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LA CHRONIQUE DU FOU:BAGARRE ENTRE CHEFFERIE COUTUMIERE ET SOCIETE CIVILE

LA CHRONIQUE DU FOU:BAGARRE ENTRE CHEFFERIE COUTUMIERE ET SOCIETE CIVILE

Ne jouons pas avec le feu !

 

S’il y a quelque chose qui a retenu le plus mon attention au cours de cette semaine, c’est bien la mésentente qu’il y a eue entre le chef de canton de Dédougou et le responsable régional du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) de ladite localité. Je ne vais pas revenir sur les circonstances qui ont provoqué cette situation, mais j’avoue que ce différend m’a mis très mal à l’aise. Car, je sais qu’au Burkina, c’est la convivialité qui a toujours caractérisé les relations entre les chefs coutumiers et les autres composantes de la société. Mais là, je n’ai pas compris pourquoi les choses se sont passées autrement, au point que l’on a frôlé le pire. Pour preuve, ceux qui ont été témoins de l’événement parlent d’une véritable chasse à l’homme survenue le dimanche 8 mai à Dédougou, où les partisans du sieur Lamoussa Kadenza et ceux du chef de canton, appuyés par les dozos, étaient au bord de l’affrontement. Oh pauvres Burkinabè ! Que gagnons-nous à nous offrir en spectacle de la sorte ? Le monde entier nous a acclamés au lendemain de l’insurrection populaire qui a mis fin à la dictature de Blaise Compaoré, mais je parie qu’à l’allure où vont les choses, nous courons le risque de devenir un contre-exemple. Car, jusque-là les chefs coutumiers étaient considérés comme les derniers remparts dont le rôle, en plus d’être des gardiens des coutumes, est de contribuer à la promotion de la paix. Ce n’est pas pour rien que quand un régime est aux abois, il n’hésite pas à faire appel aux leaders coutumiers ou religieux pour désamorcer la crise. Que serait le Burkina sans ces leaders auxquels les gouvernants font du reste recours quand ils ont le feu aux fesses ? C’est dire que les chefs coutumiers jouent un rôle important dans la société. Seulement, je n’arrive pas à m’expliquer ce qui est arrivé à Dédougou.

 

Même les fous n’aiment pas les pays en crise

 

Que la chefferie coutumière et la société civile entrent en conflit, je dis qu’il s’agit-là d’un tournant dangereux qui pourrait être préjudiciable à la cohésion nationale. C’est pour cette raison que je demande aux uns et aux autres de mettre beaucoup d’eau dans leur bangui (suivez mon regard) pour que notre pays qui a déjà tant souffert, n’aille pas à vau-l’eau. La chefferie coutumière a son rôle, et la société civile le sien. Je ne vois donc pas où se trouve le problème. En tout cas, je ne veux plus entendre pareille discorde de nature à fragiliser notre tissu social. En même temps, je demande aux Burkinabè de faire preuve de tolérance. Car, c’est la chose qui manque souvent le plus chez nous au pays des Hommes dits intègres. Or, sans tolérance, on ne peut pas construire une société solidaire et prospère. C’est en cela d’ailleurs que je félicite le chef de canton de Dédougou pour sa démarche conciliante. Et cela, parce que je me demande ce qui se serait passé s’il s’était opposé catégoriquement au retour de Kadenza à Dédougou. Sans doute les choses seraient-elles allées de mal en pis. Toute chose qui n’honore personne, pas même Satan dont on dit qu’il adore le mal. Ne jouons donc pas avec le feu. Car, comme le dit un adage, « on sait quand commence un conflit, mais personne ne peut en prévoir l’issue ». Et c’est peu dire. Il suffit seulement de jeter un regard autour de nous pour se rendre compte que le Burkina constitue un îlot de paix dans un océan de turbulences. Que croyez-vous ? Même les fous n’aiment pas les pays en crise. Ils aiment là où tout est tranquille. Et moi, je suis fier de mon pays.

 

« Le Fou »

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