A la uneFocus

CONDAMNATION EN APPEL DE LIONEL ZINSOU

Un verdict qui devrait faire école

Condamné en première instance à cinq ans d’inéligibilité, assortis d’une amende de 50 millions de F CFA, l’ex-Premier ministre béninois, Lionel Zinsou, a vu sa peine partiellement confirmée en appel, le 18 février dernier . L’ex-candidat malheureux à la présidentielle a été reconnu coupable de « dépassement de frais de campagne » par la Cour d’appel de Cotonou qui l’a finalement condamné à quatre ans d’inéligibilité et cinq millions de F CFA d’amende. Les juges d’appel ont cependant rejeté le chef d’accusation portant sur « le faux et usage de faux » pour lequel Lionel Zinsou avait écopé, en première instance, de six mois de prison avec sursis. Ils n’ont retenu que les charges relevant du contentieux électoral. Toute chose qui en rajoute à la confusion quand on sait que la Cour suprême, qui est compétente en matière de litiges relatifs au processus électoral, avait décidé, à l’issue de la présidentielle de 2016, de ne pas engager de procédure contre Lionel Zinsou dont l’avocat n’exclut d’ailleurs pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour de cassation. En tout cas, on peut accuser le pouvoir béninois, à tort ou à raison, d’avoir « instrumentalisé » la Justice aux fins d’écarter un adversaire politique de taille.

Le Bénin a eu le mérite d’avoir ouvert l’œil et le bon, sur une pratique qui a la peau dure dans bien des pays africains

Mais force est de reconnaître que ce procès a une valeur hautement pédagogique. Il devrait, en effet, donner à réfléchir à tous ces politiciens à la petite semaine qui s’adonnent à de folles dépenses pendant les campagnes électorales. Et le Bénin, quoi que l’on dise, a eu le mérite d’avoir ouvert l’œil et le bon, sur une pratique qui a la peau dure dans bien des pays africains, quand elle ne passe pas aux yeux de certains comme un non-événement. Et dans le cas d’espèce, Lionel Zinsou a beau clamer son innocence, il reste qu’il est au cœur d’un autre litige, cette fois-ci financier, qui l’oppose à l’homme d’affaires burkinabè, Mahamadou Bonkoungou, dont on dit qu’il lui aurait prêté près de 15 milliards de F CFA. Vrai ou faux ? Difficile d’y répondre. Pour le moins, on sait que l’affaire a fait le tour des tribunaux à Cotonou comme à Paris avant, dit-on, de connaître un règlement à l’amiable grâce à la double médiation des présidents Alassane Dramane Ouattara et Alpha Condé. C’est d’ailleurs sur ce dossier que la partie civile a fondé l’essentiel de ses preuves de dépassement de frais de campagne. Mais, comme on le sait, les choses sont ainsi faites qu’en politique, lorsqu’un adversaire prend des libertés avec les textes, les uns et les autres y voient une cabale lorsqu’il est poursuivi et condamné par la Justice. Peut-être n’ont-ils pas tort. Car, la Justice, sous nos tropiques, a bien souvent montré qu’elle est à la solde des régimes en place tant et si bien qu’elle n’inspire plus confiance et ce, même quand il lui arrive de dire le droit en toute impartialité.

B.O

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer