CHANGEMENT DE NOM DE L’HOPITAL NATIONAL BLAISE COMPAORE : « Une décision malheureuse et inconvenante », selon Ablassé Ouédraogo

CHANGEMENT DE NOM DE L’HOPITAL NATIONAL BLAISE COMPAORE  :   « Une décision malheureuse et inconvenante », selon Ablassé Ouédraogo

Le Conseil des ministres, en sa séance ordinaire du 1er août 2018, a décidé de rebaptiser l’hôpital national Blaise Compaoré en Centre hospitalier universitaire de Tengandogo. Cette décision n’est pas du goût de Ablassé Ouédraogo de « Le Faso Autrement », qui la trouve « malheureuse et inconvenante ». Lisez plutôt pour en savoir davantage !

Au Conseil des ministres du mercredi 1er  août 2018, le gouvernement du Burkina Faso a décidé de rebaptiser l’Hôpital national Blaise Compaoré en Centre hospitalier universitaire de Tengandogo. Cette initiative malheureuse est inconvenante et n’honore pas le gouvernement du Burkina Faso aux yeux de nombre de Burkinabè et du reste du monde. A-t-on pris aussi les précautions nécessaires pour vérifier selon notre tradition et nos coutumes la convenance du nom à l’infrastructure? Nous avons une culture qu’il ne faut jamais ignorer en posant nos actes.Rappelons-nous en effet qu’au début de la Transition, le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida avait déjà tenté la même opération en voulant rebaptiser le même établissement hospitalier avec le nom de Hama Arba Diallo. Cette tentative de travestir l’histoire de notre pays ne lui a pas porté bonheur dans sa carrière de politicien. La raison qui a prévalu en son temps est la même qui prévaut aujourd’hui et personne ne peut nous convaincre du contraire : le populisme, la démagogie et surtout le harcèlement d’une méchanceté injustifiable. Et aujourd’hui, le gouvernement de SEM Roch Kaboré reprend le refrain de la même chanson comme s’il n’y avait pas d’autres actions plus utiles à entreprendre. Baptiser les infrastructures n’est pas l’essentiel dans la construction et le développement d’un pays. Ce qui compte pour le peuple, c’est la réalisation des infrastructures, la paix, la stabilité, l’unité nationale, la sécurité des citoyens et de leurs biens, le développement économique et social du pays et le vivre-ensemble convivial. Même si l’on n’aime pas la personne de Blaise Compaoré il faut accepter de reconnaître qu’il a travaillé, comme il a pu, à l’édification du Burkina Faso avec les ressources humaines et matérielles à sa disposition. Dans son œuvre, il y a eu certainement des manquements et des insuffisances, mais reconnaissons avec humilité qu’il y a eu aussi des réalisations positives et intéressantes pour le pays. C’est aussi vrai qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite sur cette terre, mais procéder de la sorte et effacer le nom d’un fils du Burkina qui a mouillé la chemise à la tête du pays et réalisé ce qu’il a pu faire pour son peuple, dont, entre autres, cet hôpital très moderne, montre l’ingratitude et l’esprit mesquin ambiants surtout quand les décideurs d’aujourd’hui ne sont que les solides et inamovibles soutiens et piliers des 27 ans du régime Compaoré. Ce sont eux-mêmes qui ont induit Blaise Compaoré en erreur en mettant dans sa tête que la modification de l’article 37 de la Constitution était une excellente chose et qu’il fallait y aller. Ce qui fût fatal pour lui, son régime et a nécessité le retentissant mea culpa, la tête basse, de l’actuel locataire du palais de Kosyam pour pouvoir se présenter comme candidat à l’élection du Président du Faso du 29 novembre 2015. Après l’adoption le 30 juillet 2018 de la loi d’exclusion modifiant le Code électoral sur le vote des Burkinabè vivant et travaillant à l’étranger, cette décision du président Kaboré et de son gouvernement vient confirmer à suffisance que la gouvernance actuelle conduit inexorablement le Burkina Faso à la division et au chaos. Ce n’est pas d’un changement de dénomination que ce centre de santé publique a besoin mais de ressources humaines qualifiées et compétentes, d’équipements et de moyens de maintenance conséquents pour garantir aux populations des soins de qualité à des coûts raisonnables sur le long terme. Ce qui ferait le bonheur des usagers du service public de la santé. Dieu est pour nous tous. Ressaisissons-nous, pour que tous ensemble, nous allions à la réalisation de la réconciliation nationale afin de préparer un destin commun meilleur pour les générations futures de notre pays.

Dieu sauve le Burkina Faso.

 

Ouagadougou, le 2 août 2018

                           

Dr. Ablassé OUEDRAOGO

Président du parti « Le Faso Autrement »

 

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