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BRAS DE FER ENTRE L’UE ET SASSOU NGUESSO : Le dictateur perd toute lucidité  

 

Ce n’est pas le parfait amour entre Bruxelles et Brazzaville. C’est le moins que l’on puisse dire quand on sait que Sassou Nguesso ne veut plus de l’ambassadrice de l’Union européenne (UE) dans son pays. En effet, les autorités congolaises, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, réclament le départ pur et simple de Saskia de Lang, diplomate européenne, de nationalité néerlandaise. Le régime Sassou reproche à l’ambassadrice concernée, « un activisme contraire » aux us, coutumes et règles en matière de diplomatie. A l’appui de cette requête, le pouvoir congolais pose des actes d’exclusion vis-à-vis de la représentante de l’UE. C’est le cas lorsqu’elle a été écartée lors de la rencontre d’échanges sur la situation du pays, qu’ont eu le ministre des Affaires étrangères congolais et les diplomates accrédités dans le pays, le samedi 14 mai 2016.

Les plans du dictateur sont quelque peu contrariés

Pour l’heure, l’UE a opposé une fin de non recevoir à cette fatwa des autorités congolaises. Elle a réaffirmé son entière confiance à son ambassadrice et fait une mise en garde à peine voilée, aux dirigeants congolais, quant aux conséquences fâcheuses qui découleraient d’une éventuelle expulsion de sa diplomate. On sait que l’UE a boudé la présidentielle qui a permis au dictateur Sassou de prolonger son bail à la tête de l’Etat. Elle avait déjà dénoncé le fait que les conditions d’un scrutin transparent et fiable n’étaient pas réunies. Et face à la surdité dont faisaient preuve les autorités de Brazzaville à l’époque, l’UE s’était clairement éloignée du  processus électoral. Ainsi, elle avait refusé d’envoyer des observateurs électoraux lors de la présidentielle dans ce pays. Dans la même logique, elle n’a pas reconnu la victoire du satrape. Il est évident que pour tout cela, Sassou en a gros sur le cœur.  « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage », dit l’adage. Les accusations portées aujourd’hui par les autorités congolaises contre l’ambassadrice de l’UE, procèdent probablement de leur volonté de se débarrasser de cette diplomate teigneuse, visiblement très à cheval sur les principes démocratiques.  Las de supporter les critiques de la représentation de l’UE et désespéré de ne pouvoir acheter ni le laxisme ni le silence de cette diplomate, le président congolais a dû se dire que la seule solution qui vaille, c’est de s’en débarrasser. C’est certainement le vrai motif de cette requête adressée à l’UE. Car les plans du dictateur de légitimer au plan international, le braconnage de la Constitution de son pays, sont contrariés. En attendant de voir dans quel sens cette affaire va évoluer, on peut se demander si Sassou a mesuré les conséquences de son acte. L’UE est un géant mondial du point de vue de la diplomatie et de l’aide au développement. Prendre le risque de s’aliéner le soutien d’une telle entité, n’est pas sans conséquences. Celles-ci peuvent être catastrophiques au plan socio-économique pour le Congo. Si Bruxelles ferme le robinet, il est fort probable que le Congo en souffre énormement. Hélas, comme toujours, dans de tels cas de figure, ce sont les peuples qui trinquent et non le satrape et ses sbires. Sassou, en bon dictateur, ne se soucie pas du sort des populations qui peuvent se retrouver privées de l’aide de l’UE.

En osant ainsi bander les muscles, le dictateur a peut-être une solution de rechange

Pourvu que pour lui, toutes les bouches qui ne chantent pas ses louanges, se taisent ou s’éloignent du pays. Mais, il se trompe grandement. Cet acte prouve que le dictateur perd toute lucidité. Ne dit-on pas que « quand l’âne va te terrasser, tu ne vois pas ses oreilles » ? La colère a aveuglé Sassou et il prend des risques énormes. En tout cas, il pourrait, s’il n’y prend garde, laisser des plumes dans ce bras de fer. Il faut surtout espérer que l’UE qui se dit disposée au dialogue avec les autorités congolaises, ne se laisse pas perturber outre mesure par le courroux du dictateur. Elle doit rester fidèle aux valeurs de démocratie. En osant ainsi bander les muscles contre un si grand partenaire technique et financier, le dictateur a peut-être une solution de rechange. Peut-être pense-t-il s’adosser à des pays comme la Chine, moins regardantes en matière de droits de l’Homme et de démocratie. Mais, il n’est pas évident que ces partenaires puissent lui apporter mieux ou autant que l’UE dans le cadre de sa coopération multilatérale. En vérité, Sassou lui-même en est conscient. Il a certainement placé la barre si haut avec l’UE, dans le secret espoir de l’obliger à négocier avec lui. Son objectif étant d’obtenir in fine, de l’UE, qu’elle revoie sa copie en ce qui concerne sa réélection, c’est-à-dire qu’elle valide d’une manière ou d’une autre cette réélection. Il faut espérer que l’UE ne sera pas abandonnée à elle-même dans ce combat. Il serait judicieux, à bien des égards, que la communauté internationale dans son ensemble, fasse bloc derrière l’UE dans ce bras de fer qu’elle a engagé contre le dictateur congolais. Les Etats-Unis d’Amérique notamment, porte-étendard par excellence de la démocratie dans le monde, ne sauraient se débiner dans ce combat. Il importe qu’ils se solidarisent suffisamment avec l’UE pour faire triompher les idéaux de la démocratie. Si les partenaires extérieurs de son pays se serrent durablement les coudes, il pourrait finir par faire les frais de la colère de son propre peuple que la souffrance pourrait jeter dans la rue. En tout état de cause, il importe de ne pas perdre de vue que les dictateurs n’entendent que le langage de la fermeté.

« Le Pays »

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Un commentaire

  1. Tous sa ce dieu qui mr sassou encore est toujours a commetre ces erreurs pour elargire son dossier au niveau de cpi mais je regrete vraiment effale le congo soit un colonie anglais car la france et hollande decois le monde pour leur historie de pot de vín or sarkozy prenait l argent mais au final le dictateur soit partir exemple khadafi et bagbo meme dsoieo s 2 journalis frappe et detruire des camera en mars dernier a brazzaville pár les militaires du regime en civil sont reste bouche bé

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