CONTESTATION ELECTORALE AU KENYA : L’histoire va-t-elle se répéter ?

CONTESTATION ELECTORALE AU KENYA : L’histoire va-t-elle se répéter ?

« Le plus dur est à venir ». Ainsi titrions-nous dans notre édition du mercredi 9 août dernier, soit au lendemain de la présidentielle kényane dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle s’est déroulée sans couac ni anicroche. On ne pensait pas si bien dire puisqu’à peine la commission électorale a-t-elle annoncé les premières tendances, donnant le président sortant Uhuru Kenyatta vainqueur, que la tension est montée de plusieurs crans, tant et si fait que plusieurs macchabées ont déjà été laissés sur le carreau. L’histoire va-t-elle se répéter au Kenya où en 2007 comme en 2013, les élections avaient fait des milliers de morts et de nombreux déplacés ? C’est la question qui taraude actuellement tous les esprits. Car, en dépit des multiples appels au calme lancés par les observateurs de l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), le Commonwealth et la Fondation Carter, la tension reste palpable. La coalition de l’opposition menée par Raïla Odinga n’entend pas « se laisser voler la victoire ». En effet, au cours d’une conférence de presse animée hier, 10 août, elle (coalition de l’opposition) a exigé de l’instance électorale qu’elle déclare vainqueur Raïla Odinga, estimant, chiffres en main, que de sources émanant de l’IEBC, c’est son candidat qui vient en tête avec 8 millions de voix contre 7,75 millions pour Uhuru Kenyatta. Va-t-on vers une nouvelle escalade de la violence ? En tout cas, tout le monde retient son souffle. Sans doute l’ex-président américain, Barack Obama dont le géniteur est kényan d’origine, doit-il en avoir gros sur le cœur ; lui qui, à la veille du scrutin, avaient appelé toute la classe politique kényane au calme et à la retenue.

 

L’image que les Africains donnent à voir au lendemain des élections, est simplement déplorable

 

Cela dit, ce vendredi est celui de tous les dangers, puisque la Commission électorale a promis de dévoiler le nom du vainqueur, à l’issue de la compilation des résultats complets de toutes les circonscriptions du pays. Va-t-il pleuvoir du feu sur Nairobi ? On attend de voir, puisque les partisans du candidat de l’opposition disent n’attendre qu’un mot d’ordre de leur mentor pour descendre dans la rue, avec tout ce que cela comporte comme risques de dérapages. Oh pauvre Afrique ! A chaque élection suffit sa violence. C’est le cas du Burundi où de nombreux innocents ont été injustement envoyés ad patres, du fait de la boulimie du pouvoir de Pierre Nkurunziza. Que dire du Congo Brazzaville où depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso, la région du Pool est devenue presqu’une nécropole à ciel ouvert ? On oublie volontiers le chaudron kinois où Joseph Kabila semble prêt à tout pour conserver son pouvoir, fût-ce au prix du sang de ses compatriotes. On peut multiplier les exemples, tant l’image que les Africains donnent à voir au lendemain des élections, est tout simplement déplorable. Qui ne se rappelle pas le spectacle hideux et affreux auquel s’étaient aussi offert les Ivoiriens et les Guinéens en 2010, allant jusqu’à mettre à mal l’unité nationale ? En tout cas, osons espérer que cette fois-ci, la sagesse finira par habiter les Kényans et que les uns et les autres arriveront à surpasser leurs ego surdimensionnés, dans l’intérêt supérieur du peuple.

 

B.O

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