CONGO BRAZZAVILLE : Des élections pour quoi faire ?  

CONGO BRAZZAVILLE : Des élections pour quoi faire ?   

 

Le 16 juillet 2017, les Congo-Brazzavillois étaient appelés aux urnes pour le premier tour des législatives et municipales couplées. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’un scrutin sans enjeu, cela d’autant que le vainqueur, avant même la proclamation officielle des résultats, est déjà connu. C’est le Parti congolais du travail (PCT) du président Denis Sassou Nguesso, qui dirige le pays d’une véritable main de fer et ce, depuis plus de trois décennies. Cela dit, contrairement au référendum constitutionnel de 2015, ces élections n’ont pas mobilisé grand monde dans les bureaux de vote. Car, une partie de l’opposition politique, au regard de la situation sociopolitique, a appelé au boycott du scrutin. A cela s’ajoute l’insécurité ambiante qui prévaut dans la région troublée du Pool qui, depuis le référendum contesté de 2015, est en proie à des violences tous azimuts. Si fait que le vote a été reporté dans huit circonscriptions, sur les quatorze que compte ladite région. Et comme il fallait s’y attendre, des incidents ont été enregistrés çà et là. C’est le cas, par exemple, à Kélé où des militants de six candidats, à en croire certains témoignages concordants, auraient emporté des urnes. Ils reprocheraient à la commission locale de rouler pour un candidat. Et ce n’est pas tout. Car, des assaillants, à ce qu’on dit, venus du Pool, auraient abattu plusieurs militaires au poste frontière de Moukouro avant d’atteindre la ville de Kingoué où ils se seraient livrés à des scènes de pillages, avant de disparaître dans la nature. Mais en dépit de ces perturbations, le processus électoral a été maintenu, les localités en question ayant été complètement quadrillées par les forces de défense et de sécurité.

Tôt ou tard, les peuples finissent toujours par avoir raison des dictatures

En tout cas, le président Sassou voudrait s’offrir en spectacle qu’il ne s’y prendrait pas autrement ; lui qui, après une réélection très contestée, s’emploie à mettre en place des institutions qui, plutôt que de rassembler les Congolais, semblent plutôt contribuer à les diviser davantage. Car, à l’allure où vont les choses, le malaise social s’approfondit. Les rancœurs se développent si fait qu’à la moindre étincelle, le pays risque de s’embraser. Certes, comme on aime à le dire, Ouagadougou n’est pas Brazzaville ; mais une chose est certaine, tôt ou tard, les peuples finissent toujours par avoir raison des dictatures et cela, que ce soit au Caire (Hosni Moubarak), à Tunis (Ben Ali), à Tripoli (Mouammar Kadhafi) ou à Ouagadougou (Blaise Compaoré). C’est une loi de la nature que feignent d’ignorer les dictateurs jusqu’à ce qu’ils se retrouvent groggy de leurs propres turpitudes. Qu’il est révolu, le temps où les grands timoniers, par la tyrannie, dirigeaient leurs peuples comme des moutons. C’est dire donc que Sassou doit savoir raison garder, et s’abstenir de crier victoire. Car, l’histoire de l’humanité nous enseigne que tout ce que l’on obtient par la force, est moins durable que ce que l’on acquiert par la sagesse.

B.O

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