que l’opposition lui propose trois noms et non un seul, pour le poste de Premier ministre. Il veut non seulement montrer que c’est bien à lui que revient le dernier choix et non aux opposants, mais également garder la latitude de prendre celui qui, pour lui, ne pourra pas ou ne voudra pas lui mettre trop de bâtons dans les roues.

C’est déplorable de voir les opposants se battre comme des chiens affamés sur les quelques os à eux jetés par Kabila. C’est bien ce que le pouvoir espérait en sous-main. Déjà qu’elle était unie, l’opposition n’avait pas pu obtenir l’application des règles du jeu, notamment la Constitution et la loi électorale. Mais elle a au moins réussi à pousser le régime au dialogue et à des concessions. Maintenant, que ces mêmes opposants certainement plus portés à la désunion depuis le décès d’Etienne Tshisekedi, s’emploient à étaler leurs divergences au grand jour, la mise en œuvre de l’Accord pourrait prendre un sérieux coup. En effet, une fragilisation de l’opposition peut ragaillardir Joseph Kabila et ses sbires qui ne se feront pas prier pour remettre en cause les termes de l’Accord de la Saint- Sylvestre.

 

L’opposition a un rendez-vous historique

 

Il appartient donc aux opposants politiques de la RDC de se concerter, de resserrer les rangs. Ce qui demande aux uns et aux autres une bonne dose d’humilité et de sacrifice. Les choix doivent être faits dans le seul intérêt du peuple congolais, dans la perspective de mettre en selle la démocratie, l’alternance au sommet de cet Etat communément qualifié de scandale géologique, en raison de ses immenses richesses naturelles. Pour que les conditions de vie des populations ne continuent pas de jurer avec l’insolence des ressources naturelles du pays, pour que cesse la loi du colt dans ce pays, l’opposition ne doit pas rater le coche. Ce, d’autant plus que de son attitude dépendra le comportement de Kabila et de son régime.

Si l’opposition se disloquait, ce serait une deuxième mort pour le vieux Tshisekedi qui assisterait impuissant, de sa dernière demeure, au sabordage de ses rêves et de son combat pour une République effectivement démocratique, par ses propres compagnons. C’est dire combien l’opposition a un rendez-vous historique. Et pour cela, elle se doit de parler d’une seule voix pour trouver en son sein, les hommes et les femmes à la hauteur du défi que lui impose l’amour du pays. 

 

« Le Pays »

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