CEG DU VILLAGE DE NIANKAR : Le choix du site oppose la mairie à des habitants

CEG DU VILLAGE DE NIANKAR :  Le choix du site oppose la mairie à des habitants

Les travaux de construction du CEG de Niankar, village rattaché à la commune de Banfora, qui devraient avoir commencé il y a deux ans, tardent à prendre leur envol du fait d’un désaccord entre une partie de la population et la mairie, sur le choix du site devant abriter le joyau que l’Etat offre gracieusement. En effet, le site proposé par certains habitants du village dont les deux conseillers municipaux, n’est pas du goût de la mairie qui dit fonder sa position sur les observations faites par les services techniques en charge de l’éducation.

On se rappelle, le 16 juillet 2018, des habitants du village de Niankar, bourgade située à une quinzaine de kilomètres de Banfora, s’étaient mobilisés pour empêcher le dépotage des agrégats devant servir à la construction du CEG dudit village. Armés, qui de gourdin, qui de fouets ou de machettes, ils se sont rassemblés sur le site choisi par la mairie et les services techniques parce qu’ils avaient appris que des camions chargés d’agrégats étaient en route. Ce jour, le président du CVD du village, Yacouba Fayama, ainsi que le porte-parole des sages, ont laissé entendre que le site qu’ils ont indiqué a été identifié de longue date par le village pour abriter un éventuel CEG. « Nous y avons même déjà entrepris des travaux de déblayage et tous, nous étions dans l’enthousiasme. Nous ne comprenons pas pourquoi le maire tient à faire construire le CEG sur un autre site, soi-disant que c’est pour qu’il profite à d’autres villages. C’est notre village qui en a formulé la demande. Pourquoi veut-il aller le placer à la sortie, soi-disant que c’est pour que les autres villages environnants en profitent ?», s’est interrogé le président CVD qui ajoute qu’à travers l’emplacement qu’il souhaite, le maire veut récompenser un riverain du nouveau site au motif que celui-ci l’a aidé durant sa campagne. Il lui en aurait fait la promesse, relatent les villageois. Par ces temps d’hivernage, le site préféré par les villageois est sous la menace des eaux. Toute chose qui conforte le maire dans sa position. Profitant de cette situation, la mairie a initié une sortie sur le village afin de faire constater l’état des différents sites. Il s’agit là, pour Aboubacar Héma, de prendre l’opinion à témoin. Vous constatez aisément, fait noter le maire, que le site choisi par les villageois est envahi par les eaux. « Je l’ai toujours dis, le site que les conseillers et une partie des habitants, je dis bien une partie des habitants ont choisi, est une zone qui leur est proche. Mais elle est inondable. Elle est actuellement dans l’eau, avec la saison pluvieuse ». Le maire ajoute : « Tout comme les missions techniques qui se sont succédé, nous trouvons que ce n’est pas l’endroit idéal pour implanter un CEG. Toujours comme les missions l’ont dit, nous avons trouvé que c’est le troisième site qui était idéal. Il est en hauteur par rapport aux deux qui nous ont été présentés ». Pour Aboubacar Héma, il est impossible, dans ces conditions, de suivre la volonté des conseillers. Selon lui, « l’emplacement que nous avons choisi avec les conseils des services techniques, est non seulement dans le village de Niankar mais en plus il est proche de quatre autres villages qui ne disposent pas pour le moment de CEG. Quand on sait qu’un CEG ne saurait appartenir à un seul village, nous en appelons à la clairvoyance des habitants de Niankar qui se laissent manipuler. Tout ce que nous voulons, c’est leur bonheur. Il ne sert à rien de construire dans un site à risque. Nous pourrions nous retrouver à chercher encore des financements pour délocaliser le CEG parce qu’il est entre- temps et totalement pris par les eaux », a laissé entendre le maire.  Bientôt, c’est la rentrée des classes. La construction, du fait de ces malentendus, n’a pas démarré. C’est dire que pour cette année scolaire encore, les élèves de Niankar continueront à suivre les cours dans une église empruntée à la communauté protestante. Les fonds sont pourtant disponibles depuis deux ans pour construire un CEG.

Mamoudou TRAORE

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