CANDIDATURES FARFELUES A LA PRESIDENTIELLE 2015 AU BURKINA : Le choc des calculs politiciens et alimentaires

CANDIDATURES FARFELUES A LA PRESIDENTIELLE 2015 AU BURKINA : Le choc des calculs politiciens et alimentaires

Le 11 octobre prochain, soit dans moins de deux mois, le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, organisera les élections les plus ouvertes de son histoire. D’ores et déjà, les prétendants au fauteuil présidentiel de Kosyam sont connus. Ils sont au nombre de 22. Tous ont déposé leur candidature auprès du Conseil constitutionnel qui, dans les jours à venir, examinera chaque dossier dans le fond comme la forme pour nous dire, in fine, qui sont ceux-là qui seront autorisés à briguer officiellement la magistrature suprême. En tout cas, de mémoire de fou, c’est la première fois que je vois un tel nombre de candidats en lice pour la présidentielle au Burkina. Cela est la preuve d’une ouverture de l’espace politique national. Peut-être qu’avant, les gens ne s’intéressaient pas à la chose politique parce qu’ils estimaient, à l’époque, que le vainqueur était connu avant même les élections. Ce qui n’est pas faux. Car il était utopique pour un candidat de croire qu’il pouvait battre Blaise Compaoré dans les urnes, tant il avait miné tous les circuits. Maintenant qu’il est parti, pour ne pas dire chassé du pouvoir, tout le monde se surprend en train de rêver d’un destin national. Ce n’est pas interdit. Car tout Burkinabè, pour peu qu’il remplisse les conditions prévues par la loi, peut être candidat à la présidentielle. Mais quand je regarde le nombre de postulants, je me

demande si chacun d’eux a pu payer la caution de 25 millions de F CFA exigée. Je me permets d’en douter, d’autant que certains candidats, à mon avis, ne veulent rien d’autre qu’amuser la galerie. En attendant que le Conseil constitutionnel nous livre ses résultats, je sais que certains ont déposé leur candidature sans avoir payé leur caution, le greffe, lui, se contentant de recevoir les dossiers sans en apprécier ni le fond ni la forme. En tout cas, si tous les 22 candidats en lice ont pu, chacun en ce qui le concerne, débourser 25 millions de F CFA, je me permettrai de croire que le Burkina Faso, contrairement à ce que l’on pense, est un pays de riches. Car 25 millions, ma foi, ce n’est pas 25 mille F CFA. C’est un vrai pactole.

En politique, tous les moyens sont bons

Certes, comparaison n’est pas raison, mais je fais le constat que ce montant est quelque peu élevé, car même la Côte d’Ivoire qui est plus nantie que nous, a fixé la caution pour la présidentielle à 20 millions de F CFA. Je sais que pour certains partis politiques, la caution de 25 millions de F CFA ne saurait constituer un obstacle rédhibitoire, étant donné que les militants, et Dieu seul sait s’ils sont nombreux, ont accepté de mettre la main à la poche. J’ai même entendu dire que certains partis ont obtenu trois fois plus que le montant de la caution. Ne me demandez pas de vous citer des noms ; puisque je ne le ferai pas, au risque de susciter la colère de ma grande sœur Nathalie du Conseil supérieur de la communication. Cela dit, je suis sûr que certains, en déposant leur candidature, savent, en leur âme et conscience, qu’ils ne remplissent pas toutes les conditions requises. Ces gens-là veulent seulement se faire voir à travers une publicité nationale et internationale. Ils veulent que l’on dise d’eux qu’ils ont été candidats à la plus haute fonction de l’Etat dans ce pays. D’autres, par contre, le font pour des considérations politiques. Car, au cas où leur candidature est rejetée, ils pourront appeler à voter un autre candidat, moyennant naturellement quelques strapontins en cas de victoire du parti soutenu. Et nombreux sont ceux-là qui sont dans cette posture. Ce n’est pas interdit. C’est même de bonne guerre. En politique, tous les moyens sont bons, dit-on. Pour ma part, ce qui me tient à cœur, c’est la sincérité de tous les acteurs. Je veux que tous aient confiance au Conseil constitutionnel et qu’ils s’en remettent au verdict que celui-ci viendrait à prononcer. Je ne veux pas voir mon pays sombrer dans le chaos, comme on en voit un peu partout en Afrique, avant, pendant et après les élections. Le monde entier a tant admiré mon pays au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre derniers, que je ne souhaite pas voir bradé ce capital de sympathie. Nous devons prouver à tous que nous sommes une grande nation, à travers l’organisation sereine et transparente de ces élections qui se profilent à l’horizon. En tout cas, les fauteurs de trouble auront été prévenus. Car je ne tolèrerai aucune pagaille.

« Le Fou »

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