CONFIRMATION DE LA CONDAMNATION DE BEMBA POUR SUBORNATION DE TEMOINS : La descente aux enfers se poursuit

CONFIRMATION DE LA CONDAMNATION DE BEMBA POUR SUBORNATION DE TEMOINS : La descente aux enfers se poursuit

Jean Pierre Bemba n’est pas au bout de ses peines. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, déjà condamné en juin 2016 à 18 ans de prison ferme pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Centrafrique, l’ex-vice-président congolais devra passer un an de plus en prison. Ainsi en ont décidé les juges de la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), par ailleurs en fin de mandat, confirmant ainsi la condamnation en première instance de celui-là que d’aucuns appellent avec un brin d’ironie, le « Mobutu miniature », pour subornation de témoins (14 au total) et faux témoignages. Pour une descente aux enfers, c’en est vraiment une pour l’ex-seigneur de guerre congolais qui voit ainsi ses peines s’alourdir, même si ses avocats crient à « l’acharnement et au procès politique ». Et s’il s’en trouve quelqu’un qui, dans cette affaire, pourrait se frotter les mains, c’est bien le président Joseph Kabila qui, on le sait, voue Bemba aux gémonies au point de ne pas vouloir le voir même en peinture. Surtout par ces temps qui courent, où le locataire du Palais de la Nation fait des pieds et des mains pour, envers et contre tous, briguer un nouveau mandat. Du reste, on se rappelle encore les tensions qui ont opposé les deux hommes (Kabila et Bemba) en 2006 et 2007, au lendemain du second tour de la présidentielle, qui avaient poussé le patron du Mouvement de libération du Congo (MLC) à l’exil.

Le cas Bemba devrait constituer une leçon pour tous les chefs rebelles

C’est dire si les ennuis judiciaires de Bemba ne font pas marrer outre mesure le président Kabila qui voit là un adversaire politique de taille dans de beaux draps. Cela dit, le cas Bemba devrait constituer une leçon retentissante pour tous ces chefs rebelles du continent, qui, parce qu’ils sont forts, s’arrogent le droit de vie ou de mort sur leurs compatriotes. Car tôt ou tard, ils devront répondre de leurs crimes devant l’histoire. C’est le cas par exemple de Joseph Kony qui, on ne sait par quel manège, continue encore de courir les rues, narguant ainsi ses victimes et la communauté internationale. En tout cas, bon ou mauvais, le passé de chacun le rattrapera ici-bas. En témoigne aussi la descente aux enfers d’Ahmed Al-Faqi Al-Mahdi, du nom de ce djihadiste reconnu coupable de la destruction de mausolées à Tombouctou, au Mali, entre avril 2012 et janvier 2013.

Condamné en première instance à 9 ans de prison ferme avec 2,7 millions d’euros au titre de réparations pour avoir intentionnellement dirigé les attaques contre un patrimoine mondial de l’UNESCO, Al Faqi avait plaidé coupable tout en acceptant de collaborer avec le bureau du procureur. Le représentant légal des victimes avait fait appel de cette condamnation.

B.O

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