CHANTIERS DU 11 DECEMBRE : C’est la course contre la montre à Manga

CHANTIERS DU 11 DECEMBRE  : C’est la course contre la montre à Manga

 

La fête nationale du Burkina Faso est célébrée le 11-décembre prochain à Manga, capitale de la région du Centre-Sud. Toute la région, en particulier la ville hôte, se prépare à accueillir l’événement. D’où de nombreux chantiers, en termes d’infrastructures diverses, en cours. Les ouvrages seront-ils prêts pour le 11-Décembre ? Les délais seront-ils respectés ? Quels enseignements peut-on tirer au stade actuel des travaux ? Voici des questions qui nous ont amenés sur le terrain. Du 5 au 7 septembre 2018, nous étions sur ces chantiers, non pas en tant qu’ouvrier ou ingénieur, mais comme collecteur d’informations.

5 septembre 2018 à Manga. Des machines vrombissent ; des camions font des va-et-vient ; des véhicules personnels passent et repassent ; des jeunes, trempés de béton, circulent, laissant un visage visiblement marqué par la fatigue ; certains portent des gilets distinctifs. Ici, on creuse ; là, on bouche des caniveaux ou on les cure. Apparemment, ici, tout le monde s’affaire et personne ne semble s’intéresser à ce que l’autre fait. Ce jour, 5 septembre 2018, le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Segda, le haut-commissaire de la province du Zounwéogo, Aboubakar Traoré, et le maire de la commune de Manga, Jérôme Rouamba, désertent leur bureau à partir de 14h. Ils sont sur la route nationale 29 en chantier et discutent. En fait, ces autorités font le tour des différents chantiers.  Au bord de cette route nationale 29, le gouverneur et sa suite sont guidés, dans leur tournée, par quelques techniciens chargés de répondre aux questions relatives aux travaux. En tout cas, le temps est propice. Le soleil est ardent, mais peu importe. Cet après-midi, le ciel est dégagé, pas de pluie en perspective. Autant donc profiter faire des visites inopinées pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de réalisation des infrastructures. « Depuis le passage des membres du gouvernement avec à leur tête le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (ndlr : Siméon Sawadogo), président du Comité national d’organisation, des orientations et des instructions ont été données aux entreprises. Nous, au niveau régional, nous sortons toutes les deux semaines pour encourager les entreprises et les interpeller à respecter les délais d’exécution », dira plus tard, le gouverneur, une fois de retour dans son bureau. En réalité, il s’agit là d’un marquage à la culotte entre autorités politico-administratives, techniciens et entreprises pour que les ouvrages soient livrés à bonne date. Du moins, pour que les ouvrages soient prêts d’ici le 11-Décembre, étant donné que les délais deviennent serrés. Et avec juste raison ! Octobre ou novembre comme délais, c’est dans quelques semaines. Le 11-Décembre, lui, c’est dans deux mois environ. Au regard du niveau d’avancement des chantiers, le respect des échéances est dans toutes les têtes. La fête ne sera pas reportée et donc, la ville doit être habillée aux couleurs des festivités. Depuis la capitale, à plusieurs dizaines de kilomètres de là, du côté du Secrétariat permanent du Comité national d’organisation de la fête du 11-Décembre, dont les bureaux sont situés dans le quartier huppé de Ouaga 2000, l’on donne la date butoir du 25 novembre pour la remise des ouvrages. A l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (AGETIB), on estime, pour ce qui est des routes, que les premiers ouvrages sont attendus courant octobre. Enfin, à la Direction régionale de l’Habitat et de l’urbanisme de Manga et concernant la réalisation des logements, « on a espoir que les délais seront respectés ». Ah ! « Espoir » ! L’emploi de ce mot n’est pas anodin. Et cela se comprend.

