CELEBRATION DE LA SAINT –VALENTIN : Quand l’amour côtoie le business

CELEBRATION DE LA SAINT –VALENTIN  :   Quand l’amour côtoie le business

 Comme chaque année, le monde entier célèbre l’amour le 14 février. Au Burkina Faso et à la veille de l’événement, l’heure était aux préparatifs. Que représente cette fête pour les Burkinabè ?

Nous avons fait le tour de la question avec les Ouagavillois.

 

Ce mercredi  14 février 2018, jour de  célébration de la fête de l’amour dans le monde entier, des hôtels aux restaurants en passant par les bars climatisés, les glaciers, les tenanciers se préparent à recevoir les « amoureux ». Pour l’occasion, ces espaces ont été  réaménagés aux couleurs de la fête. Les marchés, les grandes surfaces commerciales, notamment les supermarchés, les décorations, surtout en forme de «cœur » et cadeaux à l’effigie de la Saint-Valentin (montres, fleurs, tapis, réveils…) exposés à la vente, sont visibles.

Les Burkinabè  et la Saint- Valentin

 

La Saint-Valentin est pour nombre de personnes, une occasion pour témoigner son amour à sa moitié. Diversement appréciée, cette fête est pour Ousmane Simporé, délégué médical,  « un moment d’amour, de complicité et de reconnaissance à mon épouse ». « C’est l’occasion pour moi, de démontrer une fois de plus mon amour à ma partenaire. Et cela, à travers des cadeaux  et un dîner aux chandelles». Safiatou Ouédraogo, décoratrice

d’intérieur de profession,  abonde dans le même sens. « La Saint-Valentin a un sens pour moi. Certaines personnes diront qu’on n’a pas besoin de ce jour pour manifester son amour à sa moitié. C’est vrai  certes, mais je pense que décréter un jour spécial pour cette célébration, est tout à fait justifié. L’amour qu’on éprouve pour son prochain, et de surcroît pour sa partenaire ou son partenaire, est trop important pour qu’on n’accorde pas de sens à la Saint-Valentin. Seulement, il ne faut pas que nous, les femmes, attendions toujours des hommes. Il nous faut prendre des initiatives. Raison pour laquelle depuis près de trois ans, j’ai pris sur moi d’inviter mon époux dans un restaurant et lui offrir des cadeaux pour  boucler la soirée », raconte Safiatou.

Comme quoi, des femmes ont décidé  de prendre le contrôle de cette  célébration. Celles qui, pour la plupart, ont décidé de s’affirmer, n’entendent pas coller les frais de cette célébration sur le dos de leur partenaire. « Il faut s’approprier cette fête qui est d’ailleurs la nôtre. Pourquoi attendre toujours des hommes ? », s’est interrogée Safiatou. Pour ma part, renchérit Flavienne, coiffeuse de son état, « à défaut d’un dîner dans un restaurant, je  concocterai son plat préféré, accompagné d’un bon vin de table. Des draps et des couvertures décorés de cœurs rouges pour une nuit torride, en vue de clore la soirée ». Puis de soutenir que «la Saint-Valentin ne doit pas être perçue comme une vulgaire célébration, encore moins une fête de trop. Mais au contraire, un moment de partage et d’amour à l’endroit de son partenaire en particulier, et de son entourage en général ». Au grand marché  de Ouagadougou, de jeunes gens se ruent dans les magasins, dans le but d’acheter un cadeau pour leur partenaire. C’est le cas de Denis Saré, un étudiant que nous y avons rencontré.  « Je suis venu acheter des chaussures pour ma copine. Je veux vraiment lui faire  plaisir en ce jour de célébration de la fête de l’amour ; lui montrer combien je l’aime ».Même motivation pour  Clarisse Sombié, fonctionnaire : « Je suis venue  acheter des pommades   pour mon homme ». Comme pour dire que cette fête est entrée dans les mœurs de nombre de Burkinabè. En un mot, les amoureux se déclarent leur flamme par des mots d’amour et des cadeaux. C’est également une parfaite occasion pour tous les couples de se faire plaisir, de briser la routine du quotidien qui n’est pas toujours loin.

