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CONSEIL FRANÇAIS DE DEFENSE SUITE A L’ATTAQUE DE KOURE AU NIGER  

Quand le « général » Macron monte au front   

Alors que l’attaque de Kouré au Niger, qui a coûté, le 9 août dernier, la vie à six touristes français et leurs deux compagnons d’infortune nigériens, dans une barbarie d’une rare cruauté, n’a pas fini de livrer ses secrets, le chef suprême des Armées françaises, le président Emmanuel Macron, est monté au créneau pour dénoncer l’acte en affichant une détermination à toute épreuve, à tout mettre en œuvre pour en élucider les circonstances.  Et dans la recherche des éléments devant permettre de remonter éventuellement aux responsables de cet acte « lâche et barbare » pour reprendre les propos du président nigérien, Mahamadou Issoufou, s’est tenu le 11 août, à l’Elysée, un Conseil de défense autour du président Français.  C’est donc en chef de guerre piqué au vif dans son amour-propre et décidé à donner la réplique pour ne surtout pas laisser impunie la mort violente de ses compatriotes lâchement assassinés, que le locataire de l’Elysée s’apprête à présider ce Conseil de défense.

 

L’heure est encore aux questionnements

 

Et en attendant de connaître les tenants et les aboutissants de cette attaque meurtrière et d’en savoir davantage sur les décisions qui seront prises par l’Etat-major français, l’heure est encore aux questionnements. En effet, si parmi les groupes terroristes opérant au Sahel, ce n’est le GSIM qui a déjà décliné toute responsabilité dans cette attaque, qui donc en est responsable ? Pourquoi avoir choisi de massacrer aussi sauvagement des touristes au lieu d’en faire par exemple des otages qui auraient pu être, le cas échéant, de rétributives monnaies d’échanges ou de rançon ? Et pourquoi cette attaque intervient-elle à quelques encablures de la capitale nigérienne, dans une région qui n’avait jamais connu auparavant de tels actes de violence ? Est-ce un message politique à l’endroit de Niamey et de Paris ? Pour  les terroristes qui ont pu s’aventurer un peu trop loin de leurs bases habituelles pour commettre cet horrible attentat,  est-ce une tactique de guerre visant à pousser la France et le G5 Sahel à retirer les troupes coalisées et de la Force Barkhane qui concentrent, depuis le sommet de Pau, l’essentiel de leur action dans la zone des trois frontières ? Ou alors sont-ce, au regard de la nationalité des six victimes (les deux Nigériens étant probablement des victimes collatérales), des assassinats ciblés contre Paris et à quelles fins ? Autant de questions qui restent pour l’instant sans réponses, au regard du mystère sur l’identité et les motivations des assaillants en l’absence de toute revendication.  Cela dit, au moment où l’on pensait pouvoir se féliciter de relatives avancées dans la lutte contre l’hydre terroriste au Sahel, cette attaque sonne comme une triste piqûre de rappel à toujours garder l’arme au pied, face à un ennemi parfois sans visage et dont la capacité de mobilité et de nuisance le dispute à la perfidie, à la lâcheté et à la barbarie.

 

On attend de ce Conseil de défense français, des décisions fortes

 

C’est dire si au-delà des zones de forte surveillance, les armées du G5 Sahel doivent continuer à ouvrir l’œil et le bon, pour éviter, autant que faire se peut, de se laisser surprendre par un ennemi qui a fini de faire la preuve de sa déshumanisation. Au-delà, l’on peut s’attendre à une réaction musclée de Paris qui ne manque jamais, à l’instar de bien des puissances occidentales comme les Etats-Unis d’Amérique, de bander les muscles et ne lésine pas sur les moyens lorsqu’il s’agit du sort de ses ressortissants. C’est pourquoi l’on attend de ce Conseil de défense français, des décisions fortes dans le but de contrarier davantage les plans diaboliques des forces du mal qui n’ont jamais caché leurs visées expansionnistes et qui rêvent de mettre toute la sous-région ouest-africaine sous coupe réglée, jusqu’aux abords de l’océan Atlantique.  En tout état de cause, on peut déjà se féliciter que la traque des assaillants ait permis de mettre le grappin sur un suspect. C’est un début prometteur et une prise précieuse qui, on l’espère, permettra de lever un coin du voile sur les circonstances de cette attaque meurtrière pour éventuellement pouvoir coller un nom ou un visage à la main invisible qui se cache derrière ces messagers du diable, en attendant d’y apporter la réplique appropriée. A moins que d’ici là, l’attaque ne soit revendiquée.

 

 « Le Pays »

 

 

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