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COMMUNE RURALE DE BAMA

Des manifestants exigent la fermeture de la mairie

Ce lundi 6 juillet 2020, des habitants de la commune de Bama ont organisé une marche pour exiger la cessation de toutes les activités de la mairie et sa fermeture. Partis du domicile du chef de Bama, les marcheurs étaient censés remettre leurs doléances à la mairie, chose qui va tourner au vinaigre puisqu’ils seront dispersés par les éléments de la Police nationale.

Donner un avertissement au maire de cesser toutes activités et de quitter la mairie dans un bref délai. Tel était l’objectif visé à travers cette marche du 6 juillet 2020, dans la commune de Bama. Auparavant, selon le porte-parole des marcheurs, Karim Bihoun, une note lui avait été adressée avec un procès-verbal des chefs de village, pour lui demander de quitter les lieux, ces derniers l’accusant de vouloir mettre en conflit des ethnies dans la commune. Pour le porte-parole des marcheurs, il n’y a rien de personnel. « Nous ne sommes pas contre le maire, nous sommes contre les actes qu’il pose dans la commune », a-t-il dit. A en croire ses propos, en tant que premier responsable de la commune, le maire devrait réunir tout le monde sur la même table à la recherche de solutions aux problèmes, au lieu de décider pour les autres. Le maire étant absent, c’est son premier adjoint, Poussiga Konkobo, qui a reçu les visiteurs. Pour lui, cette marche est illégale non seulement parce qu’elle n’est pas autorisée, mais aussi parce qu’il n’est pas du ressort d’un quelconque chef de décider de la destitution du maire. Il a laissé entendre que tout ce que le maire entreprend dans ce projet de lotissement a été fait dans les règles de l’art. « Nous avons eu l’autorisation signée par deux ministres avant de demander à la population, aux propriétaires terriens, aux conseillers, aux habitants installés de façon spontanée, et tous ont donné un avis favorable. Je ne vois donc pas ce qui peut empêcher le lotissement à Bama », a indiqué le premier adjoint au maire avant d’ajouter : « Interdire le lotissement à Bama, c’est interdire le développement de Bama ». Ainsi, le premier adjoint au maire de Bama demande à l’Etat burkinabè de prendre ses responsabilités en vue d’accompagner la mairie pour la réussite de ce projet de lotissement. Aux chefs, M. Konkobo demande de surseoir à la protestation et d’entamer des négociations car, poursuit-il, seuls les conseillers ou l’Etat lui-même, peuvent décider de la destitution d’un maire en cas de manquement. Par ailleurs, il promet de remettre les doléances à qui de droit. En rappel, certains marcheurs avaient pour projet de faire fermer la mairie dans l’immédiat et sans condition. C’est alors qu’ils seront dispersés à coups de gaz lacrymogènes par la Police nationale et en réponse, les manifestants ont riposté par des jets de pierres à l’encontre des policiers.

Lassina DIARRA
(Correspondant)

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