CONTRE-ATTAQUE DE BOLLORE SUR FOND D’ATTACHEMENT A L’AFRIQUE

 CONTRE-ATTAQUE DE BOLLORE SUR FOND D’ATTACHEMENT A L’AFRIQUE

Un lyrisme de mauvais goût

Après sa garde à vue et sa mise en examen par la Justice française pour « corruption d’agents publics, complicité d’abus de confiance et complicité de faux », Vincent Bolloré a décidé de briser le silence. En effet, dans une tribune parue dans le JDD (Journal de Dimanche), l’industriel breton s’érige en défenseur de l’Afrique. Mieux, il dénonce cette vision peu reluisante qui consiste à présenter le continent comme « une terre de non -gouvernance » voire « de corruption ». S’agit-il là d’une démarche destinée à enfumer l’opinion pour la faire oublier l’essentiel ? A cette question, l’on est tenté de répondre par l’affirmative ; cela d’autant que Vincent Bolloré sait mieux que quiconque que la gouvernance est approximative dans certains pays africains; lui qui, au nom de ses intérêts, passe le temps à flirter avec les dictateurs. Les exemples du Togo et de la Guinée où sont nés ses ennuis judiciaires, sont suffisamment illustratifs, tant la gouvernance dans ces deux pays laisse à désirer. En clair, si l’on choisit de faire dans l’exagération comme le président américain Donald Trump, on dirait tout simplement que le groupe Bolloré prospère le plus souvent dans « les pays de merde ». Que l’on arrête donc de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Car, l’omniprésence de Bolloré en Afrique, il faut le dire, n’est rien moins que  l’expression d’un néocolonialisme. C’est lui qui, on le sait, véhicule tous les clichés sur l’Afrique en utilisant systématiquement les méthodes de la Françafrique (France- à-fric) pour s’enrichir au détriment des économie locales.

On se demande si Bolloré n’aurait pas dû se taire

Donc, en affirmant son attachement à l’Afrique, Vincent Bolloré fait preuve d’un lyrisme de mauvais goût qui cache mal une réalité pour le moins hideuse. Certes, son groupe a créé beaucoup d’emplois dans les pays où il est présent, mais il reste entendu qu’il ne s’agit pas d’une entreprise caritative dont le but est de venir en aide aux personnes vulnérables. Donc, menacer de quitter l’Afrique n’est ni plus ni moins qu’un pur chantage,  quand on sait qu’une bonne partie de la fortune du magnat breton vient du continent noir où, la mal gouvernance aidant, il a réussi le tour de force de bénéficier de contrats léonins qu’il ne pourrait jamais obtenir chez lui, en France. Pour toutes ces raisons, on se demande si Bolloré n’aurait pas dû se taire. Car, avec cette sortie, il a contribué à exacerber les ressentiments de tous ces Africains épris de justice et de démocratie, qui assistent, impuissants, au bradage de leurs ressources d’année en année. Cela dit, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Car, si Bolloré a fait de l’Afrique une vache à lait, c’est avec la complicité supposée ou réelle de nos chefs d’Etat qui choisissent, par couardise ou par poltronnerie, de faire dans la complaisance pour sans doute bénéficier souvent des bonnes grâces du grand chef des Blancs. C’est à se demander si certains dirigeants du continent ne doivent même pas leur fauteuil au groupe Bolloré. Ceci pouvant expliquer cela, on comprend pourquoi celui-ci fait parfois dans la condescendance.

B.O

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