Tous donc obsédés par les délais

« Il y a un léger retard mais pour rattraper tout ça, nous avons demandé aux différentes entreprises de redoubler d’efforts. Il faut travailler jour et nuit pour pouvoir rattraper le retard qui a été consommé. Si les moyens sont mis, on va pouvoir faire des miracles. Je sais que dans beaucoup de 11-Décembre, on n’a pas pu finir les travaux, mais pour Manga, on espère parce qu’on n’espérait même pas le niveau déjà atteint vu qu’au démarrage, les travaux ont un peu traîné », explique effectivement Tinyar Sinidah, directeur régional de l’Habitat et de l’urbanisme de la région du Centre-Sud. « Nous sommes inquiets quant au respect des délais », ajoute Jérôme Rouamba, maire de la commune de Manga, avant de nuancer ses propos : « Nous ne sommes pas inquiets parce que, vu le travail abattu, Manga 2018 sera une réussite ». « Les délais seront respectés », assure, pour sa part, Gustave Adoko de la Mission d’étude et maître d’ouvrage (MEMO) qui suit les chantiers de la Place de la Nation et de la Salle Polyvalente. « Nous serons dans les délais », confirme Seydou Dao, chef du chantier de la Place de la Nation. « Il reste deux mois et si les entreprises mettent le paquet, les ouvrages seront livrés dans les délais », fait constater le gouverneur de la région du Centre-Sud, Casimir Segda. « On a actualisé le planning pour pouvoir tenir dans le calendrier », renchérit de son côté, Mathieu Lompo, directeur général de l’AGETIB. Le secrétaire permanent du Comité national d’organisation de la fête nationale du 11-Décembre, Boukari Khalil Bara, lui, dans cette ambiance, apporte un détail qui échappe souvent à l’opinion: « Tout ce qui est prévu doit se faire et va se faire. Maintenant, il y a une question de délais. A ce niveau, il faut dire que la réalisation de l’infrastructure pendant qu’on a organisé le 11-Décembre, n’est pas un impératif. Cela veut dire que ce n’est pas parce qu’on a prévu la réalisation d’une infrastructure pour le compte des festivités du 11-Décembre, qu’on est tenu de terminer la construction. Dans tous les cas, ce qui est fait, c’est au profit de la population. L’essentiel, c’est d’avoir les infrastructures nécessaires à l’organisation de la fête ». Mais attention ! Précision importante, les ouvrages doivent être prêts : « Les infrastructures classiques vont être opérationnelles. Nous avons lancé des marchés, les entreprises ont reçu des missions. Il y a des marchés de 6 mois et des marchés de 5 mois. Nous nous sommes donné le délai du 25 novembre 2018 pour la remise des infrastructures pour utilisation au cours des festivités. Mais nous sommes des humains. Tout peut arriver. Il peut y avoir des difficultés au niveau de l’entreprise ; des difficultés d’ordre climatique. Il y a des facteurs qui peuvent influencer, d’une manière ou d’une autre, le déroulement normal des travaux… Les dernières pluies sont venues perturber les programmes des entrepreneurs. Dans tous les cas, les entreprises se sont engagées à donner les ouvrages le 25 novembre. Elles sont au courant des contraintes ». Si tout le monde s’accorde sur les délais, force est de reconnaître que leur respect doit se frayer un chemin parmi une kyrielle de difficultés.