Ces Valentin à plusieurs Valentine

 

Comment les hommes à plusieurs partenaires parviennent-ils à satisfaire toutes leurs compagnes le 14 février ? A cette interrogation, Mamoudou Sawadogo, comptable  de profession, marié et père de quatre  enfants, semble n’avoir pas de souci. « Je n’ai aucun souci avec ma femme et mes deux maîtresses. Il suffit tout simplement d’être un bon  « gestionnaire » pour les gérer toutes. Par exemple, les maîtresses, ça se gère la matinée, entre midi et deux heures de l’après-midi, avant  de rentrer à la maison retrouver son épouse avec qui on passe tout le reste de la soirée  », avoue-t-il. Ce qui n’est pas le cas de Cédric Traoré, opérateur économique. Il préfère faire un black-out total sur ses  cinq copines. « Le 14 février, je suis en mission, c’est tout. C’est tellement simple ! Je simulerai une mission pour ne pas rester avec qui que ce soit. Parce que je ne pense pas pouvoir les gérer toutes. Le faire avec une, suppose que c’est elle ma préférée ; du moins, c’est ce qu’elle pensera ; ce qui n’est pas le cas. Alors, pour ne pas faire de jalouses, je crée une   mission ». Voilà sa recette.

La Saint-Valentin, une fête commerciale

Malgré le peu d’intérêt que suscite cet événement pour  certaines personnes, la Saint-Valentin est progressivement entrée dans les mœurs. Cette célébration connaît aujourd’hui une popularité, notamment chez les jeunes. C’est l’occasion pour les commerces de renouveler leurs stocks, avec la forte clientèle après les fêtes de fin d’année. A l’occasion, les commerçants qui ont connu des temps de vaches maigres, en profitent pour faire de bonnes affaires. Des cadeaux en forme de cœur et des bouquets de fleurs, voire des produits tout aussi variés les uns que les autres, aux couleurs de l’amour, sont proposés aux visiteurs dans tous les espaces. C’est le cas de Aline Zidwemba, propriétaire de la Coquette du Faso aux 1200 Logements. Elle propose une gamme variée de  produits allant des mèches (brésiliennes, naturelles simples, synthétiques, etc.) aux montres, chaînes et produits cosmétiques. « A la Coquette du Faso, nous sommes heureux de satisfaire nos clientes qui se félicitent de trouver des produits qu’elles  recherchent. Elles  en sont contentes et  ne font que nous remercier pour cette initiative louable », déclare-t-elle.  Toute cliente qui franchit le seuil de l’atelier Yoafa Style couture situé  à Kalgondé, est aussitôt accueillie par  Mme Emma Prisca Ouédraogo/Banhoro qui la conduit dans les différents rayons et à travers les  étals. Elle est aidée dans cette tâche par une dizaine d’employés. « Nous voulons offrir un service de qualité à nos clientes », explique Mme Ouédraogo. Elle ajoute que « les prix des articles sont abordables, puisqu’on découvre des vêtements  à la portée de toutes les bourses  ». Chez Raki tendance, c’est le cœur en peine que la propriétaire des lieux nous reçoit. Elle qui, à l’occasion de cette fête, n’a pas  lésiné  sur les moyens pour remplir son magasin de tous les accessoires de beauté importés de Chine. « La clientèle se fait rare. Alors que l’an passé, j’avais  réussi à booster  mon chiffre d’affaires à l’occasion de la Saint- Valentin. Mais je sens un mauvais présage cette année  », comme quoi la fête de l’amour se conjugue avec les réalités économiques, a-t-elle déclaré.

Origine de la Saint-Valentin

Selon Wikipédia, le  14 février s’est transformé en fête pour les amoureux, au IIIe siècle. L’histoire raconte que  Saint Valentin, patron des amoureux, était  un prêtre mort martyrisé par les Romains, le 14 février 270. A cette époque, Valentin s’était attiré la colère de l’empereur Claude II qui venait d’abolir le mariage, car celui-ci trouvait que les hommes mariés faisaient de piètres soldats parce qu’ils ne voulaient pas abandonner leur famille. Valentin encourageait donc  les jeunes fiancés à venir le trouver en secret pour recevoir de lui, la bénédiction du mariage. Malheureusement pour lui, il fut arrêté et emprisonné. Pendant qu’il attendait son exécution dans sa cellule, Valentin lie amitié avec la fille du  geôlier et lui redonne la vue. Juste avant d’être décapité, il lui offre des feuilles en forme de Cœur  avec le message suivant : De ton Valentin! Dans certains pays, la fête de la Saint-Valentin vient d’une croyance médiévale européenne qui dit que les oiseaux commencent à s’accoupler le 14 février. Aujourd’hui, le 14 février est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges qui sont l’emblème de la passion. C’est la période où environ un milliard  de cartes de vœux sont expédiées dans le monde. Aussi, 85% de ces cartes sont achetées par des femmes. Loin d’être une fête uniquement réservée aux couples, la Saint-Valentin est aussi une occasion de partage et de célébration de l’amitié.

Seydou TRAORE

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