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CONDAMNATION A 30 ANS DE PRISON DE BOSCO  NTAGANDA  

Ce n’est que justice

L’ex-seigneur de guerre congolais, Bosco Ntaganda, doit, sauf décision contraire, passer trente ans de sa vie derrière les barreaux. Ainsi en ont décidé les juges de la Cour pénale internationale (CPI).  C’est dire que malgré le déni dont il avait fait montre comme stratégie de défense, en rejetant en bloc les faits à lui reprochés, il n’a pas échappé au glaive de la CPI. Et c’est tant mieux ! En tout cas, sa condamnation est un ouf de soulagement pour   les parents des victimes ainsi que pour tous les défenseurs des droits de l’Homme.  Rappelons, si besoin en était encore, que Bosco Ntaganda était poursuivi pour 13 crimes de guerre et 5 crimes contre l’humanité. Surnommé Terminator, ce général congolais était accusé d’avoir commandité, programmé et planifié des meurtres, des viols d'enfants soldats et des pillages commis par ses troupes, entre 2002 et 2003, en Ituri, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est au regard de cette longue liste de crimes que les juges l’ont reconnu coupable, en juillet 2019, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et lui ont infligé cette peine de 30 ans de prison ferme. Autant dire que l’on ne saurait pleurer son sort. L’on pourrait même plutôt affirmer que ce n’est que justice. On est d’autant plus fondé à le dire  que la responsabilité de l’homme dans le conflit qui aura fait 60 000 morts selon certaines ONG, ne souffre d’aucun doute, en ce sens qu’il aura donné des ordres sur le terrain, pour que ses soldats commettent les pires atrocités. Et ce n’est pas tout, car il aurait lui-même participé à des exécutions sommaires, en tuant d’innocentes personnes dont l’abbé Boniface Bwanalonga, sans éprouver le moindre remords.

 

La condamnation de Ntaganda sonne comme un avertissement à l’endroit de tous les tortionnaires

 

C’est dire si Bosco Ntaganda est loin d’être un enfant de chœur. Et cela ne pouvait évidemment plaider en sa faveur parce que relevant de circonstances aggravantes. En tout cas, c’est peu dire qu’en condamnant cet ex-milicien congolais, la juridiction pénale aura fait œuvre de salubrité publique car, il passait pour être l’un des sanguinaires de la pire espèce du XXIe siècle, sur le continent noir. En réussissant à le faire passer sous les fourches caudines de la justice, la CPI aura ainsi travaillé à redorer son blason car la relaxe inattendue de l’autre ex-chef rebelle congolais, Jean Pierre Bemba, avait créé une grande incompréhension au sein des défenseurs des droits de l’Homme, et contribué à ternir son image.  Si donc Terminator en venait lui aussi à échapper à la Justice, beaucoup de citoyens seraient amenés à se poser des questions sur l’indépendance et l’utilité de la CPI. En tout état de cause, la condamnation de Ntaganda a une portée pédagogique en ce sens qu’elle sonne comme un avertissement à l’endroit de tous les tortionnaires sur le continent noir. Il planera toujours une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, chaque fois qu’ils porteront atteinte à la vie de leurs concitoyens.

Dabadi ZOUMBARA 

 

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