Des difficultés à la pelle

En toile de fond, ces idées avancées, sur le respect des délais, sont l’expression de plusieurs difficultés rencontrées dans les travaux du 11-Décembre à Manga. Le DR/Habitat pointe du doigt les procédures de passation des marchés. « On aurait dû, pour les différents 11-Décembre, trouver une procédure spéciale de passation des marchés », dit-il. Et ce n’est pas tout. « Pour ce qui est des logements sociaux, les choses ont tout simplement traîné parce que le foncier aujourd’hui n’appartient pas à l’Etat », justifie Tinyar Sinidah. Et voici le récit de cas: « Nous avons démarré la négociation des cités depuis fin 2016. Nous avons identifié les sites en nous basant sur notre schéma directeur qui a donné les orientations de là où la ville va s’étendre. Initialement, deux sites ont été retenus. Un site situé après le gouvernorat, sur l’axe Manga-Zabré, pour la construction des logements sociaux et économiques, le second site à l’entrée de la ville, uniquement pour les Forces vives. Malheureusement, dans les négociations, le site des logements sociaux n’a pas eu une issue favorable mais les gens ne nous ont pas fait comprendre qu’ils n’étaient pas d’accord. Ils nous ont laissé aller jusqu’au bout de la procédure (levée topographique, élaboration du plan d’aménagement). Et c’est à la validation au niveau communal que des problèmes ont été soulevés ». En fait, il nous est revenu qu’une partie de la population a refusé, pour des raisons « culturelles », que les logements sociaux et économiques soient réalisés sur le site identifié dont il est question. Conséquence, le ministère de l’Habitat a dû revoir ses plans sur la question en se déportant sur un autre site, à la sortie de la ville, sur l’axe Manga-Ouaga. Sur cette question, le maire de la commune de Manga, Jérôme Rouamba, a sa version : « Dans la vision du conseil municipal, cela en fonction de l’orientation du schéma d’aménagement de la ville, nous avons voulu avoir deux pôles économiques : un site à l’entrée de Ouagadougou, un autre site à la sortie de la ville, côté sud, sur l’axe Zabré-Manga. Il n’était pas question d’un premier site. Tous les deux sites devaient être retenus ; malheureusement, nous n’avons pas retenu le second, faute de consensus avec la population. Et comme il y avait une question d’urgence, nous n’avons pas pris le risque de tergiverser, de peur de ne pas pouvoir respecter les délais. D’autres infrastructures sont prévues dans ce site mais pas dans le cadre du 11-Décembre ». Qu’à cela ne tienne, « on était obligé d’aller sur l’autre site et cela nous a fait perdre énormément de temps », indique le DR avant d’avertir : « Si on ne change pas la manière, peut-être Tenkodogo risque-t-il de vivre la même situation ».
Parlant des difficultés rencontrées par les chantiers du 11-Décembre à Manga, la liste reste longue. A un moment donné, certaines entreprises « ont eu des difficultés en termes de capacités financières », relève le gouverneur Segda qui précise que « l’Etat a fait des efforts pour accompagner les efforts des entreprises ». N’empêche que le problème reste posé. A titre d’exemple, une des trois entreprises qui réalisent les logements sociaux et économiques, est à la traîne, faute d’argent. Pendant que les deux autres sont entre 60 et 70% de réalisation, ne restant que le crépissage et les fouilles pour les fosses septiques, la dernière entreprise en question est à la phase de longrine. Justement, sur la question de la « disponibilité » des ressources financières, de la part de l’Etat, le SP/11 décembre a une explication. Voici ce qu’il dit : « Les infrastructures du 11-Décembre sont réalisées par les ministères sectoriels. Les budgets de réalisation de ces infrastructures sont alloués à ces ministères. Donc, dès le vote de la loi de finances, on sait quel ministère sectoriel réalise quelle infrastructure. Et comme le budget est annuel, c’est le budget de l’Etat gestion 2018 qui réalise les infrastructures de Manga 2018. Pour la mise en place effective du budget, gestion 2018, dans les ministères, il faut attendre au plus tôt en mars ou avril. Le temps de mettre en place tout le mécanisme budgétaire, occasionne ces retards. Mais de façon générale, les ministères s’organisent pour mettre en priorité, les réalisations du 11-Décembre dans leur plan de passation de marchés». Autres difficultés des chantiers de Manga : le sol et le facteur climatique. Le 6 septembre, les différentes entreprises ont revu leur agenda du jour. En effet, de 12h 15 mn à 14h 30 mn, le ciel a ouvert grandement ses vannes. Pendant et après la pluie, presque tous les chantiers étaient arrêtés. Idem pour le 7 septembre, aux premières heures de la matinée. Le terrain devient ainsi impraticable. Même les bulldozers «  se cherchent » dans une telle stuation.

