BLOCAGE DU TRONÇON KAYA- BARSALOGHO : Les populations exigent la réparation du pont de Silmiougou

BLOCAGE DU TRONÇON KAYA- BARSALOGHO :  Les populations exigent la réparation du pont de Silmiougou

Les populations de Silmiougou ont bloqué la voie sur le tronçon Kaya- Barsalogho le mercredi 5 septembre 2018. Silmiougou est situé dans la commune de Kaya à 5 km sur la RN19, côté nord juste après le marché du bétail de Kaya. L’objectif était de manifester leur raz-le-bol et exiger la réparation du pont du village de Silmiougou qui est en état de dégradation énorme. Les riverains ont barré la voie depuis le matin 5 h jusqu’à 10h. Cela après qu’un usager ait percuté une des dalles qui a cédé, blessant ainsi ce dernier. Très remontés les manifestants ont exigé la présence du maire de Kaya avant de libérer la voix : « Tant que le maire n’est pas là, personne ne passe », a lancé une voix dans la foule. Cela a handicapé le trafic routier car nous percevions un long cortège de véhicules des deux côtés  du pont. Une déviation est envisagée à en croire le maire de Kaya Boukaré Ouédraogo. En rappel, selon les manifestants, c’est depuis octobre 2015, juste avant l’insurrection populaire que ce pont a commencé à se dégrader jusqu’au moment où sa dégradation a atteint un stade jamais vécu par les populations. «  C’est plus de 2 ans que ce pont a connu ce niveau de dégradation assez avancée », nous confirme un des manifestants en colère. Le vieux Issaka Ouédraogo, l’un des autochtones de Silmiougou, nous situe les faits : « Nous avons vu les dégâts causés par ce pont depuis longtemps. Nous sommes allés informer les autorités municipales entre temps. Elles nous avaient promis de réparer le pont. Malheureusement, rien. Ensuite, une autre dalle a failli céder, nous avons fait pareil en les informant. C’est hier soir que nous avons constaté avec amertume qu’un usager (NDLR : Il avait remorqué un autre) a percuté une des dalles et les deux se sont retrouvés par terre. » A en croire le vieux Issaka Ouédraogo, les deux blessés ont été évacués dans un centre de santé pour les soins appropriés. Il était 10h lorsque nous arrivions sur les lieux. Comme on pouvait l’imaginer, jeunes, vieux, enfants étaient fortement mobilisés et les deux axes, c’est-à-dire côté Kaya et côté Barsalogho étaient barricadés par les manifestants. Nous apercevions des marmites et des matériels de cuisine qui laissaient croire qu’ils ont passé la nuit à se relayer pour bloquer la voie. Même les chauffeurs n’ont pas été épargnés puisqu’ils utilisent des camions poids lourds pour le ramassage du sable et du gravier. Selon Adama Dialla, l’un des chauffeurs qui a l’habitude d’emprunter la voie « les véhicules poids lourds avaient des difficultés pour passer. Mais ces derniers temps, nous avons remarqué que l’état du pont prenait plus de l’ampleur dans sa dégradation. » Ayant reçu les appels pressants des manifestants de Silmiougou, Boukaré Ouédraogo, maire de la commune de Kaya s’est effectivement rendu sur les lieux en compagnie des techniciens de la direction provinciale et des services techniques municipaux en charge des infrastructures. « Nous sommes là aujourd’hui pour discuter avec la population et aussi avec les techniciens de la direction provinciale en charge des infrastructures et les services techniques municipaux de la mairie pour voir quelle solution immédiate nous prendrons pour permettre l’exploitation de cette voie. » Et quelle est cette solution immédiate ? Le maire répond : « La solution immédiate à entreprendre, nous voyons que l’une des dalles a cédé. On ne peut pas autoriser le passage des gros engins sur le pont… On peut créer une déviation pour que les engins puissent passer. » Pour le maire Boukaré Ouédraogo, la solution est trouvée puis que les moyens doivent être mobilisés. Il faut les véhicules, la main-d’œuvre pour travailler. Une négociation a été vite entamée par le maire avec les chauffeurs mécontents : « Nous chauffeurs, nous nous sommes concertés pour cotiser un peu d’argent et avons remis à la population pour que les jeunes puissent s’entraider dans le ramassage du gravier, des cailloux pour l’érection d’une déviation ». Ces mesures pourront permettre la libération de la voie. En plus, d’autres ponts en état de dégradation inquiétante ont été signalés. Il s’agit par exemple du fameux pont de Napagba, situé au centre ville de Kaya. La situation s’est apaisée à Silmiougou et les barricades étaient en train d’être levées au moment où nous quittions les lieux à 10h 50 mn.

Boukaré Ouédraogo, maire de la commune de Kaya à propos du pont de Napagba

« Le pont de Napagba, c’est une difficulté, une grande difficulté pour la commune de Kaya car Napagba est au cœur de la ville. Nous avons vu qu’il y a eu des dégradations depuis l’année passée. On a tenté de trouver des solutions au moment du 11 décembre à Kaya. Mais ce n’était pas prévu. Avec les dernières pluies ça s’est dégradé jusqu’à toucher des concessions. Pour pallier à ça, le Conseil municipal avait délibéré, voté un budget pour réparer ne serait-ce qu’une protection du pont en attendant de voir le reste … C’est dire qu’on a engagé un bureau d’études… Ce pont est tellement long. Si on voit  de Gaoua jusqu’au dernier pont de Kougbaongo, on a six (6) ponts…On avait voté un budget de 12 millions pour protéger le pont (Napagba). L’entreprise a dit que 12 millions ne suffisent pas. On vient de faire un autre devis qui remonte à 45 millions. Et là, on a transmis ce devis aux techniciens de la structure au niveau provincial et aux services techniques municipaux. Ils ont réduit le devis transmis par l’entreprise et ils ont raboté à 35 millions. »

Madi OUEDRAOGO (Correspondant)

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