CONFERENCE SUR LE SYSTEME DE REMUNERATION DES AGENTS PUBLICS : La refondation du contrat social en marche

CONFERENCE SUR LE SYSTEME DE REMUNERATION DES AGENTS PUBLICS :    La refondation du contrat social en marche

 

Depuis un certain temps, le gouvernement du Burkina Faso ne sait plus où donner de la tête à cause des revendications tous azimuts des syndicats qui, selon le gouvernement, risquent de plomber « la capacité du Burkina Faso à générer des ressources ». Comme la « gestion au cas par cas » n’est pas une option, le gouvernement a organisé une conférence des forces vives de la Nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat. Cette rencontre se tient du 12 au 14 juin 2018 à Ouagadougou.

 Parvenir à un mécanisme garantissant une gestion équitable et soutenable des rémunérations des agents publics de l’Etat et permettant la recherche de l’apaisement social et l’accroissement de la productivité publique. C’est l’objectif recherché à travers la rencontre organisée par le gouvernement les 12, 13  et 14 juin 2018 dans la salle de conférences de Ouaga 2000. Les participants sont issus du gouvernement, de cinq (5) centrales syndicales et 21 syndicats autonomes. Y ont aussi pris part des organisations de la société civile et l’Administration publique. C’est le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui a procédé à la cérémonie d’ouverture des travaux. A l’entendre, « la multiplication des revendications catégorielles a par ailleurs provoqué des iniquités, des injustices, des frustrations et une profonde désarticulation des fondements de la Fonction publique et de la cohésion sociale ». Et la  conférence nationale sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat est comme une réponse à toutes les difficultés auxquelles fait face le gouvernement actuellement. Une réponse qui permettra de changer d’approche parce que, selon le Premier ministre, « nous devons changer de stratégie car la gestion au cas par cas des revendications est source de risques pour la soutenabilité des finances publiques et la stabilité macro-économique ». En plus, « la trajectoire d’évolution de la masse salariale menace la capacité à générer une épargne budgétaire conséquente pour assurer une part substantielle des investissements prévus dans le cadre du PNDES (Programme national de développement économique et social) », a tenu à noter Paul Kaba Thiéba. Et pour lui, l’enjeu central de la conférence est de « refonder le contrat social avec les agents publics de l’Etat et assurer la pérennité du modèle social tout en maîtrisant les dépenses de fonctionnement afin de dégager les ressources nécessaires au financement des investissements productifs ».

« Concéder des avantages pour la cohésion sociale »

 

L’objectif recherché, selon le Premier ministre, est de « réformer la Fonction publique en s’appuyant sur trois principes majeurs : l’équité et la justice, la soutenabilité des finances publiques et la solidarité ». Pour ce qui est du principe de solidarité, Paul Kaba Thiéba a tenu à faire remarquer que « ce principe se construit autour d’un consensus sur des «inégalités raisonnables ». Et la solidarité induit le développement d’un esprit d’équipe entre les agents, qui permet d’associer l’efficacité collective à la performance individuelle ». Et à entendre le chef du gouvernement, « la solidarité » induit « que chaque agent public accepte, dans la mesure et les limites raisonnables, de concéder certains avantages pour la recherche de la cohésion sociale ». Il est à noter que la conférence des forces vives de la Nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat, ne fait pas l’unanimité au sein des syndicats. A l’endroit des absents,  le chef du gouvernement a rassuré que « leur place est parmi les participants à la conférence, car tous sont filles et fils du Burkina Faso, en dépit des divergences d’opinions ». Nonobstant ce fait, la conférence a aussi connu la participation de centrales syndicales et de syndicats autonomes. Et leur porte-parole, Guy Olivier Ouédraogo, a tenu à mentionner que la conférence traduit le souci du gouvernement, d’utiliser le tripartisme afin de résoudre par le dialogue social, les grands défis qui se posent à la Nation. Au nom  des organisations présentes, issues aussi bien du privé que du public, Guy Olivier Ouédraogo a souhaité que la conférence soit « très ouverte, sans tabou, pour permettre de résoudre l’épineuse question de l’inégalité du traitement salarial des agents publics de l’Etat et la mise en place du mécanisme pour l’amélioration continue et anticipatrice des conditions de vie de l’ensemble des travailleurs du Burkina Faso ».  A l’endroit des absents, Guy Olivier Ouédraogo a lancé cette citation d’Albert Einstein : « Le monde dans lequel nous vivons, est le fruit de notre réflexion. Si nous voulons le changer, il faut changer notre manière de réfléchir » ; comme pour dire aux absents « que l’on ne peut construire le Burkina de demain avec des réflexions qui ont toujours prévalu d’opposition, de lutte des classes ».

« le sort des générations actuelles et futures se dessine à partir de cette conférence »

 

La conférence s’est déroulée en plénière et en ateliers. Pour ce qui est  de la plénière, deux communications ont été livrées dont l’une portant sur les grands principes de la Fonction publique  et l’autre sur le document introductif de la conférence. En ce qui concerne les ateliers, ils étaient au nombre de trois. Le premier a traité « des grands principes et des valeurs structurants de la Fonction publique et de restauration de l’autorité de l’Etat ». Le deuxième atelier a concerné la « rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat (Cadre juridique, système indiciaire et indemnitaire) ». Le troisième atelier a porté sur « la rationalisation des dépenses de l’Etat, autres avantages en natures servis aux agents de l’Etat et optimisation des recettes fiscales ».  Seyni Ouédraogo, ministre en charge de la Fonction publique, slalomant à travers citations et arrêts du droit administratif,  a expliqué ce que c’est que l’Etat, ce que l’existence de l’Etat implique, les droits et devoirs des citoyens de l’Etat. Il a insinué  que : « Chacun doit comprendre que le sort des générations actuelles et futures se dessine à partir de cette conférence et que la génération future jugera de notre capacité à traduire, pour les plus faibles, les principes de solidarité, de partage, d’amour et de paix ».

 

Françoise DEMBELE

 

 

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