Le sol de Manga indexé

Le DR de l’Habitat et de l’urbanisme est suffisamment renseigné sur la problématique. « Le sol de Manga est argileux. Ce sont des types de sols qui se sont développés sur des roches métamorphiques et dont la décomposition est assez importante. Au dessus, on a une bande assez épaisse de substances naturelles. Parlant d’argile, quand il pleut, l’eau a du mal à s’infiltrer. Non seulement le sol est glissant, mais aussi quand il pleut suffisamment, l’eau ressort. Par endroits, il y a des sources qui naissent. Pour la réalisation de la voirie actuellement, les entreprises ont des difficultés. Il faut décaper une couche assez importante de terre qu’il faut rejeter avant de faire un apport de matériaux nouveaux sains pour pouvoir compacter. Pour les bâtiments, il faut aller à une certaine profondeur, pour trouver une bonne assise. Tout cela devient coûteux pour les entreprises ». Et Adoko de la mission de contrôle MEMO d’ajouter : « A Manga, il pleut tous les jours. Or, les pluies ne sont pas comptées dans les délais délimités ». « Quand il pleut, on ne peut pas travailler, les routes sont impraticables ; il est difficile d’accéder aux sites d’emprunt. Souvent, on est obligé d’arranger les voies pour pouvoir y accéder », relève Seydou Dao, chef du chantier de la Place de la Nation. « Quand il pleut, les véhicules n’arrivent pas à aller en brousse pour nous envoyer les agrégats », souligne Zacharia Maïga, chef de chantier de la Salle Polyvalente. A en croire le DG de l’AGETIB, Mathieu Lompo, le problème d’accès des agrégats au compte des chantiers à Manga, a une autre dimension. Et il le dit sans détour : « Ce sont dans des communes voisines que les agrégats ont été trouvés et certifiés par le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics. Quelques fois, la collaboration avec ces communes n’est pas facile. Ces communes réclament des rétributions que les entreprises n’avaient pas intégrées dans leurs offres. Contrairement à d’autres zones, au niveau de Manga, les entreprises sont obligées de faire des contributions, souvent assez élevées ».  Et pour terminer avec notre liste de difficultés : « Une des difficultés que les entreprises soulèvent, c’est la réaction des concessionnaires, notamment la SONABEL, l’ONEA ; les réseaux de fibres optiques qui sont enterrés ça et là et qu’il faut, parfois, déplacer », ajoute le DG AGETIB.

Malgré tout, les entreprises veulent relever les défis : les travaux avancent

Personne ne vous dira le contraire. Les chantiers en cours, dans le cadre du 11-Décembre, avancent. Dans tous les cas, il n’y a pas d’autres perspectives ! « L’entreprise a accepté de travailler pour combler les retards. On est devant une mission, il faut l’accomplir ». Cette phrase d’un des chefs de chantier en dit long sur la détermination des acteurs à relever les défis auxquels ils font face. A la date du 7 septembre, les niveaux d’exécution des travaux sont disparates. « Pour la Place de la Nation, au stade actuel, nous sommes pratiquement à trois mois d’exécution des travaux et il nous reste en gros deux mois pour terminer les travaux. A ce jour, nous sommes à environ 43% du taux physique d’exécution des travaux. Il y a d’autres réalisations à faire, notamment la tribune (gros œuvres presque terminés 50%), la cafétéria (100%), les toilettes et le pavage de l’aire du défilé, la petite clôture (97%) ». C’est l’évaluation faite par le DR/Habitat. En ce qui concerne la Salle polyvalente de 500 places, les travaux sont à 23% de réalisation. « A ce jour, nous sommes à 23% mais on peut dire que la plupart des gros œuvres sont déjà terminés. Il reste le dallage et le coffrage pour pouvoir poser ensuite la voûte. Actuellement, elle est en confection à Ouagadougou. Le taux s’explique par le fait que la salle doit être équipée de matériel qui a été déjà commandé », indique le DR. Quid des logements, notamment sociaux et économiques ? Voici la réponse du DR Tinyar Sinidah : « Au stade actuel, sur les 300 logements, nous avons 170 logements sociaux et des logements économiques. 150 ont déjà atteint le niveau de la pente où on est en train de faire la pose de la toiture. Une cinquante de bâtiments n’ont pas encore poussé totalement. Nous sommes au stade de la longrine. Et là, l’entreprise est venue un peu en retard mais nous lui avons demandé d’accélérer ». Pour les routes, c’est l’AGETIB qui répond.
Il faut dire qu’à Manga, quatre (4) groupements d’entreprises se partagent les 4 lots des travaux routiers. Il s’agit de bitumer une trentaine de rues pour un linéaire total de 36 km avec une quarantaine de km de caniveaux. Il y a également l’aménagement des aires publiques (aire de tribune, parkings et déjeuner) et la réalisation des clôtures des infrastructures publiques qui côtoient les voies en chantier. « Au jour actuel, nous sommes à des niveaux d’exécution divers. Le taux d’exécution du lot le plus faible est de 15% ; le plus élevé est à 30% à la date du 31 août 2018 pour un délai consommé d’environ 40%», relève le DG. Pressées par les délais pour livrer leurs travaux et talonnées par les autorités, les entreprises mettent le paquet. C’est une course contre la montre en attendant une visite des chantiers par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, en fin octobre. Les entreprises travaillent nuit et jour. « Tout le monde court en même temps et au même moment pour rattraper le retard », nous souffle-t-on, au risque d’avoir des « ouvrages à peu près ». Une hypothèse avancée en filigrane par un des techniciens rencontrés sur le terrain : « Si on attend les derniers moments pour sortir les gros moyens pour que les entreprises travaillent nuit et jour, c’est bien mais la résistance de la chose ne sera pas ça. Dans le cadre même des bâtiments, quand on coule une dalle, il faut un délai pour pouvoir continuer le reste, mais si aux derniers moments, on dit aux gens de courir, certains vont confectionner des parpaings la nuit mais de tels ouvrages tiennent combien de temps ? Donc, des choses peuvent échapper aux contrôleurs que nous sommes ». Faut-il craindre alors pour la qualité des ouvrages ? « Non » ! Répondent les techniciens. Des dispositions sont prises pour garantir la qualité des différents ouvrages. « Notre ministre attache du prix à la qualité des travaux. Et nous prenons la mesure de la situation en termes de qualité parce que les infrastructures sont construites pour durer dans le temps. Actuellement, à Manga, nous avons plus d’une vingtaine d’ingénieurs qui sont à pied d’œuvre. Ils sont issus de l’Agetib, des services centraux du ministère, de la direction régionale des infrastructures et des deux missions de contrôle. Le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP) a aussi déployé une équipe sur place. C’est une chaîne de qualité qui veille au respect des normes de qualité. En mobilisant autant d’ingénieurs sur le terrain, ce n’est pas pour venir recevoir le calumet après. Dans un pays aux ressources très limitées, on ne peut pas se permettre de réaliser des travaux au rabais », dixit le DG de l’AGETIB. Le gouverneur de la région n’est pas en reste sur cette question de la qualité des ouvrages. « Nous insistons sur la bonne exécution des travaux et ce, tirant leçon de ce qui s’est passé ailleurs. La mission gouvernementale qui est venue la dernière fois a beaucoup insisté sur la qualité des ouvrages. Et je pense que s’il y a insuffisance quelque part, c’est que les techniciens n’ont pas fait correctement leur travail », rappelle le gouverneur Segda. Gare donc aux entreprises qui ont l’intention de tricher. Dans tous les cas, fait constater Mathieu Lompo, « pour pouvoir tricher, il va falloir tromper la vigilance d’une trentaine d’experts. Il est donc plus facile de réaliser les ouvrages selon les règles de l’art que de passer le temps à vouloir dribler les acteurs ».  En attendant d’apprécier les résultats des chantiers en conformité avec le thème « « Bonne gouvernance et équité sociale pour une nation forte et prospère », la région du Centre-Sud peut se réjouir de l’ambiance qui règne. En effet, dans les trois villes bénéficiaires d’infrastructures, en l’occurrence Manga, Pô et Kombissiri, plus de 1 000 personnes sont mobilisées pour les travaux des routes d’un coût d’environ 16 milliards de F CFA. A Manga, c’est environ 5 000 emplois qui ont été créés dans le cadre des travaux en cours avec comme perspectives des retombées financières de l’ordre de 3 milliards de F CFA.

Michel NANA

 

De la question des nombreux désagréments

« On ne peut pas faire d’omelettes sans casser des œufs ». Le maire de la commune de Manga s’efforce de trouver les mots pour sensibiliser sa population en proie à de nombreux désagréments. Boukari Khalil Bara, SP/Comité national d’organisation, connaît parfaitement la problématique. « Nous sommes à un niveau de pression et où il ne reste que quelques mois pour le 11 décembre. Les entreprises sont décidées à terminer leurs chantiers. Cela crée des désagréments terribles aux populations, que nous essayons de gérer au mieux avec l’autorité régionale », souligne-t-il. En effet, dans cette petite ville de Manga, il y a une trentaine de voieries en chantiers qui se réalisent pendant le trafic. Autrement dit, elles ne sont pas fermées à la circulation. La population critique le manque de déviations. « Vu le nombre de rues en chantier, même en cas de déviation, la route passe devant la porte d’une maison », rappelle un technicien avant de préciser : « Malheureusement, de façon générale, pour des projets du genre, dans des villes habitées, on ne peut pas ne pas créer des perturbations. On travaille à minimiser les nuisances ». Parmi les principaux désagréments, figurent en bonne place les cas d’inondations, la perturbation du trafic routier, les accidents de la circulation. Pour faire face à la situation, le maire demande des sacrifices à sa population. « J’invite la population à accepter de faire le sacrifice », lance-t-il. Manifestement, cette population, à l’instar de Bassibiri Congo, un commerçant de la ville, accepte ce sacrifice. Il confesse : « Ceux qui se plaignent des désagréments ignorent l’utilité des infrastructures en cours de réalisation. Ces  infrastructures vont aider au développement de Manga ». Il est certain que quand Manga aura définitivement pris les couleurs de son 11-Décembre, sa population comprendra, peut-être, que le sacrifice en valait effectivement la peine.

 

Les infrastructures à réaliser dans la ville de Manga

-Construction d’une salle polyvalente de 500 places ;
-Réalisation de la Place de la Nation ;
-Construction de 500 logements sociaux et économiques ;
-Construction de 200 logements à la Cité des forces vives ;
-Construction d’un château d’eau par l’ONEA ;
-Extension du réseau électrique dans la ville de Manga ;
-Réalisation des travaux d’assainissement et pose de pavés au marché central ;
-Réhabilitation du marché central par la LONAB ;
-Bitumage de 35km de voiries
-Réalisation des travaux de finition du stade régional ;
-Réalisation d’un plateau omnisport ;
-Aménagement du terrain provincial ;
-Construction d’un hôtel du 11 décembre par la CNSS ;
-Construction de la Maison de l’Appelé ;
-Construction d’un groupement de gendarmerie ;
-Construction par la SONAPOST, d’un espace pour jeunes ;
-Réalisation de la clôture des infrastructures scolaires et sanitaires (le lycée provincial, l’école communale, la gendarmerie, la direction régionale de l’enseignement secondaire et le CSPS Urbain) ;
-Réalisation des travaux du rond-point Naaba Siilga par l’ONATEL ;
-Réalisation d’un rond-point et d’un monument par la commune.

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